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nedictions qu'elle a versées si abondamment depuis quelques années sur cet Etat : A ces causes, Nous voulons, vous mandons, et tres-expressément enjoignons par ces presentes signées de notre main , que vous ayez à faire publier de nouveau la Declaration derniere faite contre les Duels, et de faire une exacte perquisition de ceux qui ont fait des combats en duel, depuis la naissance de nôtredit Fils le Dauphin, ou qui en feront à l'avenir, et de procéder contr'eux, et les punir des peines portées par nos Edits. Mais comme souvent il est difficile que l'on ait des preuves

bien assurées de ce qui se passe en telles actions, ceux qui les entreprennent n'oublians rien pour en oster la connoissance, et les rendre secretes : Nous voulons aussi que sur la notorieté du fait, vous ayez, ainsi que vous avez accoûtumé, à décreter contre ceux qui seront accusez de s'estre battus en Duel, ou bien ordonner qu'ils se rendront dans quinzaine, aprés la signification de vôtre Arrest, en la prison de la Conciergerie de nôtre Palais, pour repondre sur les conclusions que nôtre Procureur général entendra prendre contr'eux. Et à défaut de se rendre dans ledit temps de quinzaine , Nous voulons sans autre procedure, que tous leurs biens soient saisis , et mis en nôlre main, jusques à ce qu'ils ayent obei, et procedé contr'eux comme desobeïssans à nos commandemens. Promettant en

. foy de Roy, que nous n'accorderons aucune grace à

l'avenir, pour les faits contenus en nôtre Declaration sur les Duels : Et en cas qu'il arrivast que par facilité, ou par surprise il en fust expédié quelqu'une, nôtre intention est, que vous n'y ayez aucun égard , comme contraire à nôtre volonté. Si n'y faites faute : Car tel est notre plaisir. Donné à Saint Germain en Laye le premier jour de decembre mil six cens quarante. Signé LOUIS. Et plus bas, De Lo

MENIE.

Et en la subscription.

A nos amez et feaux Conseillers les gens tenans notre

Cour de Parlement à Paris.

ARREST DE LA COUR DE PARLEMENT,

EN EXECUTION DES EDITS DES DUELS ET RENCONTRES..

Ce jour, veù par la Cour la Requête presentée par le Procureur general du Roy, contenant qu'encore que ledit Seigneur Roy ait accordé abolition en faveur de l'heureuse naissance de Monsieur le Dauphin, à ceux qui ont auparavant contrevenu à l'Edit des Duels et rencontres, son intention neanmoins a toujours esté, que ceux qui aprés les oseroient encore violer, fussent punis si exemplairement, que pour la severité des peines, le cours d'un si détestable crime pût estre arresté, comme on peut reconnoistre par ses lettres écrites à la Cour; et enfin que ce foible prétexte puisse cesser, et que chacun rende l'obeïssance qu'il doit à de si justes Loix, qui regardent l'honneur de Dieu, l'authorité du Roy, et la conservation de sa noblesse , laquelle emploie si courageusement sa vie pour la gloire de la Couronne; requeroit y estre pourveû: la matiere mise en déli

beration ; ladite Cour a ordonné ct ordonne, que l'Edit du vingt quatriéme mars mil six cens vingtsix, et la Declaration du huitiéme avril mil six cens trente-six, seront de nouveau publiez. Fait inhibitions et défenses à toutes sortes de personnes ,

de quelque qualité et condition qu'elles soient, d'y contrevenir, sous les peines y contenuës : et à tous Seigneurs, Gentils-hommes, et autres, retirer les coupables en leurs chasteaux, hostels, et maisons, soient vifs ou morts, sous les peines portées par les Ordonnances. Enjoint à toutes personnes de se saisir des contrevenans, et les constituer prisonniers, pour estre procedé contr'eux suivant la rigueur desdits Edils; et sera le present Arrest leû, publié et affiché aux carrefours et lieux publics de cette ville et fauxbourgs, et envoïé par les Bailliages et Sénéchaussées, pour y estre aussi leû, publié et executé à la diligence des Substituts dudit Procureur general, a ce qu'aucun n'en ignore. Fait en Parlement le septiéme decembre mil six cens quarante.

Signo Guyer.

EDIT DU ROY

SUR LA PROHIBITION ET PUNITION DES DUELS.

Donné à Paris au mois de juin 1643.

Verifié en Parlement le 11 aoust audit an.

Louis

par

la

grace de Dieu Roy de France et de Navarre : à tous presens et à venir , salut. Quand nous considererions seulement comme Roy, le sang de nôtre noblesse répandu par la fureur des Duels, Nous ne pourrions sans estre touchez d'une extrême douleur, voir les tragiques effets d'une passion si brutale, et si préjudiciable à la France : mais la qualité de Roy Tres-Chrétien nous obligeant d'estre infiniment plus sensible aux interests de Dieu qu'aux nôtres, Nous ne sçaurions penser sans horreur à ce crime detestable, qui, en violant tout ensemble le respect qui nous est deû par nos sujets, comme à leur Souverain, et l'obeissance qu'ils doi

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