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çut, venez me venger. Le mé-1 Em. Ah ! vous écrivez-j'en chant petit Robert m'a pris mon suis fàchée. porte-crayon, et m'a accommode

La M. Pourquoi ? comme vous voyez.

Em. Mais à qui écrivez-vous Mais, au lieu de le plaindre, son donc ? père lui répondit: Va, menteur, La M. C'est à quelqu'un à qui tu as joué sans doute au domino. j'ai affaire, et que vous ne connaiC'est toi qui t'es barbouillé le nez ssez pas. de jus de mûres, et qui as mis ta Em. Et que lui mandez-vous, je chevelure en désordre, pour m'en vous prie? imposer. En vain Gaspard affirma La M. Qu'est-ce que cela vous la vérité de son récit. Je ne crois fait ? plus, lui dit son père, celui qui m'a En. Rien ; mais c'est pour le trompé une fois.

savoir. Gaspard, confondu, se retira dans La M. Vous voyez bien que sa chambre, et déplora amèrement votre curiosité est indiscrète et sans son premier mensonge. Le lende- objet. main il alla trouver son père, et lui Em. Comment donc, maman? demanda pardon. Je reconnais, lui La M. Ecoutez-moi. Lorsque dit-il, con bien j'ai eu tort d'avoir vous me parlez tout bas des choses cherché une fois à vous en faire a-qui vous intéressent, si une de vos ccroire. Cela ne m'arrivera plus de petites amies venait vous interromma vie; mais ne me faites pas da- pre et vous demander ce que nous vantage l'affront de vous défier de disons, qu'est-ce que vous diriez ? mes paroles.

Em. Je dirais qu'elle est bien Son père m'assurait l'autre jour, curieuse, et que cela ne la regarde que depuis ce moment il n'était pas pas. échappé à son fils le mensonge le La M. Vous croyez donc qu'elle plus léger, et que de son côté il l'en commettrait une faute contre la récompensait par la confiance la politesse et la discrétion? plus aveugle. "Il n'exigeait plus de Em. Oui, maman. lui ni assurance, ni protestation. La M. Eh bien, vous venez de C'était assez que Gaspard lui eût commettre la même faute avec moi, dit une chose, pour qu'il s'en tînt et une bien plus grande encore ; aussi sûr que s'il l'avait vue de ses car vous me devez plus d'égards propres yeux.

que votre petite amie ne vous en Quelle douce satisfaction pour un doit. père honnête, et pour un fils digne Em. Mais vous ne causiez pas de son amitié !

Le mêmc.

tout bas, maman; vous écriviez.

La M. L'écriture est la conversation des absens. C'est le seul moyen qu'on ait de leur communiquer ses idées; l'on confie alors ses

secrets au papier ; voilà pourquoi Emilie, La Mère.

tout ce qui est écrit est sacré. Nous

ne devons pas plus nous permettre Einilie. Maman !

de lire les papiers qui se trouvent La Mère. Que voulez-vous, sous notre main, quand ils ne nous Emilie?

sont pas adresses, que d'écouter

DIALOGUE.

ppétit? (Il va prendre le pot de Le Ch. Je ne sais pas trop ce que

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deux personnes qui se parlent tout|la probité, à toutes les lois de l'hobas,

nneur et de la société, que de lire Em. C'est donc bien mal d'écou- un papier adressé à un autre, et ter? Je ne le savais pas.

d'écouter ce que l'on dit avec deLa M. Vous devez le concevoir, ssein de n'être pas entendu. puisque vous trouveriez mauvais Em. Tous les jours, grâce à que vos compagnes écoutassent, vous, ma bonne maman, j'apprends quand vous me parlez.

quelque chose de nouveau. Souvent En. Oui, et il faut faire pour les raème je m'instruis sans vos leçons ; autres comme nous voulons qu'ils il me suffit pour cela de vous écoufassent pour nous. Je sais bien cela. ter dans les choses que vous ne

La M. Souvenez-vous donc que m'adressez point, et de parler ce serait manquer à l'honnêteté, al tout bas à mon cæur.

rions qu'elle l'aime à la folie. Nous! Ad. Eh bien, il faut l'attendre. voulions la surprendre agréable Le Ch. Pourquoi ? ment, et elle ne viendra pas ! Ad. Pourquoi parce que je l'ai

invitée.

