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le sentiment d'un grand personnage, qui est le P. Mutius Vitelleschi, général des Jésuites, qui écrit ainsi à sa compagnie le quatrième de janvier 1617. Nonnullorum ex societate sententiæ in rebus præsertim ad mores spectantibus plus nimio liberæ, non modò periculum est, ne ipsam evertant, sed ne Ecclesiæ etiam Dei universæ insignia afferant detrimenia: omni itaque studio perficiant, ut qui docent, scribuntve, minime hác regulå et normâ in delectu sententiarum utantur: TUERI QUIS POTEST; PROBABILIS EST; AUCTORE NON CARET; verùm nostri ad eas sententias accedant, quæ tutiores, quæ graviorum, majorisque nominis doctorum suffragiis sunt frequentatæ, quæ bonis moribus conducunt magis, quæ denique pietatem alere et prodesse queunt, non vastare, non perdere.

Le P. Thyrsus Gonzalez suit encore aujourd'hui les vestiges de son pieux et savant prédécesseur, et démontre que la prudence, qui dans la matière du salut préfere le moins probable, quand il est en même temps le moins sûr, ne peut être que la prudence de la chair. Car, dit-il, que pourront répondre dans le jugement de Dieu, ceux qui, par exemple, auront passé un contrat qu'ils jugent plus probablement être illicite ? Diront-ils, pour s'excuser, qu'ils ont suivi l'opinion de tels et tels? Mais le juge leur répondra, que leur autorité qui n'avoit pu leur faire changer de sentiment, ne devoit pas être la règle de leur conduite. Répondront-ils qu'ils ont été touchés de leurs raisons? Mais il leur sera dit par le juge: Tu seras jugé par ta propre bouche,

mauvais serviteur; et puisque tu croyois les raisons de ton sentiment les meilleures et les plus probables, tu les devois suivre plutôt que les autres. Ainsi toute iniquité aura la bouche fermée, Omnis iniquitas oppilabit os suum (1). Car aussi pourquoi tant chercher le plus probable dans la matière des mœurs, si après qu'on a cru le trouver, tout le fruit de cette recherche est de le mépriser ouvertement? Que servent ici les réflexions sur les opinions et sur les raisons des autres, puisqu'on sent en sa conscience qu'elles ne peuvent prévaloir sur notre esprit ? Que sert aussi de demander à Dieu la connoissance de la vérité, et de dire avec David: Da mihi intellectum, et scrutabor legem tuam (2), si après avoir reçu une plus grande lumière favorable à la loi de Dieu, on n'en fait que ce qu'on veut contre sa propre pensée ? C'est ainsi que ce savant homme a traité le probabilisme.

Si quelques docteurs de l'ordre de saint Dominique l'ont proposé au commencement, tout le même ordre l'a abandonné depuis les savans écrits des PP. Mercorus et Baron, conformément à l'exhortation faite à leur chapitre général par le pape Alexandre VII, de s'opposer au relâchement de la morale. Cette exhortation est rapportée par Fagnani. Ainsi il y a raison de conclure, que comme on doit improuver l'excès de ceux qui rejettent les opinions, même celles qui sont les plus probables entre les plus probables, il ne faut pas

(1) Ps. CVI. 42. (3) Ps. cxvIII. 34.

352 EXTR. DES PROCÈS-VERB. DU CLERGÉ, DE 1700. moins s'opposer à l'autre excès, qui est celui où dans le doute on suit le moins sûr en matière de salut; où, ce qui est encore plus dangereux, on suit le moins probable et le moins sûr tout en

semble.

MANDATUM

L

ILLUSTRISSIMI AC REVERENDISSIMI

D.D.

EPISCOPI MELDENSIS,

Ad Censuram ac Declarationem conventús Cleri Gallicani anni 1700, promulgandam in synodo diocesand, die 1 septembris anni 1701.

JACOBUS

ACOBUS - BENIGNUS, permissione divinâ, episcopus Meldensis, etc., clero Meldensi in synodo ordinariâ congregato, Salutem et benediCTIONEM.

Posteaquam conventus Cleri Gallicani, anno 1700, in palatio San - Germano jussu regio celebratus, gravissimâ censurâ proscripsit diversi generis errores qui per Ecclesiam serperent, et quorumdam articulorum veritatem perspicuè declaravit, nihil fuit nobis optatius quàm ut dictam Censuram, eique conjunctam Declarationem promulgaremus, earumque auctoritati dioecesani auctoritatem adderemus. Ut autem tanta res solemniùs atque utiliùs ageretur, visum est nobis synodi nostræ generalis et annuæ celebritatem expectari oportere. Vobis igitur in eadem synodo, feriâ quintâ quæ est prima BOSSUET. VII.

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dies septembris, pro more congregatis, easdem Censuram ac Declarationem publicâ promulgatione notas facimus; districtè prohibentes sub pœnis adversùs inobedientes in jure contentis, aliisque pro rei gravitate nostro judicio infligendis, ne quis è clerò tam seculari quàm regulari, etiamsi immunem et exemptum sese contenderit, earumdem Censuræ ac Declarationis auctoritatem infringere, aut quidquam quod in illa sit Censura damnatum, verbo vel scripto docere præsumat.

His addimus epistolam ab eodem conventu ad universum clerum per Gallias consistentem: eaque acta monumentaque simul edi, vobisque præsentibus observanda tradi, absentibus verò capitulis, congregationibus, ac religiosis cœtibus, nostri promotoris operâ in manus consignari jussimus.

Agite igitur, dilectissimi fratres, his instructi disciplinis, ductuque et auspiciis tanti conventûs ac nostris, oppugnate omnem doctrinam undecumque insurgentem adversùs scientiam Dei, non declinantes neque ad dexteram, neque ad sinistram, neque quidquam detrahentes doctrinæ veritatis, et jugo dominico, aut ei quidquam specie pietatis, aut disciplinæ sanctioris, addentes.

Vobis etiam impensissimè commendamus id quod nobis præluxit, eminentissimi ac reverendissimi D. D. cardinalis de Noailles, archiepiscopi Parisiensis, metropolitani nostri Mandatum, ad promulgandas easdem Censuram ac Declarationem, datum Lutetiæ Parisiorum, tertio nonas octobris, anno salutis M. DCC, quo nihil est doctius ac sanctius.

Speramus autem fore, ut antecessorum exemplo,

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