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connoître , qu'il n'y a point de Loy si saintement établie , dont on ne trompe les bonnes et justes intentions par les fraudes et les déguisemens qu’on y apporte pour les rendre inutiles et sans effet. Car on peut dire , que depuis les défenses qui ont esté publiées, on a vû plus de Duels, qu'il n'en avoit esté fait long-temps auparavant ; ce qui ne procede d'ail. leurs que des pretextes qu'on recherche, et de la confiance

que

l'on prend, de les pouvoir facilement faire passer pour des rencontres. A ces causes, desirant d'ôter tous les moyens, et retrancher tous les artifices qui peuvent apporter l'impunité à un si grand crime, et faire qu'à l'avenir les défenses soient plus exactement observées : Nous avons, de l'avis de la Reine Regente nôtre tres-honorée Dame et Mère, de nôtre tres - cher et tres-amé oncle le Duc d'Orleans, et de notre tres-cher et tres-amé cousin le Prince de Condé : Dit et declaré, disons et declarons, par ces presentes, signées de notre main : Que tous combats qui se feront cy-aprés par rencontre, ou autrement, seront pris et reputez pour Duels; et sera procedé contre ceux qui les auront faits , par les mêmes peines qui sont ordonnées contre ceux qui se sont battus en Duel; si ce n'est qu'ils se mettent en état dans les prisons de nos Cours de Parlement, dans les ressorts desquelles les combats auront esté faits, et qu'il- justifient par de bonnes et valables preuves qu'ils ont esté faits par rencontre,

et sans aucun dessein prémedité : Hors laquelle condition nous voulons qu'à la diligence de nôtre Procureur General en nosdites Cours de Parlement, il soit incessamment procedé contre tous ceux qui se seront battus, pour estre punis selon la rigueur des mêmes peines qui sont ordonnées par nôtre Edit qui a esté publié sur le fait des Duels. Si donnons en mandement à nos amez et feaux Conseillers, les Gens tenans nôtre Cour de Parlement de Paris, Baillifs, Senéchaux , Juges, ou leurs Lieutenans, et à tous autres nos Justiciers et Officiers qu'il appartiendra , que ces presentes ils fassent lire, publier, registrer, executer, garder et observer selon leur forme et teneur. Enjoignons à nos Procureurs Generaux, leurs Substituts presens et à venir d'y tenir la main, et faire les diligences requises et necessaires pour

ladite execution : Car tel est notre plaisir. En témoin dequoy nous avons fait mettre nôtre scel à cesdites presentes. Donné à Paris l'onziéme jour de may, l'an de grace mil six cens quarante-quatre, et de nô. tre regne le premier , Signé LOUIS. Et sur le reply, Par le Roy , la Reine Regente sa Mere presente, DE GUENEGAUD. Et scellées sur double queuë du grand sceau de cire jaune. Et est encore écrit:

« Lellë, publiée et registrée, ouy et ce reque» rant le Procureur General du Roy , pour estre exe» cutée selon sa forme et teneur, et copies collation

» nées d'icelle envoyées aux Bailliages et Senéchaus» sées de ce ressort , pour y être pareillement leuës, > publiées, registrées el executées, à la diligence des » Substituts du Procureur General , ausquels enjoint ► de tenir la main à l'execution d'icelles, et certifier la Cour avoir ce fait au mois. A Paris en Parlement, » le neuviéme jour de juin mil six cens quarante» quatre.

Signé Du TILLET. »

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« Le mercredy quinziéme de juin mil six cens » quarante quatre, la Declaration de Sa Majesté cy» dessus a esté lùë et publiée à son de Trompe et » cry public, par moi Jean Jossier, Juré crieur ordi» naire du Roy en la Ville , Prevosté et Vicomté de » Paris, par les Carrefours et Places ordinaires de » cettedite Ville de Paris. A ce faire, j'avois trois » Trompettes Commis des trois Jurez Trompettes du Roy esdits lieux.

» Signé JOSSIER. »

DECLARATION DU ROY

SUR LA DÉFENSE DES QUERELLES, DUELS, APPELS, ET

RENCONTRES; PORTANT CONFIRMATION ET AUGMENTATION DES PEINES CONTENUES AUX EDITS, DECLARATIONS, ET ARRESTS CY-DEVANT FAITS SUR MÊME SUJET.

Donnée à Paris le 13e jour de mars 1646.

Publiée en Parlement le 20 mars audit an.

Louis par

la

grace de Dieu Roy de France et de Navarre : à tous ceux que ces presentes Lettres verront, Salut. Nous croyions que les graces que nous avions faites à ceux de nôtre Noblesse , qui estoient tombez dans le crime des Duels et Rencontres, et les peines que nous avions ordonnées par notre Edit, à l'entrée de nôtre Regne , auroient servy de puissans moyens pour retenir nos sujets dans le respect qu'ils doivent à nos commandemens: Mais tant s'en faut que toutesces justes obligations ayent fait aucun effet, qu'au

contraire, il semble que la bonté dont nous avons usé, n'ait servi qu'à augmenter la licence de commettre ce crime, par une esperance d'impunité; en sorte que le mal est venu à une telle extremité, que nos treschers et bien amez Cousins les Marechaux de France nous ont fait connoître que leur autorité venoit en tel mépris, que quelque soin qu'ils apportent pour prévenir ces combats, leur travail demeure sans fruit. Ce nous est un extreme déplaisir , de voir l'innocence de nôtre âge, et la justice de nôtre Regne, blessées par un crime si detestable, qui offense également la Majesté divine, et celle des Rois ; et que lors que Dieu versant ses benedictions sur notre Regne, il donne la force à nos armes, et nous rend victorieux de nos ennemis ; nos sujets , par un mépris insuportable, s'élevent au dessus des Loix divines et humaines, et triomphent en quelque façon de notre autorité. Il seroit à craindre, que si nous n'employions tous nos soins pour arrester le cours de cette injustice, que Dieu enfin ne retirast ses benedictions qu'il nous a jusques icy si abondamment départies. Ce qui nous a fait resoudre , par l'avis de la Reine Regente nôtre tres-honorée Dame et Mere, de renouveler nos défenses sur le sujet des Duels, et ajoûter quelques reglemens que nous avons jugez necessaires,

, pour opposer aux violentes entreprises contre nôtre autorité. Et comme jusques icy l'impunité de ce crime a donné plus d'audace de l'entreprendre; ce

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