Le Ch. Pourquoi ne vient-elle Adélaïde, le Chevalier. Ad. Je n'en sais rien.

Le Ch. (reporte le pot avec huLe Chevalier. Eh bien, ma saur, meur) Sophie est bien aimable, je goûtons-nous ? j'ai un appétit dé- l'aime de tout mon cour; mais vorant.

(il regarde son goûter avec gourAd. Non, pas encore, chevalier. mandise) dans ce moment-ci, mon

Le Ch. Comment! pas encore ! goûter l'emporte sur elle, et je vais Je ne peux plus attendre, moi. goûter en l'attendant Ad. J'attends bien.

Ad. Ah! mon frère, si tu m'ai

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LE GOÛTER;

Le Ch. Tu n'as pas, et tu ne dois mes, tu l'attendras. Je compte sur pas avoir si faim que moi: toute ton bon cæur. f'après-dinée tu az été assise à côté Le Ch. (avec humeur) Oui! mon dle maman. Coudre, lire, babiller, bon cour! C'est bien vilain aussi, cela ne donne point d'exercice ; ce-a mademoiselle Sophie de manquer la ne fait pas venir l'appétit: mais comme cela à sa parole. Quand moi, qui ai pris ma leçon d'armes, on a des rendez-vous d'honneur, on ma leçon de danse, et qui viens de n’y manque pas ; et parmi nous aubècher mon jardin, cela m'a fait di- tres enfans, un rendez-vous de goû. gérer mon diner ; et bien vite en- ter est un rendez-vous d'honneur, core !

Ad. J'en conviens.

OU,

UN BIENFAIT N'EST JAMAIS PERDU.

Drame en un Acie.

PERSONNAGES.

Ad. Attendons encore un peu ;

elle viendra sûrement. Le Ch. Et puis quand je n'au- Le Ch. Oui, pourvu que sa mère rais pas faim, crois-tu que la vue ne l'en empêclie pas. Elle a des et l'odeur de ce pot de confitures caprices, sa mère! ne me mettraient pas bientôt en a-Ad. Comment donc cela?

Adélaïde de Saint-Firmin, âgée de 13 ans.
Le Chevalier de Saint-Firmin, âgé de 12 ans.
Sophie de Florinville, agée de 1o ans.
Un petit Paysan.
Un vieux Soldat.

confitures

, le sent, et le donne d sentir c'est qu'un caprice ; mais quand on à sa sæur.) Sens

, ma sæur, sens ; parle de Madame de Florinville, on il embaume !

dit, c'est une girouette ; et cela m'a Ad. Il me fait autant envie qu'à fait croire qu'une femme qui a des

caprices, est une femme dont la tête
Le Ch. Eh bien, découvrons-le, tourne au premier vent.
et mangeons.

Ad. (gaiement) Si madame de Al. Non, chevalier, cela ne se Florinville savait que nous parlong peut pas.

d'elle comme cela !

Le Théâtre représente une allée de jardin terminée par une grille qui donne sur la campagne. La route passe au pied de la grille. SCÈNE 1.

Sophie ne vient pas ! Serait-elle

malade ? Ou sa mère l'aurait-elle Adělaide est appuyée sur une petite empêchée de sortir? Elle nous

table entourée de trois siéges, el avait promis de venir goûter avec sur laquelle sont un pot de confi- nous, et d'être ici avant cinq heures! tures et trois petits pains. Adé- Il en est six, et je ne la vois pas ! laïde tient un livre, et lit avec Elle se lève et regarde de tous distraction ; elle jelle de temps tés.) Ce retard commence à m'inen temps les yeux sur le pot de quiéter. Croyant qu'elle viendrait

, confitures, et du côté de la mon frère et moi, nous avons de grille : enfin, après un moment mandé pour notre goûter ce pot de de silence, elle dit avec humeur : marmelade d'abricots. Nous See

goûté ? Ad. Non. Le Ch. Ni moi non plus. Ad. Ni Sophie non plus. Le Ch. Et on est-elle ?

ter. Nous voyons tout, nous autres. Nos parens ne se méfient pas de nous, parce que nous som mmes enfans ; mais ils n'ont pas de

meilleurs juges que nous. Tiens, Ad . Elle n'est pas encore venue, par exemple, maman ; je m'apere

çois bien de sa finesse.

vions qu'elle l'aime à la folie. Nous Ad. Eh bien, il faut l'attendre. voulions la surprendre agréable Le Ch. Pourquoi ? ment, et elle ne viendra pas ! Ad. Pourquoi? parce que je l'ai

invitée. SCENE 11.

