Images de page
PDF
ePub

règles de la délicatesse et du point d'honneur bien compris, rompre en restant en garde et s'arrêter; mais comme il arrive souvent qu'une blessure est à peine sentie, le combat n'est réellement arrêté, selon les règles du duel, que par le veto des témoins, ou en cas de désarmement. La raison en est simple : souvent le blessé continue, et celui qui a porté le coup est obligé de se défendre. Et quelquefois encore, celui qui a porté le coup, ne voyant aucun changement dans la vigueur de son adversaire, croit n'avoir pas touché, croit avoir fait une passe.

Le combattant blessé peut ne pas recommencer s'il le juge convenable ; mais s'il y consent, ses témoins sont libres de le lui permettre, et doivent ne pas être plus de dix minutes avant de le faire mettre en garde.

REMARQUES

SUR LES DUELS AU PISTOLET.

De tous les duels, le plus dangereux est le duel au pistolet.

On fait ordinairement peu

d'attention à ce que les armes soient cannelées ou non cannelées. C'est

pour se détruire, dit-on, qu'on vient sur le terrain; mais lorsqu'un homme est baigné dans son sang, que la pitié prend la place de la fureur, que l'injure est ef

facée, on voudrait souvent, au prix d'une blessure, sauver la vie de l’être qui tombe et souffre; peutêtre elle eût été sauve si les pistolets n'avaient pas été cannelés. Malgré ces raisons, ce n'est pas une règle de se servir exclusivement de pistolets non cannelés, mais c'est un acte d'humanité et de prudence.

Le guidon des armes est souvent mobile, et doit être parfaitement assujéti, parce qu'il serait possible que la malveillance, la trahison, qui veillent à côté de la haine, engageassent, soit un témoin félon, soit un combattant qui se servirait de ses armes, à déranger, d'avance, les guidons. Il pourrait sur le terrain même, au moment où on lui donne son pistolet, régler à peu près la mire en la poussant, et avoir ainsi un perfide avantage sur son adversaire.

Dans le cas où les distances ne seraient pas soumises au droit de l'offensé, où elles seraient discutables, il peut être pris un terme moyen entre les distances prescrites à chaque duel ; mais elles ne doivent jamais être plus rapprochées que de 15 pas,

et 25 pour

le duel au signal. Il faut aussi que chacun

des combattans puisse avancer dix pas dans les duels à marcher.

Si les témoins n'étaient pas d'accord sur ces distances, chacun ayant spécifié celle de son choix, elles seraient tirées au sort, ou les témoins se mettraient d'accord en partageant par moitié la différence qui existerait entre ces distances.

Lorsque, d'accord sur les distances, on choisit les places sur un terrain uni, il faut prendre garde que l'un des combattans ne se trouve placé devant un but qui l'encadre et aide à le viser, et que l'autre ait derrière lui l'horizon, et, ainsi isolé, soit trop avantageusement placé. Il faut encore éviter que l'un des champions soit en face du soleil ou du vent.

Il existe des divergences d'opinion sur beaucoup de points, et entre autres sur la question de savoir si, en certains cas, on peut accorder à l'un des combattans le droit de tirer le premier. Deux personnes de mérite m'ont envoyé les remarques qui suivent :

« J'ai peine à comprendre, m'écrit l'ane, en quoi

» la distance influerait sur le mode de combat, et , comment l'insulté qui tirerait le premier, lorsque , la distance est de trente-cinq pas, cesserait de

prendre ce rang et s'en rapporterait au sort au· dessous de cette distance. En général, l'insulté » tire le premier. Il n'use pas toujours de ce droit,

mais il me semble que ce droit lui est reconnu, et qu'il devrait être maintenu. »

» Toutes les dispositions de votre Code sur le Duel, » m'écrit l'autre, me semblent parfaitement sages. > Je ne puis que les approuver entièrement, à l'ex»ception toutefois de celle qui concède à l'offensé

le droit de tirer le premier. Dans le duel au pisto» let j'ai toujours pensé que le choix des armes de» vait être le seul privilége qui dût lui appartenir. » Cette opinion, je l'ai soutenue comme témoin. »

Je me suis empressé de soumettre au jugement de mes amis cette opinion contradictoire, et l'art. 8 du duel de pied ferme a été maintenu après mûres réflexions, en ce que l'offensé choisit seulement son arme; que l'offensé, avec insulte grave , n'a le droit

« PrécédentContinuer »