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Dormel m'étonne ; il n'a pas cou-) Dor. fils. Mon père, ma mère, rume de s'absenter long-temps, ni ma sæur, c'était pour vous donner de sortir si matin.

du pain. Mde. Dor. C'est ce que je disais M. et Mde. Dor. (ensemble) il n'y a qu'un instant. Je ne puis Ah! mon fils ! croire qu'il ait eu dessein de nous Soph. Ah! mon frère ! abandonner.

(fls s'approchent de Dormel, fils, M. Dor. Je ne le crois pas non et l'embrassent étroitement ; Soplus. Mais devait-il sortir dans phie resserre sa ligature.) une circonstance si fâcheuse, lorsque son secours nous est si néces SCENE VII, et dernière. saire ? Ne sait-il pas que la plus légère interruption dans son travail M. et Mde. Dormel, Sophie, Dornous fait un tort irréparable ? Non, mel, l'aîné, le petit Dorinel, le I ne s'excusera jamais.

Comte de Sainbon, un domesSoph. J'entends quelqu'un ; c'est tique du comte, portant quelques sûrement lui-même. (Elle va a la provisions. porle.)

M. Dor. Qu'il ne paraisse pas Le Com, Oil sont-ils ces pauvres devant mes yeux.

malheureux ? Comment ont-ils pu

échapper si long-temps à mes yeux ? SCENE VII.

Le petit Dor Les voilà, mon

sieur. C'est mon père---c'est ma Les précédens, Dorme, fils. mère---ils meurent de faim.

M. Dor. (an comte). Hélas ! Dor. fils. (Il a l'air faible et monsieur, que votre générosité es abaltu ; ses bras sont entourés de touchante ! Nous en sentons tout linges ; il porte deux pains el une le prix; mais comment pourrionsCouteille de vin, et dil en jetant les nous en jouir, tandis que ce cher pains sur la table, et en posant la enfant est près d'expirer ? Ah! si bouteille à terre :) Tenez, mangez vous saviez ! ---ils me coûtent bien cher. Jel Le petit Dor. Mon cher frère, n'en puis plus. (Il se laisse tomber comme vous voilà ! (Il court à son sur un vieux coffre.)

frère.) M. Dor. Que penser de ceci ?i Le Com. (à Dormel, l'aîné) Serait-ce le fruit d'un crime? Ah ! Comment ! Vous aurait-on malmalheureux !

traité ? Mde. Dor. Serait-il possible ! Dor. fils. (d'une roix faible et

Dor. fils. Mangez, vous dis-je ; entrecoupée) Non, monsieur ; je je suis digne de vous.

n'ai pu supporter l'état où se trouve M. Dor. Mais encore que sigris éduite ma malheureuse famille. fie l'état où vous voilà ?

je suis sorti ce matin, le désespoir M. Dor. Des bandages, des dans l'ame, déterminé à leur troulinges, du sang! Vous seriez-vous ver du secours ou à périr. Je renconbattu ?

tre un de mes amis aussi pauvre, Soph. Ah! ma mère ! il s'est aussi malheureux que moi; mon air fait saigner ! Tenez, voilà une li- désespéré l'effraie. Où, vas-tu, me gature défaite, le sang coule de son dit-il; que t'est-il arrivé ? Ah! mon bras.

\cher ! ils n'ont point mangé depuis

monstres, dont l'existence désho- Jul. Quel diable vous tourmente

coup. Je veux que ce soit le sen- est à l'instant neuf heures; n'étegia

HISTORIETTES, CONVERSATIONS, &c.

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LE BON PERE.

DRAME EN UN ACTE.

PERSONNAGES.

M. Mondor, riche négociant.
M. Mondor de Ferval, père, sous le nom d'Antoine.
M. de Ferval, fils

. Julien, domestique.

La scène est chez M. Mondor.

