Scènes de la Chouannerie

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Michel Lévy Frères, 1856 - 252 pages
 

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Page 29 - Où tous garçons des villages s'en vont la gerbe battant. Ho ! baiteux, battons la gerbe, compagnons, joyeusement ! Par un matin je me lève avec le soleil levant, Et j'entre dedans une aire, tous les batteux sont dedans. Je salue la compagnie, les maîtres et les suivants ; Ils étaient bien vingt ou trente, n'est-c...
Page 103 - ... dérogation éclatante à cet esprit de calcul intéressé. — Pour plusieurs, sans aucun doute, réponditil, la foi politique et religieuse a eu ses martyrs ; mais combien ne se sont dévoués qu'à une passion en laissant croire qu'ils se dévouaient à une idée, en le croyant quelquefois eux-mêmes ! Dans une révolution, la vérité n'est jamais, d'un côté, si absolue, si lumineuse, que nous puissions la reconnaître certainement; nous n'avons le plus souvent à choisir qu'entre des crépuscules....
Page 29 - Jean passée, le mois d'août est approchant où tous garçons des villages s'en vont la gerbe battant. ho, batteux, battons la gerbe, compagnons, joyeusement. Par un matin je me lève avec le soleil levant, et j'entra dedans une aire: tous les batteux sont dedans.
Page 157 - Mérozicres, hors de lui, venait de tomber aux genoux de la jeune femme, dont il couvrait les mains de baisers. Elle s'efforça d'apaiser ces transports avec un embarras impatient et douloureux; mais il n'y prit point garde. Étourdi de bonheur, il était incapable de rien juger. Les explications indispensables pour autoriser l'exercice de mon ministère purent seules arrêter cet épanchement de folle joie. L'orage qui bouleversait alors la France exemptait le prêtre des délais et des précautions...
Page 118 - Il paraissait et disparaissait comme ces champions des romans de chevalerie que l'on voyait arriver la visière baissée, enlever tous les prix du tournoi, puis s'éclipser dans un nuage de poussière. Aussi toutes les suppositions avaient-elles été épuisées à son sujet. Après lui avoir successivement attribué les noms les plus connus de la Vendéé, on com mença à répéter tout bas celui du due d'Enghien.
Page 185 - ... sans pain, la révolution continuait son œuvre immense, aiguillonnée plutôt que retenue par les obstacles. L'armée vendéenne, au contraire, toute à la défense de ses clochers, ne voyait rien au-delà. Elle ne suspendait la lutte que pour célébrer Pâques fleuries ou pour faire la moisson. Il ya dans toute cette première campagne je ne sais quel lyrisme guerrier mêlé à une simplicité rustique qui surprend et intéresse. Toutes les illusions sont encore dans leur fleur, les sentimens...
Page 212 - ... la nuit, dans une batterie républicaine, détela les deux chevaux d'un caisson et les leur amena. Céleste, depuis le passage de la Loire, était restée languissante, elle souffrait du froid et manquait de vêtemens d'hiver : Ragueneau attaqua deux hussards pour avoir leurs pelisses, qu'il apporta à la jeune fille. Toute l'armée était habillée ainsi de ce que le hasard de la guerre avait pu lui fournir. Quelques chefs portaient des dolmans pris au théâtre de La Flèche; d'autres, des...
Page 199 - ... de bivouac commençaient à consteller; puis, comme attiré par les rumeurs lointaines qui semblaient l'appeler, il monta à cheval pour gagner un gué par lequel il avait vu passer du canon. Le ciel était serein, mais un vent froid venait de s'élever, il sifflait dans les saules, dont les têtes pâles, éclairées par les étoiles, ondoyaient en gémissant, et semblaient courir le long des eaux. On eût dit une armée de fantômes. Enveloppé dans le manteau d'un cavalier ennemi qu'il avait...
Page 105 - Tl en donna une preuve irrécusable, mais funeste pour lui. Vous savez qu'après les jeûnes forcés de l'hiver les loups redoublent habituellement d'audace. Au retour du printemps, un de ces animaux, enragé de faim, sortit des taillis avant la nuit, s'élança dans la friche où se trouvait Louis et allait emporter un poulain, lorsque le jeune pâtre, averti par l'effroi du troupeau qui prenait la fuite, accourut et se jeta à corps perdu sur la bêle féroce.
Page 150 - Saxe. J'étais resté sur le seuil, involontairement arrêté par cet aspect inattendu; M. Jacques s'avança à ma rencontre. Il portait son pittoresque costume de velours que serrait à la taille une écharpe de soie blanche. Ses traits étaient beaux, mais altérés par une pâleur fébrile. Il me souhaita la bienvenue avec un peu d'effort, et m'invita de la main à m'asseoir. Tout ce qui m'arrivait était si nouveau, que j'avais besoin de quelques instants pour me reconnaîlre.

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