Le Ch. Pourquoi ne vient-elle

pas ?

Adélaïde, le Chevalier.

Ad, Je n'en sais rien.

Le Ch. (reporte le pot avec huLe Chevalier. Eh bien, ma sæor, meur) Sophie est bien aimable, je goûtons-nous ? j'ai un appétit dé- l'aime de tout mon cœur ; mais Vorant.

(il regarde son goûter avec gourAd. Non, pas encore, chevalier. mandise) dans ce moment-ci, mon

Le Ch. Comment ! pas encore ! goûter l'emporte sur elle, et je vais Je ne peux plus attendre, moi, goûter en l'attendant. Ad. J'attends bien.

Ad. Ah! mon frère, si tu m'ai. Le Ch. Tu n'as pas, et tu ne dois mes, tu l'attendras. Je compte sur pas avoir si faim que moi : toute ton bon cour. l'après-dinée tu as été assise à côté Le Ch. (avec humeur) Oui! mon de maman. Coudre, lire, babiller, bon cour! C'est bien vilain aussi, cela ne donne point d'exercice; ce- à mademoiselle Sophie de manquer la ne fait pas venir l'appétit: mais comme cela à sa parole. Quand moi, qui ai pris ma leçon d'armes, on a des rendez-vous d'honneur, on ma leçon de danse, et qui viens de n'y manque pas ; et parmi nous aubécher mon jardin, cela m'a fait di-tres enfans, un rendez-vous de gougérer mon dîner ; et bien vite en- ter est un rendez-vous d'honneur, ore!

Ad. Attendons encore un peu ; Ad. J'en conviens.

elle viendra sûrement. Le Ch. Et puis quand je n'au Le Ch. Oui, pourvu que sa mère rais pas faim, crois-tu que la vue ne l'en empêclie pas. Elle a des et l'odeur de ce pot de confitures caprices, sa mère ! ne me mettraient pas bientôt en a Ad. Comment donc cela ? ppétit? (Il va prendre le pot de

Le Ch. Je ne sais pas trop ce que confitures, le sent, et le donne d sentir c'est qu'un caprice ; mais quand on à sa sæur.) Sens, ma squr, sens; parle de Madame de Florinville, on il embaume !

dit, c'est une gironette ; et cela m'a Ad. Il me fait autant envie qu'à fait croire qu'une femme qui a des toi.

caprices, est une femme dont la tête Le Ch. Eh bien, découvrons-le, tourne au premier vent. et mangeons.

Ad. (gaiement) Si madame de Ad. Non, chevalier, cela ne se Florinville savait que nous parlons peut pas.

d'elle comme cela ! Le Ch. Pourquoi donc? as-tu Le Ch. Elle doit bien s'en doua goûté ?

ter. Nous voyons tout, nous auAd. Non.

tres. Nos parens ne se méfient Le Ch. Ni moi non plus. pas de nous, parce que nous soAd. Ni Sophie non plus. mmes enfans ; mais ils n'ont pas de Le Ch. Et oil est-elle ?

meilleurs juges que nous. Tiens, Ad. Elle n'est pas encore venue par exemple, maman; je m'apere Le Ch. Eh bien !

Içois bien de sa finesse.

long-temps que tu as la complai. sommes tout-à-fait pauvres main

nous veut cet enfant ? Il s'arrete Le Ch. Et personne ne vous a

Le Ch. J'y cours (il revient sur mon père, il y a bien une dame qui

1

Sopk. Ma mère ne le voulait Soph. Il a l'air bien malheupas.

reux ! Le Ch. C'est son caprice, sans Ad. Et bien intéressant! doute qui lui avait repris

. Soph. Elle est jalouse de la réputation de madame de Saint-Fir

SCENE IV. min.

Le Ch. De la réputation de ma. Les précédens, un jeune Paysan. man! Soph. Oui.

Le Pay. Ah! mon cher monLe Ch. Eh bien, qu'elle s'occupe sieur ! mes belles demoiselles ! de votre éducation, et elle n'aura Le Ch. Qu'est-ce que c'est? plus lieu d'être jalouse. Qu’as-tu?

Ad (d'un ton imposant) Mon Le Pay. Ayez pitié de moi, frère.

ayez pitié de ma pauvre mère !

pas?