1

hier au soir. Mon père, ma pauvre il la refuse, constamment. C'est mère, je ne sais on je vais, où mon père s'écria-t-il

, c'est ma je suis--ils vont mourir. · Tiens, mère qu'il faut secourir: pourraismon ami, me dit cet homme ver-lje manger, tandis qu'ils meurent de tueux, en me donnant une pièce dle faim? six sous, voilà tout ce que je po M. Dor. (allendri) Ah! mes ssède: si tu voulais gagner de l'ar-chers enfans! vous méritez un gent, je sais un moyen. Ah! dis-je, meilleur sort. je ferai tout ; il est sans doute ho Le Com. Que leur sort ne vous nnête, ce moyen. Eh bien ! me dit inquiète plus ; personne désormais ce généreux ami, il y a un particu-n'en sera chargé que moi, et je bélier qui demeure auprès de l'école nirai chaque jour l'heureux instant de chirurgie, il apprend à saigner, on j'ai pu secourir des malheureux et il donne de l'argent à ceux qui--- aussi peu faits pour l'être. Votre J'entends, ai-je interrompu. Je le fils n'est heureusement qu'affaibli : quitte à l'instant. Je vole chez ce à son age," fort comme il l'est en particulier. Il me saigne et me apparence, il se rétablira faciledonne de l'argent. Je vais chez ment. (Il jette une bourse sur un autre, il en fait autant. Je viens la table.) Voilà pour aider à sa avec ces pains, et je meurs. Heu-guérison, et à votre subsistance reux si ma mort retarde de quel-pendant quelques jours; dans peu ques instans celle des infortunés à vous aurez de mes nouvelles. (Dor. qui je dois le jour !

mel et sa famille veulent se jeler Le Com. Ah! mon ami, vous aux pieds du comte ; il les reo êtes un prodige de vertu ; mais tient.) Point de remercímens, mes vous avez un frère qui se montre chers enfans; ce que je fais m'est votre digne émule. Ce petit mal. bien doux, et ce sentimeut vous heureux (montrant le petit Dor- a dévancé, acquitté envers moi. mel) est tombé en défaillance au-(A M. et Mde. Dormel.) Je ne près de ma maison, je l'y ai fait puis me lasser d'admirer l'effet de transporter ; quelques verres de li- l'éducation et des bons exemples queur lui ont fait reprendre ses que vous avez donnés à vos enfans ; Rens. Il meurt d'inanition, me ditiss me donnent une haute idée de vos un médecin, qui se trouvait alors sentimens, et vous en recueillez auchez moi; et sur le champ je lui jourd'hui la plus douce de toutes fais présenter quelque nourriture ; les récompenses.

SCENE I. timent qui ramène mon fils. Ah!

si j'avais pu présider à son éducaM de Ferval, père, sous le nom tion. Ce sont les manières rudes d'Antoine. de son oncle, qui l'ont entrainé à

sa perte ; des leçons aussi grossièreQuel róle! Et qu'il m'en coitement données l'ont étourdi, au lieu de le jouer ! sans compter la fa- de le faire réfléchir. Mais le fond tigue continuelle de me contrain-'de son caractère est excellent ;dre, de m'observer á cnaque in-c'est là-dessus que je fonde mes stant devant une troupe de gens, espérances. (il appelle) Julien! qui, parce que je suis nouveau ve- Julien ! nu, ont les yeux tendus sur toutes Jul. (du dedans) Plait-il? Est. mes démarches, épient toutes mes ce vous, M. Antoine ? actions, pèsent toutes mes paroles. Ant. Oui, c'est moi; allons, déMon extérieur équivoque, les pêchez-vous. égards et la politesse de mon frère, Jul. (sans paraître) Tout-àpersonne, à plus forte raison pour patience

.

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qui n'a jamais su en avoir pour l'heure, je suis à vous ; un peu de
ses domestiques--tout cela les dé- . Ant

. Il faut effectivement que payse, et fixe encore plus leur a-je m'en munisse d'une bonne protter tion. Mais que ces peines me vision; Mais taisons-nous; mon sembleraient légères ! que j'en se extérieur ne lui fait voir en moi rais dédommage, si elles pouvaient qu'un égal; le moindre mot poume conduire heureusement à mon rrait me décéler. Voici pourtant but ! --Enfans! enfans! si vous mon homme. saviez combien vos désordres, vos imprudences même dechirent cruellement l'ame d'un père sensible; pourriez-vous vous y livrer aussi légèrement, sans être des

SCENE 11.

Antoine, Julien

nore l'humanité ? C'est aujourd'hui donc si matin, M. Antoine que nous allons frapper le grand Vol. I. Le Lecleur Français.

