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veront aux assemblées, informer des causes et occasions d'icelles ; et aux Substituts du Procureur général esdits Bailliages et Sénéchaussées; faire diligences qu'il soit procédé à leur requeste contr'eux comme criminels de leze-majesté; envoyer au Greffe de la Cour les Procez-verbaux et informations sur ce faites. Sera le present Arrest leu et publié à son de trompe et cry public par les carrefours de cette ville de Paris, et fauxbourgs d'icelle, et envoyé aux Bailliages et Sénéchaussées de ce ressort, pour y estre leu et publié. Enjoint aux substituts dudit Procureur général faire proceder à ladite publication, informer des contraventions, et certifier la Cour de leurs diligences au mois. Fait en Parlement, et leu en l'audience de la Tournelle, le vingt-sixiéme jour de juin mil cinq cens nonante-neuf, et publié par les carrefours de cette ville et fauxbourgs le troisiéme juillet suivant.

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Leu , publié , et enregistré au Parlement de Paris,

le 7 jour de juin 1602.

Henry par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre , à tous presens et à venir , salut. Ayant la corruption de ce siecle introduit une opinion et coustume damnable parmi plusieurs de nostre noblesse, et autres nos sujets qui font profession de porter les armes, lesquels croyans avoit esté offensez de fait, ou de parole, estiment estre obligez d'honneur de faire appeller au combat celluy duquel ils pretendent avoir receu l'offense ; s'en seroient ensuivis de si grands et pitoyables accidens par la perte d'un grand nombre de gentils - hommes de valeur, à nostre extreme regret et déplaisir, et au dommage irreparable de nostre Estat, que nous nous estimerions indignes d'en porter le sceptre, si nous diffe

par

rions davantage de reprimer l'énormité de ce crime par la severité de nos Loix. Et d'autant plus que nous sçavons combien cette effusion du

sang

humain est detestable devant Dieu, lequel nous ordonne

par exprez de luy laisser la vengeance, et que no soyons homicides : neanmoins il semble que ce divin commandement soit venu à tel mépris que le gentilhomme, qui s'estime estre interessé en l'honneur, confesse telles actions de ne pouvoir estre gentilhomme, s'il est chrestien obeissant à ce qui est ordonné de Dieu. Outre cela notre autorité royale est grandement offensée par tels actes, se presumant un particulier, sans nostre permission, de donner camp pour le combat dans nostre Royaume, et de faire la justice luy-mesme, sous pretexte de conserver l'honneur, lequel neanmoins l'oblige devant toutes choses de porter respect à son Prince souverain, et obeissance aux Lois de sa Patrie. Pour ces causes et considerations, ne voulans rien obmettre de ce qui se doit et peut servir au bien , honneur et conservation de nostre noblesse, que nous tenons pour le principal nerf de nôtre Etat et pour conserver nostre autorité souveraine, et décharger nostre conscience de l'énormité de tels actes; ne pouvant aussi supporter plus longuement les justes plaintes de plusieurs peres et autres, qui craignent que

la temerité de jeunesse précipite leurs enfans à ces mauvais conseils et combats, recherchez d'au

cuns, par ambition, au peril de leurs ames et honneurs, et acceptez par d'autres, qui estiment ne pouvoir éviter le combat, pour crainte d'estre tenus moins courageux que leurs ennemis : Aprés avoir eû sur ce l'avis des Princes de notre sang, autres Princes, officiers de nôtre Couronne, et plusieurs grands et notables personnages de nôtre Conseil, avons par cétui nôtre present Edit perpetuel irrevocable, dit statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons : Premierement, que nous admonestons et exhortons tous nos sujets de la qualité et condition susdite, et leur enjoignons de vivre et conserver ensemble à l'avenir en toute bonne amitié, concorde et union, comme freres et bons compatriotes doivent faire, se porter honneur et respect selon leurs qualitez, âges, dignitez et charges, suivant les Loix, Ordonnances et Constitutions de nôtre Royaume ; leur défendant de se provoquer par injure , ni s'offenser l'un l'autre par paroles, ni par faits, 'sur peine d'encourir nôtre indignation. Et afin de reprimer la licence et audace de ceux qui entreprennent d'appeler ou faire appeler au combat les autres, soit dedans ou dehors de nôtredit Royaume, sous pretexte de tirer raison d'une offense, ou autre cause, Nous les avons declarez et declarons criminels de lezemajesté : Semblablement ceux qui appelleront pour un autre, ou qui seconderont, accompagneront, ou assisteront lesdits appelez ; Ordonnons qu'ils soient

punis comme tels par nos amez et feaux les gens tenans nos Cours souveraines, ou autres nos Officiers, selon la rigueur de nos Ordonnances , sans que la peine de mort et confiscation de biens puisse estre par eux moderée sous quelque prétexte que ce soit. Voulons et ordonnons pareillement estre procedé par mème rigueur contre ceux qui ayant esté appelez iront au combat, et tous autres qui les accompagneront et seconderont en icelui. Mais afin que ceux qui prétendent avoir esté offensez, ou seront appellez audit combat ne puissent se plaindre qu'ils demeurent interessez en l'honneur, obéissant à notre present Edit; Nous ordonnons à nos tres-chers et bien-amez cousins les Connétable et Maréchaux de l'rance, soit que lesdits Maréchaux soient à notre suite, ou ailleurs en nôtredit royaume, et aux Gouverneurs et Lieutenans Généraux de nos provinces, chacun en l'étendue de son Gouvernement, qu'aussi-tôt qu'ils seront avertis par

la

partie offensée, à laquelle nous enjoignons de ce faire, ou par autres qui auront esté presens , ou en auront connaissance, qu'aucuns de la qualité susdite prétendront avoir reçù injure à laquelle il échet faire réparation; faire appeler pardevant eux les deux parties, ausquelles ils défendront de notre part d'en venir au combat, ny entreprendre pour raison de ce aucune chose l’une contre l'autre par voye de fait directement ou indirectement, sur peine de vie: Et après

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