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culaire était à nu et offrait une coloration noire comme gangréneuse. Les intestins présentent rarement ce genre de lésions. Dans un cas cité par Helb, la muqueuse de la bouche et de l'asophage était comme brûlée, et l'æsoj hagienne s'enlevait facilement. Chez une fille, qui, inourut environ une heure après avoir pris 30 gram. (1 once) d'acide oxalique, on ne trouva aucune lésion dans le tube intestinal, ce qui tendrait à démontrer que, quelques-unes de ces lésions ont lieu après la mort, et sont le résultat de l'effet corrosif ou chimique de l'acide oxalique. Citons quelques observations à l'appui des assertions précédentes :

Observation 1. Miss M. P., âgée de quarante ans, prend, au lieu du sulfate de magnésie, 15 gram. (112 once) d'acide oxalique dissous dans l'eau. Immédiatement après, douleurs inexprimables dans le ventre; face grippée ; pouls imperceptible; vomissements liquides, très-foncés; selles liquides, très-copieuses; mort en quarante minutes. Autopsie : 360 à 420 gram. (12 à 14 onces) d'un liquide très-foncé dans l'estomac, dont la muqueuse rouge et injectée dans toute son étendue, trèsépaisse, offre çà et là, des plaques brunes. Cet organe était fortement contracié et exactement partagé en deux portions, l'une cardiaque et l'autre pylorique. La membrane séreuse était trèsinjectée, et l'iléum enflammé à quelques pouces du colon. Ceiuici était rétréci dans toute son étendue et sans traces d'inflammation. Epanchement considérable d'un fluide limpide entre l'arachnoïde et la pie-mère ; substance médullaire du cerveau plus blanche que de coutume, ainsi que le plexus choroïde, ce qui serait en opposition avec l'observation de Thompson sur les chiens. (M. W. Royston, Bullet, méd., tom. XLVI.)

Observation II. Une jeune fille, avale, pour du sel Depsum, 30 gram. (I once) d'acide oxalique, dissous dans un verre d'eau chaude. Cinq minutes après, douleurs vives et violentes d'estomac; efforts inutiles de vomissements, que ne provoquent inême pas les boissons aqueuses et huileuses abondantes. Les douleurs deviennent atroces; la malade s'agite en tous sens, s'écrie que quelque chose lui brûle le foie; elle tombe en con

vulsion et cesse bientôt de vivre, malgré l'emploi des stimulants aromatiques, ammoniacaux et alcooliques. Autopsie : estomac rempli d'un liquide foncé semblal:le à du marc de café, et, pour tout désordre, vaisseaux gorgés d'un sang noir; du reste le tube alimentaire était sain. (Biblioth. méd., Thompson.)

Traitement. Faciliter les vomissements, lorsqu'ils ont lieu, par la titillation de la luette et de la base de la langue, par l'administration des boissons huileuses ; les liquides aqueux ayant pour inconvénient de dissoudre le poison, d'activer son absorption et d'accroître par conséquent ses effets toxiques. Si cependant on y avait recours, il faudrait les donner en grande quantité. En associant les huiles fixes aux boissons aqueuses, on facilite l'expulsion du poison et on diminue son action corrosive sur les tissus. Lorsque les vomissements sont nuis, il faut les provoquer par un émétique. On doit donner la magnésie, la chaux ou le carbonate de chaux pulvérisés, comme contrepoisons, parce que le savon, les carbonates alcalins, forment, avec l'acide oxalique, un oxalate de potasse soluble presque aussi actif. Enfin, pour combattre les effets toxiques, on fait la médecine des symptômes; malheureusement, les effets de ce poison sont si prompts et si redoutables, que, dans la majorité des cas, le traitement devient impuissant. L'opium est indiqué pour calmer les douleurs, les symptômes nerveux.

OXALATE ACIDE DE POTASSE.

L'oxalate acide de potasse, bioxalate de potasse ou potassique, sel d'oseille, est un sel blanc, à cristallisation confuse, inodore, d'une saveur fortement acide , inaltérable à l'air, peu soluble dans l'eau. Il se décompose sur les charbons ardents sans noircir, dégage des vapeurs blanches acides, piquantes, et laisse , pour résidu, du carbonate de potasse. Chauffé avec l'acide sulfurique, il donne, comme l'acide oxalique , un mélange gazeux, composé à volume égal d'oxyde de carbone et d'acide carbonique. Dissous dans l'eau, il offre les mêmes réactions que les solutés d'acide oxalique et de potasse. Le sel d'oseille peut être sophistiqué avec la crême de tartre ou le sulfate acide de potasse ; dans le premier cas, projeté sur les charbons ardents, il noircit, se boursouffle et répand l'odeur empireumatique du tartre brûlé; dans le second, son soluté, forme, avec le nitrate de baryte, un précipité blanc de sulfate de baryte carastéristique.

On décèle le sel d'oseille dans les mélanges organiques par les mêmes procédés que nous avons indiqués en parlant de l'acide oxalique et de la potasse. Il importe de ne pas oublier que plusieurs aliments et médicaments en contiennent; les diverses espèces de rumex, d'oxalis, de rheum, l'oseille, les rhubarbes, ainsi que les fruits d'épine-vinette, etc. Ce sel est-il éliminé

par

les urines? les rend-il alcalines ? est-il converti en partie en carbonate de potasse comme la crême de tartre? Wæhler ne dit pas l'avoir expérimenté.