D

Ant. Comment? si matin! Il

LE BON PERE.

DRAME EN UN ACTE.

PERSONNAGES.

M. Mondor, riche négociant.
M. Mondor de Ferval, père, sous le nom d'Antoine.
M. de Ferval, fils.
Julien, domestique.

La scène est chez M. Mondor,
SCENE I.
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timent qui ramène mon fils. Ah!

si j'avais pu pri sider à son éducaM de Ferval, père, sous le nom tion. Ce sont les manières rudes d'Antoinc.

de son oncle, qui l'ont entrainé à

sa perte ; des leçons aussi grossièreQuel rôle ! Et qu'il m'en coûtement données l'ont étourdi, au lieu de le jouer! sans compter la fa- de le faire réfléchir. Mais le fond tigue continuelle de me contrain-'de son caractère est excellent ;dre, de m'observer à chaque in- c'est là-dessus que je fonde mes stant devant une troupe de gens, espérances. (il appelle) Julien ! qui, parce que je suis nouveau ve- Julien ! nu, ont les yeux tendus sur toutes Jul. (du dedans) Plait-il? Estmes démarches, épient toutes mes ce vous, M. Antoine? actions, pèsent toutes mes paroles. Ant. Oui, c'est moi; allons, dé. Mon extérieur équivoque, les pêchez-vous. égards et la politesse de mon frère, Jul. (sans paraître) Tout-àqui n'a jamais su en avoir pour l'heure, je suis à vous ; un peu de personne, à plus forte raison pour patience. ses domestiques-- tout cela les dé- Ant.

Ant. Il faut effectivement que payse, et fixe encore plus leur a-lje m'en munisse d'une bonne protten tion. Mais que ces peines me vision; Mais taisons-nous; mon sembleraient légères ! que j'en se extérieur ne lui fait voir en moi rais dédommagé, si elles pouvaient qu'un égal ; le moindre mot poume conduire heureusement à mon rrait me décéler.

Voici pourtant but !_Enfans! enfans! si vous mon homme. saviez combien vos désordres, vos imprudences même déchirent

SCENE II. cruellement l'ame d'un père sensible; pourriez-vous vous y livrer Antoine, Julien. aussi légèrement, sans être des monstres, dont l'existence désho Jul. Quel diable vous tourmente nore l'humanité ? C'est aujourd'hui donc si matin, M. Antoine ? que nous allons frapper le grand Ant. Comment? si matin ! IL coup. Je veux que ce soit le sen-Jest à l'instant neuf heures ; n'êtesa VOL. I. Le Lecteur Français,

D

fond de la mer, le défaut de soin, M. Mon. Que dis-je? un per

heures d'existence à espérer. Je mais, je ne sais si, à votre place, les emploie, ces derniers instans, à je n'aurais pas d'abord claquemu. vous manifester des volontés que re mon drole a St. Lazare. votre amitié pour moi vous feront Ant. Vous voilà avec vos partis regarder comme sacrées. Je donne violens! Malheur aux hommes pour qui mes remontrances ont été tels moyens ! On ne leur un objet de risée, mes peines un qu'a masquer leurs vices; on croit jeu impie et cruel, et qui n'a payé avoir l'honnêtes gens, et l'on n'a Vos bienfaits que de la plus noire fait que des hypocrites. ingratitude. Abandonnez-le à son M. Mon. Enfin, libre à vous de

M. Mon. Cornment ! je souffri-, mauvais sort ; qu'il y trouve la rai qu'un coquin de domestique peine de son dérégleinent et de la vous manque impunément, à vous, dépravation de son cæur. C'est mon frère ! non, morbleu! non pour ma fille seule que j'implore Ant

. Eh! mon Dieu ! j'aimerais vos bontés, ou, pour mieux dire, mieux qu'ils me manquassent tous votre amour fraternel. Vous la les jours

, que s'ils se doutaient un retirerez du couvent, vous la rece. instant de ma véritable qualité, vrez chez vous, vous lui donnerez Mais venons à quelque chose de dans votre cæur la place dont mon plus important ; la lettre est prête ; malheureux fils s'est rendu si inje l'ai écrite moi-même, pour que digne. C'est la dernière faveur de Ferval y soit mieux trompé ; qu'attend de vous un frère qui n'a il ne pourra méconnaitre l'écriture ; d'espoir qu'en votre tendresse, et

me

ici.