Ad. Comment donc ?

Le Ch. (d'un ton de reproche) Le Ch. Elle n'a pas l'air de nous Oui ! vous venez à une belle heure rien commander, mais elle sait pour goûter ! il y a déjà—une denous faire vouloir tout ce qu'elle mi-heure que je vous attends ; et veut ; et voilà comme il fallait me sans ma sæur, ma foi ! j'aurais fait prendre ! Sans cela, vif et bouillant une bonne brèche à ce pot de concomme je suis, j'aurais fort bien fitures. pu être un petit mutin et un entėté. Ad. Tais-toi donc, chevalier.

Ad. Ta franchise me ravit. (A Sophie) Ne lui en veux pas,

Le Ch. Mais un petit moment ; Sophie ; c'est par bon cæur qu'il ne perdons pas la tête. J'ai bien te gronde. voulu avoir pour toi la complaisance Sophie. J'en suis bien persuad'attendre Sophie: elle ne vient dée ! mais je n'ai pu venir plutót; pas ! Je vais faire danser le pot de je vous en fais bien mes excuses. confitures. (Il couri à la table.) Ad. Que tu es bonne, avec tes Ad. Et Sophie n'en aura donc excuses ! N'est-il pas bien malade

de goûter une demi-heure plus Le Ch. Si fait! mange de ce tard ? côté, moi de celui-ci, nous lui lai Le Ch. Bien malade! nonsserons celui-là pour sa part; et simais, écoutez donc; il y a des moelle ne vient pas, nous le partage-mens o'l mon estomac n'est pas si rons encore comme frère et sæur. raisonnable que mon cæur.

Ad. Tu veux donc que Sophie Soph. C'est réparer bien joliait l'air d'avoir notre reste! ment votre petit moment d'hn

Le Ch. (revenant.) Comment! meur.

Ad. Mais oui ; cela serait-il ho Ad. Oh! mon frère a le caur nnête et délicat ?

excellent ! Le Ch. (comme malgré lui) Non Le Ch. Allons ! avec vos compli(avec impatience) Qu'elle viennemens, n'allez-vous pas encore me donc! car elle met ma politesse a faire attendre une seconde demiune épreuve trop forte et trop lon- heure? Goûtons, et si vous vougue! (Il se retourne et voit arri- lez faire mon éloge, j'aurai du ver Sophie.) Ah! grâce au Ciel, moins la patience et le courage de la voici ! Découvrons le pot ! Voi- l'entendre. là ton petit pain. (Il le met à droite). Ad. Chevalier! si tu m'aimes, Voilà le sien. (I le met à gauche) encore un petit moment. Voilà le mien. (Il le mel devant Le Ch. (la contrefesanl) Enlui.) Que tout soit prêt à la rece-core ! Chevalier si tu m'uimes ! voir. Adélaïde va au devant de Pour un homme, comme je suis Sophic.) Bon ! voilà le goûter faible! Allons ! j'attends--ne vops sous les armes ! Quel assaut je gênez pas. Mais permettez que vais lui donner !

je m'éloigne un peu d'ici, la tenta

tion serait un peu trop forte; et je SCENE III. ne pourrais peut-être la faire ce

sser qu'en y succombant. (Il passe Adélaïde, Sophie, Le Chevalier. du côlé opposé de la table est le

goúler.) Ad. Ah! te voilà, ma bonne

Ad. Pourquoi viens-tu si tard? amie !

Tu savais que j'attendais.

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Le Ch. Je vous entends, je ne Ad. Qu'a-t-elle, ta mère ?
dis plus mot ; cependant je dis la Le Pay. Hélas ! ni elle, ni un
Vérité.

petit frère, qui n'a qu'une semaine,
Soph. Hélas ! que trop. Honteuse ni moi, nous n'avons rien mange
d'entendre dire à tout le monde depuis trois jours.
qu'elle était bien heureuse d'avoir Ad. O Ciel!
madame de Saint-Firmin pour. Soph. Rien mangé depuis trois
m'élever, et qu'elle ferait bien jours !
mieux de s'occuper de moi que de Le Pay. Hélas! non.
ses plaisirs, elle m'avait défendu Le Ch. (lui serrant la main ) Tu
de revenir ici.

dois avoir bien faim.
Le Ch. Je ne lui croyais que des Le Pay. Je vous en réponds.
caprices

, elle a donc aussi des Mais și ma mère avait quelque
vices !
Soph. Ménagez ma mère, che ma faim en serait moindre. Et

que
demandé

que
tant que nous serions à la cam-
pagne, et je l'ai enfin obtenu.

ta mère?

chose à manger, il me semble valier, je vous en conjure. J'ai mon petit frère! il pleure toute la rien ne fut dérangé, journée,

et puis encore toute la nuit.

