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des autres Princes, Officiers de notre couronne, et autres personnages qui sont près de nous: Avons singulièrement désiré, et très-expressement commandé, ledit Edit estre religieusement gardé, et exécuté selon la forme et teneur, pour en recueillir le même fruit et avantage. Neanmoins nous voyons qu'aucuns commencent à se dispenser de la sujétion et observation d'icelluy , abusans de leur honneur, au mépris de nôtre autorité, et de leur devoir envers nous, et eux-mêmes, jusques à rechercher souvent, et déjà pratiquer diverses voyes d'éluder et déguiser nôtre Loi, si saintement et sagement ordonnée pour le salut de leurs propres ames et personnes. Tellement qu'au lieu d'user d'appels , ou d'assignation de combats, comme ils faisoient devant ledit Edit , ils feignent et dressent des rencontres, par le moyen desquelles ils tombent aux mêmes crimes et accidens, desquels le feu Roy nôtredit Seigneur et Pere, a voulu les garantir par ledit Edit. A quoy desirans pourvoir : Nous, par le même avis de la Reyne régente nôtredite Dame et Mère, desdits princes de notre sang , autres Princes, Officiers de nôtre Couronne , et principaux Conseillers, avons ordonné que ledit Edit fait par le feu Roy nôtredit Seigneur et Pere, audit mois de juin de ladite année mil six cens neuf, contre les Duels, sera de nouveau publié et exactement gardé et observé en tous ses points et articles; sans qu'il

soit permis, et ny loisible à personne quelconque, de se licencier et dispenser de ladite observation , soit en l'action desdits Duels, ou en la forme de la correction et punition d'iceux, prescrite par iceluy, pour quelque cause et prétexte que ce soit. Davantage, nous avons ordonné et déclaré, ordonnons et déclarons que ces présentes , pour arrêter le cours et usage des combats faits par rencontres ; s'il advient cy-aprés qu'aucuns gentils-hommes, ou autres , faisant profession des armnes , qui auront ell paroles ou eflets, tant pour eux que pour leurs amis , qui puissent en aucune façon les offenser, ou porter à aigreur, mettent après par rencontre les épées , ou autres armes à la main, que cela sera reputé fait de propos deliberé et tenu pour appel ; de façon qu'ils encourront les même peines ordonnées par

le susdit Edit , contre les appellans, sans en pouvoir êstre dispensez, quelques déguisemens , excuses , et prétextes qu'ils y apportent. Si donnons en mandement à nos amez et feaux les

gens tenans nôtre Cour de Parlement à Paris, que ces présentes ils fassent lire , publier et enregistrer ; le contenu en icelles, et audit Edit, entretenir, garder et observer inviolablement, sans souffrir qu'il y soit contrevenu : Car tel est notre plaisir. En témoin dequoy nous y avons fait mettre nôtre scel. Donné à Paris le premier jour de juillet l'an de grace mil six cens onze ; et de notre regne le

deuxiéme. Signé , Louis. Et sur le reply est écrit , par le Roy, la Reine regente sa mère présente. Signé, DE LOMENIE , et scellé du grand scel de cire jaune sur double queuë. Et encore sur le reply est écrit.

«Leuë, publiée et registrée, oui et ce requerant »le procureur general du Roy : Ordonné

que

le

pro» cès sera fait tant ausdits vifs que morts par les » mêmes peines, que contre ceux qui auront contre» venu à l’Edit des Duels; et que copies collationnées » seront envoyées aux Bailliages et Senéchaussées, » pour y estre leuës, publiées, et registrées, à la di

ligence des substituts du Procureur general du Roy, » ausquels la Cour enjoint la certifier de la publica» tion au mois. A Paris en Parlement , l'onzième juil»let mil six cens onze.

Signė, Voysin. »

DECLARATION DU ROY

SUR LES ÉDITS DES DUELS, PORTANT CONFIRMATION ET

AUGMENTATION D'Iceux.

Donnée à Paris le 18 janvier 1613.

Publiée en Parlement le 18 de mars de la même

année.

Louis par

la

grace de Dieu Roy de France et de Navarre; à tous ceux qui ces presentes lettres verront, salut. C'est avec un extrême regret et déplaisir que nous voyons journellement nos Edits et Ordonnances faits sur les querelles, Duels, combats de rencontre et autres, si peu gardez et observez, et contre les intentions tres - sainles du feu Roy nôtre tres-honoré Seigncur «t Pere, que Dieu absolve, et les nostres, nos sujets se porter avec presque autant de licence que par le passé ausdits Duels, combats , appels, recherches et rencontres; ce qui passeroit plus avant, au mépris et tres-grand préjudice de nôtre autorité, et viendroit à une pure

et ouverte désobéissance , s'il n'y estoit promptement et serieusement pourveû. C'est pourquoy nous sommes resolus par le bon avis et prudent conseil de notre Reyne regente, nôtre tres-honorée Dame et mere, d'y remedier en sorte , que coupant le mal en sa racine, nos sujets en reçoivent le fruit que nous desirons, et que notre conscience en demeure déchargée. Mais comme nous ne le pouvons faire avec plus de précaution et de meilleur ordre, que ce que nôtredit feu Seigneur et Pere par ses Edits de l'an mil six cens deux et neuf en avoit statué et ordonné, et ce que depuis, à son imitation, et pour l'effet de ses volontez et resolutions, nous en avons determiné, tant par nos lettres de declaration du quatrieme octobre mil six cens dix, que du premier jour de juillet mil six cens onze; nous n'avons maintenant qu'à pourvoir , en les confirmant, à une plus severe et certaine punition des contraventions et désobéissances qui s'y font, et à retrancher toutes sortes d'excuses, recommandations, supports et faveurs, lesquels nous reconnoissons, non sans grande charge de conscience, avoir 'esté recherchez, pour éluder les justes châtimens de ceux qui jusques à present tombez en telles fautes, n'en ont esté punis comme il appartient. Pour ces causes , après avoir fait voir diligemment et fort soigneusement en nôtre Conseil, la Reyne regente , nôtre tres-honorée Dame et mere presente, y assistans les Princes de nôtre

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