Sénèque: Ou la conscience de l'Empire

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Fayard, 1 avr. 2014 - 508 pages

Sénèque, auprès de ceux qui le connaissent mal, a mauvaise réputation. L’image, détestable, que l’on se fait de Néron ternit la sienne. Mais il fut son ministre, excellent aussi longtemps que Néron fut tolérable. Il se retira une fois ce temps révolu.
Mêlé de très près à la vie politique, il avait le souci de maintenir en lui-même et chez ceux qu’il aimait le sens de la liberté intérieure. Il en découvrait le moyen dans la doctrine stoïcienne, qui comptait alors à Rome de nombreux adeptes. Le stoïcisme était une conception totale de tout ce qui existe. Sénèque l’accepte tout entier, mais s’applique à en montrer les implications pour chacun de nous, dans sa vie personnelle, et les remèdes qu’il apporte à la condition humaine.
Interroger l’œuvre de Sénèque c’est suivre pas à pas l’histoire morale du temps qui se déroula entre le règne de Tibère et le mo-ment où Néron entraîna Rome dans la tyrannie et la démence. Nous voyons mûrir une pensée qui vit, une nouvelle fois, pour son compte, les découvertes des philosophes grecs, trois ou quatre siècles plus tôt. Ce qui était resté souvent abstrait et théorique, devient ici la vie même. Sénèque est le témoin d’une prise de conscience, celle des Romains qui, entraînés vers la conquête du monde, découvrent que celle-ci ne sera complète que si eux-mêmes en trouvent la justification dans celle de leur propre intériorité.
Auprès de Sénèque, pendant les mêmes années, le christianisme est en train de se former. Ce siècle sera décisif dans l’histoire de l’âme humaine.
P.G.

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Sénèque: Ou, La conscience de l'Empire

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À propos de l'auteur (2014)

Pierre Grimal (1912-1996) fut un latiniste de renom ; par ailleurs spécialiste et humaniste de Rome, il s'est toujours efforcé de comprendre Rome de l'intérieur. Avec une sensibilité et une intelligence hors du commun, et dans un souci permanent de vérité, « le dernier des Romains » - comme on l'appelait dans la Rome d'aujourd'hui - a cherché à replacer dans le contexte particulier à chacun les hommes qui y ont vécu - les philosophes comme les poètes, les dramaturges, les orateurs, les politiciens. Il s'est intéressé à chacun des aspects qui ont contribué à façonner l'originalité et l'importance de Rome et de sa civilisation. Tous ses ouvrages témoignent de son sens profond de l'humain, et de son esprit de synthèse lié à une grande clarté.Après l'École normale supérieure de 1932 à 1935, Pierre Grimal passe l'Agrégation en 1935, et est membre de l'École française de Rome. En 1944, il devient docteur d'État en 1944, après une thèse sur Les Jardins romains. De 1945 à 1952, il est professeur à l'Université de Bordeaux, et de 1952 à 1982, professeur de littérature et philosophie latines à la Sorbonne. Officier d'Académie, chevalier de la Légion d'honneur, il est élu, en 1978, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, et en 1993, « Cultore di Roma » (Citoyen de Rome) par la ville de Rome. Pierre Grimal est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Les Jardins romains. Essai sur le naturalisme romain (De Boccard, 1944 ; 3e éd. Fayard, 1984) ; Frontin, De Aquae ductu Urbis Romae, édition, traduction et commentaire (Belles-Lettres, 1944) ; Sénèque (éd. PUF, 2é éd., 1966) ; La Mythologie grecque (PUF, 14e éd., « Que Sais-Je », 1990) ; Le Siècle des Scipions, Rome et l'hellénisme au temps des guerres puniques (Aubier, 2e éd., 1975) ; Dans les pas de César (Hachette, 1955) ; Les Romains grecs et latins, introduction et traduction (Gallimard, 1958) ; Horace (Le Seuil, 1958) ; Phaedra, édition et commentaire (PUF, 1965) ; Plaute et Térence, OEuvres complètes, introduction et traduction (Gallimard, 1971) ; Italie retrouvée (PUF, 1979) ; Mythologies, 2 vol. (Larousse, 1964) ; Cicéron, In Pisonem, édition et traduction (Belles-Lettres, 1967) ; Sénèque, De Uita Beata, édition et commentaire (PUF, 1969) ; Le Lyrisme à Rome (PUF, 1978) ; Sénèque ou la conscience de l'Empire (Belles-Lettres, 1978 ; Fayard, 1991) ; Le Théâtre antique (PUF, « Que-Sais-Je », 1978) ; Virgile (Arthaud, 1985) ; Cicéron (Fayard, 1986) ; Les Erreurs de la liberté (Belles-Lettres, 1989) ; Tacite, OEuvres complètes, introduction et traduction (Gallimard, 1990) ; Tacite (Fayard, 1990) ; Marc-Aurèle (Fayard, 1991) ; La Littérature latine (Fayard, 1994) ; L'Âme romaine (Perrin, 1997) ; Le Dieu Janus et les origines de Rome (Berg International, 1999) ; Histoire de Rome (Mille et une nuits, 2003) ; Voyage à Rome (Robert Laffont, 2004) ; Rome et l'amour (Robert Laffont, 2007).

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