Ad. Tu es donc tout seul avec
Ad. Ah! J'en suis enchantée, Le Pay. Oui.
Le Ch. Et moi aussi

. Vous Soph. Et ton père où est-il ?
avez fini votre conversation; co-

Le Pay. Il est mort, il y a quinze
mmençons notre goûter.

jours: ma mère en a eu bien du
Ad. (ils se rangent autour de la chagrin. Elle a tout dépensé pour
table) Volontiers. Il y a assez l'empêcher de mourir et nous
sance de nous attendre. Mais que tenant.
devant la grille. va, chevalier, va secourus?
la lui ouvrir.

Le Pay. Personne. A la mort de

adii qu'elle viendrait nous voir: mais nous ne l'avons pas encore vue.

Soph. Ma mère ne le voulait Soph. Il a l'air bien malheu. pas.

reux ! Le Ch. C'est son caprice, sans Ad. Et bien intéressant! doute qui lui avait repris.

Soph. Elle est jalouse de la réputation de madame de Saint-Fir

SCENE IV. min.

Le Ch. De la réputation de ma Les précédens, un jeune Paysan. man! Soph. Oui.

Le Pay. Ah! mon cher monLe Ch. Eh bien, qu'elle s'occupe sieur! mes belles demoiselles ! de votre éducation, et elle n'aura Le Ch. Qu'est-ce que c'est ? plus lieu d'être jalouse.

Qu'as-tu ? Ad (d'un ton imposant) Mon Le Pay. Ayez pitié de moi , frère.

ayez pitié de ma pauvre mère ! Le Ch. Je vous entends, je ne Ad. Qu'a-t-elle, ta mère ? dis plus mot; cependant je dis la Le Pay. Hélas ! ni elle, ni un vérité.

Ipetit frère, qui n'a qu'une semaine, Soph. Hélas ! que trop. Honteuse ni moi, nous n'avons rien mange d'entendre dire à tout le monde depuis trois jours. qu'elle était bien heureuse d'avoir Ad. O Ciel! madame de Saint-Firmin pour Soph. Rien mangé depuis trois m'élever, et qu'elle ferait bien jours ! mieux de s'occuper de moi que

de Le Pay. Hélas ! non. ses plaisirs, elle m'avait défendu Le Ch. (lui serrant la main) Tu de revenir ici.

dois avoir bien faim. Le Ch. Je ne lui croyais que des

Je vous en réponds. caprices, elle a donc aussi des Mais si ma mère avait quelque vices !

chose à manger, il me semble que Soph. Ménagez ma mère, che- ma faim en serait moindre. Et valier, je vous en conjure. J'ai mon petit frère ! il pleure toute la demandé

que rien ne fût dérangé, journée, et puis encore toute la nuit. tant que nous serions à la cam Ad. Tu es donc tout seul avec pagne, et je l'ai enfin obtenu. ta mère ?

Ad. Ah! J'en suis enchantée. Le Pay. Oui.
Le Ch. Et moi aussi.

Vous Soph.

Soph. Et ton père où est-il ? avez fini votre conversation; co Le Pay. Il est mort, il y a quinze mmençons notre goûter.

jours: ma mère en a eu bien du Ad. (ils se rangent autour de la chagrin. Elle a tout dépensé pour table) Volontiers. Il y a assez l'empêcher de mourir long-temps que tu as la complai- sommes tout-à-fait pauvres mainsance de nous attendre. Mais que tenant. nous veut cet enfant ? Il s'arrete Le Ch. Et personne ne vous a devant la grille. va, chevalier, va secourus ? la lui ouvrir.

Le Pay. Personne. A la mort de Le Ch. J'y cours (il revient sur mon père, il y a bien une dame qui ses pas) mais

ne mangez pas nous a dit qu'elle viendrait nous voir: Hans moi,

mais nous ne l'avons pas encore vue.

Le Pay.

et

nous

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