l a si souvent reçu de mes lettres dont les derniers momens seraient
de l'Amérique! Voici comme elle affreux, s'il n'osait encore se flatter
est conçue : (I lil.). "Mon cher de l'obtenir,
frère, c'est du lit de la mort que je " Je suis, &c.
vous écris. Quand vous recevrez

Votre frère,
cette lettre, je ne serai plus ; tous
les malheurs de l'humanité sont " De l'hôpital de Nantes, ce 19
venus ensemble fondre sur ma

Septembre, 1770." tête. Une fortune considérable que j'apportais avec moi dans ma pa- M. Mon. C'est bien, morbleu trie, vient d'être ensevelie sous les dest bien: mais, à votre place, eaux ; on m'a sauvé, lorsque je j'aurais, ma foi, pris un parti plus périssais avec elle, mais ce n'est court et moins genant ; car, entre que pour me faire mourir plus nous, vous jouez un fatigant percruellement. La quantité d'eau sonnage. qu'on m'a faite en me retirant du laissons cela.

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vous pas honteux d'être encore au d'ordres à lui doaner ; cependant, lit ?

lorsque je lui ai dit que c'était dle Jul. Cela vous est bien aisé a convention avec vous.-. dire. Si, comme moi, vous vous M. Mon. De convention, ou non, étiez couché au jour pour attendre morbleu! j'entends qu'on vous mon fou de maître, qui n'est pas obéisse, comme à moi-même, qu'on seulement encore rentré. (Il bâille) vous respecte. Peste de la maison ! on ne peut Ant. Oh! par exemple, voilà pas dormir ici son soul. Hé bien ! monsieur, qui est un peu trop fort

. voyons ; qu'est-ce que vous Vos bontés sans doute vous font voulez ?

oublier en quelle qualité je suis Ant. M. Mondor est-il levé? Jul. (se frollant les yeux) Je

M. Mon. Hé! non, non; je crois bien qu'oui ; mais il est sûre-m'en souviens à merveille ; mais

, ment enfermé dans son cabinet, encore une fois, j'entends qu'on comme à son ordinaire.

vous distingue, et surtout qu'on Ant. Portez-lui cette lettre; dites-vous obéisse ; je le veux ainsi : je lui d'y jeter un coup d'ạil, et que suis le maitre chez moi, morbleu! quand il sera débarrassé, je l’en- j'y fais ce qu'il me plaît

, et pertretiendrai de ce qu'elle contient. sonne n'en doit tirer des consée

Jul. Etes-vous fou, maître An- quences. toine? mais, voyez! me faire lever Ant. (bas ù M. Mon.) Taisez. pour cela! Vous ne pouviez pas vous donc, et faites sortir ce dofaire votre commission vous-même? mestique.

Ant. Il ne faut pas vous échau M. Mon. ( à demi bas à Antoine) ffer; laissez-là cette lettre, j'instrui-Laissez, il est bon de lui faire sa rai M. Mondor de vos refus. leçon, (Haut à Julien) Va-t'en,

Jul. Mais c'est que c'est vrai et souviens-toi bien de ce que aussi ; vous prétendez vous faire je te dis: si tu manques à M. Anmieux servir que les maîtres, et toine, vingt coups ae bâcon et ton puisqu'il faut vous le dire, cela me congé ne te manqueront pas. Endeplaît à moi, et me déplaît souve-tends-tu bien? rainement

Jul. Oui, monsieur. (à part) Quel homme que ce monsieur An. toine ! Il y a quelque chose là-de

dans qui n'est point naturel. M. Mondor, Antoine, Julien.

SCÈNE IV M. Mon. Bonjour, papa Antoine, comment vous en va? Mais M. Mondor, Antoine. qu'est.ce? vous parliez un peu haut à ce coquin-là: est-ce qu'il vous Ant. Vous êtes, en vérité, bien vous aurait manqué en quelque inconsidéré ; il ne tient pas à vous chose ?

que ce domestique ne soit absolu. Ant. Non pas, monsieur; mais ment dans votre secret ; heureusecomme j'attends ici l'arrivée de ment il est un peu borné; car j'en M de Ferval, je le priais de vous connais mille auxquels vos brusques porter ceite lettre, et il y était peu imprudences auraient déjà tout réo disposé, parce que je n'ai point vélé.

