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3° La fièvre ardente, qui n’est qu’une variété de la fièvre inflammatoire septénaire, est plus calmée le premier jour par les saignées au pied avec la lancette que par les sangsues aux cuisses; mais les deux jours suivants les sangsues aux cuisses l’emportent sur les saignées au pied : si le délire se soutient avec violence le quatrième jour , malgré Papplication des sangsues aux cuisses, vous pouvez tenter celle de plusieurs sangsues à la face interne des narines. - ' '

[p La fièvre inflammatoire laiteuse, si fréquente chez les nouvelles accouchées , exige , dès les premiers jours , Yapplication d’un très grand nombre de sangsues aux cuisses , n’i1nporte qu’un ou plusieurs viscères du "ventre soient affectés : la saignée au pied avec la lancette est beaucoup moins avantageuse. ‘Î e ne parle pas de l’accroissem_ent des symptômes qui surviennent après Padministration del’émétique , que les routiniers ont coutume de prescrire au commencement de cette maladie; on

ne sauroit trop s’empresser, après son effet, de

faire mordre aux cuisses un grand nombre de sangsues pour prévenir les accidents les ‘plus

funestes. ’ ' i i

5° La fièvre inflammatoire catarr-heuse doit être rangée, suivant certains-praticiens, parmi

les fièvres où la, saignée est dangereuse; ils n’osent pas même tenter les sangsues : cependant Yobservation journalière prouve les bons effets des sangsues appliquées aux cuisses les premiers jours de la maladie; la saignée au bras avec la lancette est même utile les deux premiers jours’, lorsque lapoitrine est attaquée. d’une vive inflammation, et que le sujet est sanguin.

6° La fièvre continue de sept, de quatorze , ou de vingt-un jours , connue sous le nom de bilieuse par les agissants, à cause que le malade vomit de la bile les premiers _ jours, et quelquefois dans lelcours de la maladie ; "qu’il ‘a la langue jaune et- une saveur amère; qu’il rend par les selles plus de bile que dans l’état naturel , et que lesühypocondres sont douloureux et tuméfiés , ne contre-indique point les sangsues. En vain’ les purgons prétendent que la saignée nuit à la sécrétion de la bile et augmente ses mauvaises qualités {mais s’ils pouvoient écouter l’observation , ils sauroient que les sangsues au bras, les premiers jours de la fièvre‘, sont toujours favorables pour la coction et la crise ,

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et pour la réussite des remèdes qui tendent à calmer 1’irritation et la disposition inflammatoire dont cette fièvre est toujours accompagnée : au lieu des vomitifs et des purgatifs que malheureusement ils mettent en usage contre cette maladie, ils feroient donc mieux d’emplo_yer les sangsues. ,

_7° Les mêmes stercoraires ont encore plus d’horreur de la saignée, lorsqu’il s’agit de combattre la fièvre continue de dix-sept , vingt-un , vingt-sept ou trente-six jours, avec redoublement chaque jour et abattement des forces (fièvre qu’ils nomment putridc, parceque dans le cours de la maladie la langue est très chargée, qu’elle devient noirâtre, ainsi que les gencives; que_l’haleine, la transpiration, les urines et les matières excrémentielles ont une odeur très fétide) : les sangsues appliquées aux cuisses , les premiers jours de ce genre de fièvre, bien loin de porter préjudice, rendent toujours avantageux les efforts de la nature, et plus efficaces les remèdes indiqués. De plus, les sangsues s’opposent quelquefois aux fâcheux effets des émétiques et des purgatifs , administrés avec tant Œempressement par les sectateurs dela méthode agissante.

8° La fièvre des hôpitaux , la fièvre des prisons que plusieurs nomment fièvre maligne, fièvre nerveuse, fièvre asth énique, est de toutes les espèces de fièvres celle où un grand nombre de praticiens assurent que la saignée est mortelle : cependant les sangsues mises aux cuisses les premiers jours de la maladie , au lieu de nuire-, favorisent constamment lesuefforts de la nature et Faction, des remèdes; quelquefois même elles réparent les fautes de la routine dans l’administration précipitée des vomitifs et des purgatifs. Uabattement excessif des forces , le peu de sensibilité dont la fièvre asthénique est accompagnée, le pouls petit, concentré, inégal et quelquefois lent, l’assoupissement ou le délire, sont en apparence autant de symptômes ' qui semblent contre-indiquer les sangsues; mais leur application aux cuisses étant réitérée plusieurs fois les trois premiers jours, il est extraordinaire qu’elles ne raniment pas les forces mus-culaires , la sensibilité et le pouls : dès-lors le quinquina commence à agir d’une manière favorable, pourvu qu’il soit administré à dose médiocre lorsque la fièvre ne participe pas de la fièvre intermittente, et à haute dose quand elle n'est que la fièvre intermittente déguisée,

ce qui arrive plus souvent ‘que le vulgaire ne le pense.

9° Les fièvres intermittentes passent pour éprouver de mauvais effets dela saignée, au'point de s’opposer à Faction salutaire du quinquina: cependant les sangsues produisent toujours des effets avantageux lorsqu’il y a pléthore , dispo

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tion naturelle , oppression des forces vitales et musculaires; dans ces circonstances les sangsues étant appliquées aux cuisses les premiers jours (l'intermittence n’abattent pas les forces , au contraire elles mettent la nature à même de faire triompher plus sûrement le quinquina.

Le sujet est-il d’un tempérament bilieux pituiteux, d’une constitution délicate et irritable, disposé aux maladies convulsives , sans être pléthorique ni menacé de maladie inflammatoire, il est prudent desseïenir en garde contre l’emploi des sangsues; d’ordinaire elles augmentent la violence des accès , elles empêchent le quinquina d’agir avec autant d’efïîcacité , elles rendent la convalescence plus longue et les rechutes plus fréquentes.

En général les sangsues portent préjudice

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