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l'anasarque, firent considérer ces palpitations comme dépendantes d'une altération des fonctions du cæur. Ces palpitations cédèrent au bout d'un an, à l'emploi de la digitale, de l'eau distillée de laurier-cerise. Il ne resta que l'infiltration qui disparut progressivement sous l'influence du savon, de l'arnica.

Observ. Iy. Un homme de 40 ans, qui, pour un goître volumineux, prit sans précaution une quantité considérable de teinture d'iode, éprouva les symptômes suivants : Agitation ; chaleur extrême; palpitations; pouls très fréquent; bouche pâteuse; erections violentes et soutenues; diarrhée abondante; soif inextinguible; tremblements; amaigrissement ; défaillances; syncopes; mort en cinq semaines (Zinc, Biblioth. thérap.).

On a cité encore parmi les effets constitutionnels de l’iode, l'atrophie des glandes mammaires, des testicules et du corps thyroïde; mais, ces effets ne sont pas constants. Gardner a vu les mamelles s'atrophier, sans que le goître, maladie contre laquelle l'iode était employé, disparut. L'atrophie des mamelles peyt n'être qu'apparente et dépendre de la fonte du tissu graisseux. Le docteur Rivers a observé la stérilité chez deux femmes, qui, auparavant, avaient eu des enfants, et le docteur John, l'accroissement de toutes les sécrétions et excrétions; des sueurs visqueuses; des urines abondantes et intenses; une sécrétion plus forte de semence; une menstruation plus abondante; le gonflement des veines; la salivation ; une surabondance de sérosité dans le sang. Quelques personnes sont peu sensibles aux effets de l'iode; des malades en ont pris jusqu'à 4965 centigr. par portions journalières, variant de 10 centigr. à 1 gram. , sans accidents fàcheux.

L'iode appliqué à l'extérieur occasionne des picotements, la rubéfaction, et même la vésication. Ses vapeurs sont acres, irritantes.

Expériences sur les chiens. Magendie injecte dans les veines, 4 gram. de teinture d'iode, sans aucun effet apparent. Il la fait avaler à des chiens, sans autre effet que des vomissements. Orfila donne à deux chiens, à l'un, 4 gram., à l'autre, 4 gråm. 60 centigr. d'iode : Mouvement de déglutition; vomissements

para

assez abondants de matières colorées en jaune et offrant des traces d'iode. Un troisième chien auquel il en a administré 5 gram., a vomi une petite quantité de matières brunâtres, ne contenant pas d'iode, est tombé dans l'abattement, et a succombé le cinquième jour, sans avoir éprouvé le moindre signe de lysie , de convulsions. Il n'a pas trouvé d'iode dans le tube intestinal, comme dans les deux précédents, quoique cet organe offrît les lésions propres à ce corps. Sur un autre chien auquel il a donné 9 gram. 60 centigr. d'iode, et qui a succombé le quatrième jour, les selles renfermaient de l'iode le premier jour, et non le troisième.

5 gram. 60 centigr. d'iode enveloppés dans un cornet de papier, sont ingérés dans l'estomac l'oesophage est lié; l'animal meurt le sixième jour, dans un grand abattement. 4 gram. 60 centigr. d'iode, appliqués sur une plaie faite au dos d'un chien, ont produit seulement un effet caustique. L'animal s'est rétabli au bout de six jours, d'où M. Orfila conclut que l'iode n'a point été absorbé; mais évidemment, l'effet caustique s'est opposé à son absorption. Si ces expériences ne sont pas tout à fait comparables avec les observations d'empoisonnement aïgu chez l'homme, puisque l'iode a été administré sous des formes différentes, elles démontrent cependant qu'il est moins toxique qu'on aurait pu le penser, du moins à l'état solide, deux chiens ayant survécu après en avoir pris 4 gram., et plus. D'un autre côté, comme à la dose de 30 à 45 centigr., les symptômes, dans les deux observations citées, ont présenté assez de gravité, on peut, a priori, fixer la dose toxique, à celle de 1 à 2 gram.

Alterations pathologiques. Puisque la plupart des personnes ont survécu aux effets toxiques de l'iode, nous n'avons que fort peu de données à cet égard. Zink, dans l'observation citée, a trouvé les intestins boursouflés, fortement phlogosés en certains endroits, et présentant en d'autres, la teinte qui précède le sphacèle. L'estomac offrait à l'extérieur, une rougeur générale, et à l'intérieur, aux deux tiers de sa petite courbure, une excoriation de deux pouces carrés. Il était corrodé près du pylore, et la muqueuse s'en détachait dans l'étendue de deux ou trois pouces. Le foie, plus volumineux qu'à l'état normal, était de couleur lilas très-clair.

M. Orfila a observé les lésions suivantes sur les chiens : estomac contracté, tapissé à l'intérieur, ainsi que la partie supérieure des petits intestins, d'un enduit tenace, jaune ou jaune. verdâtre; du côté du cardia , petites ulcérations circulaires ou linéaires, bordées d'une auréole jaune, et plusieurs taches d'un jaune clair ou tirant sur le brun , se déchirant facilement par l'extension, ainsi que les taches semblables qu'offraient les plis muqueux du côté du pylore. L'enduit jaunâtre enlevé, la muqueuse correspondante était enflammée , ainsi que la musculeuse. Les poumons, la rate, le foie et la vessie étaient sains.

