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meux et miasmatiques; la respiration pour les poisons gazeux ou volatils.

Pour combattre les effets aigus, lents ou consécutifs des poisons dits âcres, irritants, nous donnons assez de détails à cet égard dans les généralités sur les poisons minéraux et les acides. Quant aux narcotiques, les stimulants, surtout le café, l'eau ammoniacale, qui provoque souvent plus promptement les vomissements que les vomitifs, les topiques irritants, les lavements, les boissons acides, les affusions froides, les évacuations sanguines sont indiqués; les sédatifs du système nerveux conviennent contre les tétaniques, et dans les deux cas, ainsi que contre les anesthésiques, l'insufflation pulmonaire qui, d'après M. Ludger-Lallemand, n'offre pas les inconvénients signalés par les auteurs.

DES RÉACTIFS. On désigne ainsi les agents qui servent à distinguer les corps

les uns des autres. Ils sont généraux quand ils s'appliquent à certains groupes de corps, le tourne-sol qui distingue les acides des alcalis; spéciaux ou caractéristiques de chaque corps en particulier, l'iode pour l'amidon. Les poisons se reconnaissent à leurs caractères physiques, organolepliques et chimiques. Il faut, autant que possible, constater ces trois ordres de caractères, que les réactions soient bien nettes et comparatives avec le même poison à l'état pur. La lumière , l'électricité , surtout le calorique seul ou aidé du charbon, de l'hydrogène, de l'oxygène, où des fondants donnent à la fois des réactions physiques et chimiques. Comme aux préparations arsénicales, nous indiquons le moyen de purifier et d'employer les réactifs qui doivent servir à la recherche de ce poison, nous décrirons seulement les réactifs les plus géné

raux.

Réactifs métalloïdes. Oxigène. Air. Il sert à brûler les gaz hydro et oxycarbonés qu'il convertit en eau et acide carbonique, à oxyder le phosphore, l'arsenic et en dégage l'odeur alliacée. L'oxigène

s'obtient en chauffant jusqu'à décomposition quelques grammes de chlorate de potasse dans une cornue.

HYDROGÈNE. Il sert à réduire les oxides, les sulfures, les chlorures métalliques. A cet effet, on fait passer à travers ces corps, renfermés dans un tube chau'fé au rouge, un courant de gaz hydrogène, lequel forme, avecl'oxygène, le soufre, le chlore, de l'eau, de l'acide hydrosulfurique, etc., qui se dégagent, et le métal reste adhérent aux parois du tube. ( Voyez Émétique, procédé de Turner.) A l'état de gaz naissant, l'hydrogène, en présence d'une dissolution arsenicale ou antimoniale oxydées, les décompose, forme de l'eau et du gaz hydrogène arsenié ou antimonié, qui, brûlés lentement au contact de l'air, déposent des taches métalliques sur un corps froid qu'on interpose dans la flamme. (Voyez Arsenic, antimoine, appareil de Marsh.) L'hydrogène s'obtient en faisant réagir de la limaille de zinc et de l'acide sulfurique étendu de 10 à 12 p. d'eau. Dans les analyses délicates comme celles des gaz oxydés, on le purifierait en le faisant passer à travers un soluté alcalin, et une couche de chlorure de calcium pour le dessécher.

CHARBON PURIFIÉ. Il sert à réduire les oxydes, les oxysels qu'on chauffe avec, dans un tube de verre, si les métaux de ces corps sont volatils (arsenic, mercure), ou dans un creuset, si les métaux sont fixes (argent, cuivre, plomb, or, etc.). Dans ce derniers cas, la réduction s'opère promptement en chauffant les oxydes ou les sels entre deux charbons ardents. Nous avons acquis une telle habitnde de ces expériences, qu'avec deux mur. ceaux de braise nous pourrions distinguer presque tous les poisons métalliques. Le charbon s'empare de l'oxygène de ces corps, se dégage à l'état d'oxyde de carbone ou d'acide carbonique, et le métal, ou se condense sur les parois du tube, ou reste dans le creuset ou sur le charbon.

Préparation. Délayez le charbon animal, noir d'os , noir d'ivoire, dans de l'acide hydrochlorique; laissez macérer pendant douze heures ; ajoutez s. q. d'eau pour faire une bouillie claire; faites bouillir pendant quelques minutes , laissez reposer, décantez, jetez le charbou sur un filire, lavez-le à l'eau distillée jusqu'à ce que le liquide filtré n'offre plus de réaction acide et ne soit plus troublé par le nitrate d'argent, l'oxalate d'ammoniac, le cyanure jaune de potassium et de fer. Le charbon est pur lorsque de l'eau distillée dans laquelleon l'a fait bouillir, se comporte avec les réactifs précédents comme il vient d'être indiqué. On choisit ordinairement les charbons ternes qui décolorent mieux. L'acide hydrochlorique a pour but de dissoudre ou de rendre solubles les sels que contient le charbon. Dans cette opération, ce dernier corps perd environ le tiers de son poids.

Iode. Réactif de la fécule qu'il colore en violet ou en bleu. Il sert à reconnaître la sophistication du lait et du chocolat par une matière féculente, et celle de la farine par la fécule de pomme de terre. On se sert de l'iode ou de sa teinture aqueuse ou alcoolique.

Chlore. Gazeux ou liquide, jaune verdâtre, d'une odeur caractéristique. Le chlore liquide concentré décolore une fois et demje son volume de dissolution d'indigo, ou quinze degrés chlorométriques. Pur, il ne doit pas précipiter par l'oxalate d'ammoniac et l'hydrochlorate de baryte. Il sert surtout comme agent décolorant , et à isoler les poisons des matières organiques qu'il décompose ou précipite. (Voyez Sublimé).