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DE FERVAL.

que j'ai bue, une plaie considérable, Ant. Je vous en réponds. Mais

SCÈNE III.

la mauvaise nourriture, suite néces- sonnage désagréable, assommant: saire de mon indigence, et plus en-Od donc avez-vous été chercher core mes inquiétudes sur le sort de cette idée-là ? ma famille ; et le violent chagrin Ant

. C'est un parti pris et exéque me causent le dérangement et cuté ; nous sommes convenus que les débauches d'un fils: tout cela vous ne m'en reparleriez plus. ne me laisse pas plus de deux M. Mon. C'est vrai, pardon :

ma malédiction à un fils indigne, qu'on ne peut ramener que par de

apprend

ma

M. Mon. Comment ! je souffri-, mauvais sort ; qu'il y trouve la rai qu'un coquin de domestique peine de son déréglement et de la vous manque impunément, à vous, dépravation de son cœur. C'est mon frère ! non, morbleu! non. pour ma fille seule que j'implore

Ant. Eh! mon Dieu ! j'aimerais vos bontés, ou, pour mieux dire, mieux qu'ils me manquassent tous votre amour fraternel. Vous la les jours, que s'ils se doutaient un retirerez du couvent, vous la receinstant de ma véritable qualité. vrez chez vous, vous lui donnerez Mais venons à quelque chose de dans votre cæur la place dont mon plus important; la lettre est prête ; malheureux fils s'est rendu si inje l'ai écrite moi-même, pour que digne. C'est la dernière faveur de Ferval y soit mieux trompé ; qu'attend de vous un frère qui n'a il ne pourra méconnaître l'écriture ; d'espoir qu'en votre tendresse, et il a si souvent reçu de mes lettres dont les derniers momens seraient de l'Amérique ! Voici comme elle affreux, s'il n'osait encore se flatter est conçue : (Il lil.) « Mon cher de l'obtenir. frère, c'est du lit de la mort que je « Je suis, &c. vous écris. Quand vous recevrez

- Votre frère, cette lettre, je ne serai plus ; tous

« De Ferval. les malheurs de l'humanité sont“ De l'hôpital de Nantes, ce 12 venus ensemble fondre sur

Septembre, 1770." tête. Une fortune considérable que j'apportais avec moi dans ma pa M. Mon. C'est bien, morbleu trie, vient d'être ensevelie sous les c'est bien: mais, à votre place, eaux ; on m'a sauvé, lorsque je j'aurais, ma foi, pris un parti plus périssais avec elle, mais ce n'est court et moins genant; car, entre que pour me faire mourir plus nous, vous jouez un fatigant percruellement. La quantité d'eau sonnage. que j'ai bue, une plaie considérable Ant. Je vous en réponds. Mais qu'on m'a faite en me retirant du laissons cela. fond de la mer, le défaut de soin, M. Mon. Que dis-je ? un perla mauvaise nourriture, suite néces- sonnage désagréable, assommant: saire de mon indigence, et plus en- Où donc avez-vous été chercher core mes inquiétudes sur le sort de cette idée-là ? ma famille ; et le violent chagrin Ant. C'est un parti pris et exéque me causent le dérangement et cuté; nous sommes convenus que les débauches d'un fils : tout cela vous ne m'en reparleriez plus. ne me laisse pas plus de deux M. Mon. C'est vrai, pardon: heures d'existence à espérer. Je mais, je ne sais si, à votre place, les emploie, ces derniers instans, a je n'aurais pas d'abord claquemuvous manifester des volontés que ré mon drôle à St. Lazare. votre amitié pour moi vous feront Ant. Vous voilà avec vos partis regarder comme sacrées. Je donne violens ! Malheur aux hommes ma malédiction à un fils indigne, qu'on ne peut ramener que par pour qui mes remontrances ont été tels moyens ! On ne leur apprend un objet de risée, mes peines un qu'à masquer leurs vices; on croit jeu impie et cruel, et qui n'a payé avoir d'honnêtes gens, et l'on n'a vos bienfaits que de la plus noire fait que des hypocrites. ingratitude. Abandonnez-le à son M. Mon. Enfin, libre à vous de

de

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