Traitement. Faciliter le vomissement en donnant de l'eau tiède par verres rapprochés , jusqu'à ce que les matières des vomissements n'offrent plus la couleur et la saveur de l'iode, comme l'ont fait O. Dessaignes et Montcourrier. On pourrait remplacer l'eau simple par les décoctés albumineux, ou plutôt par un décocté d'amidon (8 a 15 gram. pour 500 gram. d'eau), afin de transformer l'iode en iodure d'amidon, lequel, est beaucoup moins actif. Cette dernière boisson serait donnée en lavement, si l'iode avait été administré depuis quelque temps, surtout s'il y avait des coliques, de la diarrhée. Ces deux premières indications étant remplies, on continue l'usage des boissons mucilagineuses ou lactées, données par petites quantités. Pour calmer l'excitation nerveuse, les palpitations, et procurer un peu de sommeil, on donnerait une potion 'opiacée ou antispasmodique, des demi-lavements composés avec une tête de pavôt.

Dans l'empoisonnement lent, il faut suspendre immédiatement l'usage des préparations iodées; donner pour alimentation du lait, de légers potages associés aux médicaments toniques, le quinquina, les amers, etc.; combattre les symplômes nerveux par les opiacés, les légers antispasmodiques, et les palpilations par la position horizontale, les sédatifs de la circulation, la digitale, les préparations cyaniques, auxquelles on joindrait quelques diurétiques, s'il y avait infiltration, anasarque. Mais on doit compter autant et plus sur les soins hygiéniques que sur l'emploi des agents médicamenteux. La maigreut, la faiblesse musculaire, la pâleur et l'infiltration sont les effets qui persistent le plus longtemps.

EMPOISONNEMENT PAR L'IODURE DE POTASSIUM.

L'iodure de potassium, l'hydriodate de potasse pur, est solide, blanc, cristallisé en cubes, inodore, d'une saveur amère, un peu piquante. Il fond, décrépité sur les charbons ardents, sans se volatiliser ni donner de vapeurs violacées. Traité dans un petit tube, par un excès d'acide sulfurique ou azotique, il se décompose avec effervescence, brunit, et dégage ensuite par la chaleur de vapeurs violacées qui se condensent en aiguilles cristallines bleuâtres sur les parois du vase, et qui bleuissent un papier amidonné, une baguette de colle de pâte, placés à l'orifice du tube. Si, après avoir constaté ce caractère, on chauffe jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs violacées, c'est-à-dire, jusqu'à ce que l'iode soit complétement volatilisé, on a pour résidu du sulfate ou de l'azotate de potasse, qu'on dissout dans un peu d'eau, pour constater la présence de cette base par l'hydrochlorate de platine, qui donne un précipité jaune serein, grenu, enfin, par les réactifs des sels

de potasse.

On trouve assez souvent dans le commerce de l’iodure de potassium impur, non cristallisé, déliquescent, qui a donné à Christison, sur 100 part., carbonate de potasse, 74,5; eau, 16; iodure de potassium, 5; il peut aussi renfermer des chlorures de potassium, de sodium. Enfin, l'iodure de potassium pur et impur peuvent encore se trouver à l'état d'iodure de potassium ioduré, sel qui est jaunâtre, sans forme cristalline, et qui, en outre des caractères chimiques indiques, laisse dégager des vapeurs violacées sur les charbons ardents, ou plutôt, colore immédiatement en bleu la colle de pâte, un papier amidonné humide.

Soluté d'iodure de potassiun. Ce sel se dissout dans une fois et demie son poids d'eau ; il est moins soluble dans l'alcool. Le soluté, qui est incolore, offre les caractères chimiques suivants : jo si l'on suspend dans le liquide un fragment d'amidon ou de colle de pâte, et qu'on ajoute ensuite quelques gouttes d'acidę suļfurique ou azotique, le liquide brunit d'abord, et l'iode mis à nu colore l'amidon en violet, et la colle de pâte en bleu intense. On peut ainsi déceler la 10,000 p. d'iode dans un liquide. Si, après avoir versé les acides, on ajoute 1 goutte ou quelques atomes de chlore, la réaction est plus marquée, et l'on peut, par ces deux réactifs réunis, déceler la 1,000,000 p. d'iode. Le chlore, employé seul, s'arrête à 4,000. Il faut, comme nous l'avons déjà recommandé, ne pas verser un excès de chlore, qui, ayec l'iode, forme un chlorure soluble et incolore. Si le soluté était trop étendu, il faudrait le concentrer. Les autres réactifs qui peuvent servir à faire reconnaître l'iode dans un soluté d'iodurę de potassium, sont : 10 l'hydrochlorate de platine , qui colore d'abord ces solutés en jaune, puis en rouge vineux; et, au bout d'un temps plus ou moins long, il se forme sur les parois du vase un dépôt brun lamelleux d'iodure de platine. Ce dernier précipité ne se forme immédiatement que lorsque les solutés sont très-concentrés. 2. Le protonilrate de mercure donne un précipité jaune-grisâtre d'abord (proto-nitrate de mercure), et jaune-verdâtre (sesquiiodure), s'il est verse en excès. 3° Le bichlorure de mercure, un précipité rouge carmin (bi-jodure de mercure), soluble dans un excès de soluté d'iodure de potassium, 40 Le nitrale d'ar, geni, un précipité jaunâtre iodure d'argent), cailleboté, insoluble dans l'eau, l'acide azotique, et en partie soluble dans l'am. moniaque. 5° Enfin, l'acétate de plomb donne un précipité jaune serein (iodure de plomb) soluble dans un excès d'iodure de potassium. Ces réactifs sont loin d'avoir la sensibilité et une réaction aussi neite que l'amidon, le chlore et l'acide sulfurique, aussi, on peut très-bien s'en dispenser. Pour déceler la potasse, il faudrait, filtrer les solutés, après les avoir traités par l'amidon, l'acide sulfurique et le chlore, pour séparer l'iodure d'amidon, les chauffer avec de l'acide sulfurique ou

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