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nécessité de l'établir d'une manière formelle, et d'éviter ainsi des fautes qui compromettent l'existence d'un ami, des assassinats qu'on croit devoir passer sous silence, pour ne pas donner aux familles le déshonneur d'une récrimination; enfin, ce droit, c'est la sauvegarde de tous : s'il est enfreint, si le sang d'une victime vient à crier vengeance, il sera là, accablant pour l'homme sans

l'homme sans foi; il sera là encore pour soutenir l'homme courageux qu'on viendrait taxer d'homicide, pour le défendre, l'absoudre, et faire tomber sur ceux qui l'attaquent l’infamie d'une blâmable accusation.

Les peines les plus sévères contre les duels, le réglement de MM. les maréchaux de France en 1653, les édits des rois, les arrêts des parlemens, les remontrances du clergé, la protestation publique de plusieurs gentilshommes de refuser toutes sortes d'appels, les lettres et circulaires des prélats, des docteurs en théologie, des administrateurs d'hôpitaux qui étaient chargés de la confiscation des biens , la peine de mort infligée aux combattans; de nos jours, les entraves de la police et la répression que les tribunaux conservateurs ont tâché d'y apporter, rien n'a pu

en arrêter le cours.

C'est donc un devoir, c'est donc un service à rendre à l'humanité que d'en établir les règles, et c'est dans ce but que les hommes les plus honorables, envisageant cette question, toute philantropique, selon son importance', sont venus engager l'auteur à publier cet Essai. Les bons conseils de ces hommes de cæur, leurs talens, leur coopération consciencieuse, en ont fait de véritables collaborateurs (*), et n'ont plus permis au rédacteur d'hésiter; mais il sera reconnaissant et heureux si les personnes instruites en pareille matière veulent bien lui adresser leurs remarques, leurs observations, et venir l'aider de leurs lumières.

Le Code du duel n'est nullement pour le prêcher, pour encourager de jeunes têtes aux chances funestes d'inutiles combats, mais bien pour apprendre à chacun quels sont ses droits, quand la nécessité l'oblige à y avoir recours; pour apprendre aux témoins, peu habitués à de si importantes fonctions, combien un mot, un seul mot, peut être au détriment de celui qui leur confie sa volonté et

(*) MM. le général comte Excelmans, le comte dlu Hallay-Coolquen, le général baron Gourgaud, Brivois, le vicomte de Contades.

sa vie. La moindre imprévoyance, la moindre faute d'un témoin, peuvent compromettre l’une et l'autre. Il est le soutien et le juge de celui qui le choisit; il doit mettre son honneur dans le sien propre, et toute son énergie à ne laisser échapper aucune occasion avantageuse pour celui dont il prend la charge.

Heureux si nous pouvons arriver au but que nous nous proposons, et faire, par la précision et la clarté de nos conseils, que toutes ces affaires, où l'offense n'est que

dans l'imagination, n'aient pas de suites sanglantes, et que celles que l'honneur et la nécessité commandent à l'homme de cæur, se passent dans les règles du droit commun à tous !

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1° Dans une querelle amenée par une discussion, si l'injure arrive, c'est l'injurié qui est certainement l'offensé; mais si l'injure est suivie d'un coup, c'est celui qui reçoit le coup qui est l'oslensé. Quiconque touche, frappe. Ainsi, n'établissons pas

ici une série de différences. Répondre à un soufflet par un coup qui occasionerait une blessure grave, ne constituerait pas que l'oflensé fùt celui qui a reçu la blessure, mais bien celui qui, le premier, a été touché.

2° L'injure grave constitue suffisamment l'offense, et bien qu'on ait pu y répondre par une autre injure, c'est le premier qui l'a reçue qui reste l’offensé.

3° Si, à une chose impolie, on répond par une injure, si l'agresseur se prétend offensé, ou si celui qui a reçu l'injure se prétend offensé, il n'y a pas à hésiter à remettre au sort toutes les chances de la rencontre qui doit résulter de ces débats.

4° S'il n'y a pas d'injure , mais qu'à la suite d'une discussion où la règle du savoir-vivre et la politesse ont été suivies à la lettre , l'un des antagonistes demande raison, le demandeur ne prend pas, pour cela, le rang d'agresseur, et celui qui l'accorde celui de l'oflensé. Toutes les chances, dans cette rencontre, doivent être soumises au sort.

5° Si l'on envoie un cartel, sans raison suffisante, c'est bien certainement celui qui envoie le cartel qui est l'agresseur, et les témoins, avant de permettre le combat, doivent en demander la raison suffisante.

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