Préparation. Dans un matras ou une fiole à médecine, introduisez une partie de sesqui-oxyde de manganèse pulvérisé et deux parties d'acide hydrochlorique liquide; adaptez ensuite deux flacons de Woulff, dont le premier contiendra très-peu d'eau, destinée à laver le chlore, et le second sera rempli aux deux tiers d'eau distillée; chauffez légèrement de manière à porter le mélange à l'ébullition , et continuez jusqu'à ce que l'eau du second flacon soit saturée. On se sert aussi d'un mélange d'une partie de sesqui-oxyde de manganèse et de quatre parties de sel commun, qu'on introduit dans le matras, el sur lequel on verse peu à peu, à l'aide d'un tube à entonnoir qui plonge dans le mélange, deux parties d'acide sulfurique étendu de deux parties d'eau. Comme le chlore s’altère facilement à la lumière, conservez-le dans des flacons en verre bleu ou violet, ou entourés d'un papier noir.

Réactiss-métaux.

Les métaux assez oxydables servent ordinairement, 10 à précipiter les métaux qui le sont moins,de leurs dissolutions salines; c'est ainsi que le fer, le zinc, déplacent le cuivre, le plomb, le bismuth, l'antimoine, l'argent, le mercure, en s'emparant de l'oxygène de leurs oxydes ; l'action décomposante continue ensuite, dit on, par influence électrique; 20 à reconnaitre les acides azotique et sulfurique, dont ils dégagent de l'acide nitreux ou sulfureux ; 30 une lame d'or et d'étain réunies et contournées en spirale, composent un petit appareil électrique, qui, plongé dans une dissolution mercurielle, sert à reconnaitre de quantités minimes de mercure. Celui-ci s'amalgame avec la lame d'or qui représente le pôle négatif et la blanchit. On l'en sépare ensuite sous forme de globules en chauffant le petit appareil dans un tube de verre. (Voyez Sublimé). Il faut se servir des métaux bien décapés, en lames ou en limaille.

Réactifs-acides.

Les acides servent 1° à dégager de leurs combinaisons sali. nes les acides plus faibles en se combinant avec la base : l'acide sulfurique pour les carbonates, les nitrates, les chlorures, les iodures, les sulfures, etc.; 20 à former, avec la base des sels, des composés insolubles : l'acide oxalique qui précipite la chaux; les acides, hydrosulfurique, hydrochlorique, dont l'hydrogène forme de l'eau avec l oxygène de l'oxyde du sel, et le radical (chlore, soufre, etc.), un chlorure, un sulfure, insolubles en se combinant avec le méta.

ACIDE HYDROSULFURIQUE. Sulfhydrique. Gazeux ou liquide, incolore, d'une odeur d'oeuf couvi. Il doit colorer le soluté d'acide arsénieux sans le précipiter , et ne doit pas troubler l'eau de baryte. Réactif général important qui sert à établir plusieurs groupes parmi les poisons. Il précipite les dissolutions salines formées par les oxydes insolubles ou des cinq dernières sections à l'état de sulfure, jaune, blanc ou noir, et non celles des oxydes solubles ou alcalins, ainsi que les acides préalablement saturés.

Préparation. Même appareil que pour le chlore, dans lequel on introduit un mélange de quatre parties de sulfure d'antimoine pulvérisé et de quatre ou cinq parties d'acide hydrochlorique.

ACIDE HYDROCA LORIQUE, chlorydrique. Liquide incolore, fumant à l'air; sa densité est de 1,203. Pur, il ne doit pas laisser de résidu après évaporation, ni précipiter par la baryte, le cya

. nure jaune de potassium et de fer, le proto-chlorure d'étain. Saturé par la potasse et évaporé jusqu'à siccité, le résidu ne doit pas donner de vapeurs rutilantes par la limaille de cuivre et l'acide sulfurique. - Réactif des sels d'argent, de plomb, des protosels de mercure qu'il précipite à l'état de chlorures blancs.

Préparation. Même appareil que pour le chlore, dans lequel on introduit du sel commun grossièrement divisé, sur lequel on verse, à l'aide d'un tube à entounoir, de l'acide sulturique étendu de quatre à cinq pariies d'eau.

Les acides hydriodique et hydrobromique peuvent être remplacés par les iodures, les bromnures de potassiuin.

Acide sulfurique Pur, il est liquide, incolore, de consistance oléagineuse; sa densité, de 1,85; il ne donne pas de vapeurs à l'air; distillé, il doit se vaporiser complétement sans résidu. Saturé par la potasse et évaporé à siccité, le résidu introduit dans l'appareil de Marsh ne doit pas donner de taches arsenicales, ni de vapeurs rutilantes par la limaille de cuivre et l'acide phosphorique.

Usages Réactif de la baryte, avec laquelle il fornie un sulfate insoluble dans l'eau et l'acide nitrique. Il sert à décomposer les sels à acides faibles, dont il dégage l'acide en se combinant avec la base sous forme de gaz(carbonates, hydrosulfates), de vapeurs (nitrates, hydriodates, hydrochlorates, chloriles) dont l'odeur et la couleur sont quelquefois caractéristiques.

Préparation. Concentrez jusqu'à 66° l'acide sulfurique du commerce dans une cornue de verre ou de platine, dans la

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