Effels toxiques. Coïndet et Christison, ont observé que, les oxalates neutres de potasse et d'ammoniaque, sont peu inférieurs en énergie à l'acide oxalique, qu'à petite dose et étendus d'eau, ils irritent à peine l'estomac, produisent le tétanos et le coma, et une mort prompte : ainsi, 2 grammes d'oxalate de potasse tuent un lapin en dix-sept minutes, et 450 centigram. d'oxalate d'ammoniaque, un chat, en neuf minutes. Ils n'ont pas expérimenté le sel d'oseille. Ils pensent qu'il est moins actif que les sels précédents, à cause de son peu de solubilité, que, cependant, il doit être toxique à dose modérée. L'observation suivante, quoique incomplète, confirme ces prévisions.

La femme Lebin, âgée de vingt-huit ans , voulant sevrer son enfant, se procura du sel pour faire passer son lait. On lui dit d'en prendre une cuillerée à café, délayé dans une tisane appropriée , tous les matins à jeun. La première prise occa sionna des vomissements assez abondants que cette femme attribua à une révolution de lait; à la seconde, les vomissements furent plus abondants, noirâtres et sanguinolents; elle eut des douleurs vives à la région épigastrique; à la troisième dose, qui fut prise le troisième jour à cinq heures du matin, elle perdit la raison, devint folle, alla chercher de l'eau à la fontaine dans des vases qui en étaient déjà remplis, et succomba à six heures, avant qu'aucun secours pût être administré.

L'expertise chimique donna les résultats suivants. Le sel restant était en poudre blanche, d'une saveur acide et styptique; son poids de 12 grammes, et, le contenu d'une cuiller à café de 5 gram. Dissous dans l'eau, le soluté, qui était acide, a donné, par l'acétate de plomb et l'hydrogène sulfure (voy, le procédé de Christison), de l'acide oxalique cristallisé. Quelques crisiaux de cet acide, dissous dans un peu d'eau, mêlés à un soluté de perchlorure d'or, et portés à l'ébullition dans une capsule de porcelaine, celle-ci s'est tapissée d'une couche aurifère. Ce réactif peut déceler 1/1 28 de grain d'acide oxalique. Des matières des vomissements ou contenues dans l'estomac, on a retiré 2 gram. 20 centigram. d'acide oxalique cristallisé. Il a été reconnu que le sel antilaiteux était un mélange d'oxalate et de sulfate de potasse. (Magouty, Gazette médic. 1839.)

EMPOISONNEMENT PAR LES ACIDES TARTRIQUE ET CITRIQUE.

Ces deux acides sont solides, translucides, incolores, inodores, d'une saveur très-acide et piquante, cristallisés, le premier, en prismus hexaériques ou en lames, le second, en prismes rhomboïdaux, 1° ils rougissent fortement le papier bleu de tournesol humide; 20 chauftes dans un tube de verre, ils se décomposent en produitpyrogenes acides et laissent un résidu brun-noirâtre, 30 ils sont solubles dans l'eau et l'alcool; leur soluté donne un précipité blanc par le nitrate d'argent (tartrate ou citrate d'argent), qui, lavé, desséché et chauffé sur une plaque de verre, noircit, se décompose sans détonnation, et laisse, pour residu, de l'argent; 4° le soluté d'acide tar. trique, forme, avec l'eau de chaux, un precipité blanc (tartrate de chaux), soluble dans un excès d'acide, tandis que l'acide citrique ne précipite point par ce réactif : ces caractères distinguent ces deux acides l'un de l'autre et de l'acide oxalique. On démontrerait leur présence dans les matières organiques par le sous-acétate de plomb et l'acide hydrosulfurique, comme nous l'avons indiqué pour l'acide oxalique (procédé Christison).

Effels toxiques. Presque tout ce que nous savons sur ces

deux acides résulte des expériences sur les animaux ; aussi, sont-ils cousidérés à tort comme poisons. 4 gram.d'acide tartrique sont sans effets sur les chats ( Coïndet et Christison). Siebold, a dit à ce dernier, qu'un de ses amis avait pris, par mégarde, 24 gram. de cet acide, en vingt-quatre heures, sans accident. D'après Pommer, injecté dans les veines, ce poison serait aussi actif que l'acide oxalique. 75 centigr. dissous dans 15 gram. d'eau, injecté, en quatre reprises, dans la veine fémorale; à chaque fois, il y a eu des selles, la respiration est devenue difficile et la mort a été très-prompte. La contractilitédu cæur s'est. conservée pendant longtemps; tandis qu'elle s'éteint immédiateinent dans l'empoisonnement par l'acide oxalique. Wæhler ayant fait mangerà un chien 8 gram. d'acide tartrique dans une pâtée, l'a retrouvé cinq heures après dans les urines, à l'état d'acide tartrique et de tartrate de chaux. Il n'y a pas eu d'intoxication,

Nous aurions voulu rapporter une observation d'empoisonnement par la crême de tartre; malheureusement, nous l'avons égarée. D'après Wæhler, ce sel, ainsi que l'acétate, le tartrate de potasse de soude, donnés à des chiens dans une pâtée, passent bientôt dans les urines, convertis en partie ou en totalité en carbonates alcalins; ils rendent, par conséquent, les urines alcalines, fait important, et dont on peut tirer parti en thérapeutique.

Résumé et questions médico-légales sur les poisons acides.

Afin d'éviter les répétitions, nous renverrons au résumé sur les poisons minéraux et à l'einpoisonnement en général ; nous dirons seulement : 10 que, les acides, se distinguent des autres poisons, par leur réaction fortement acide et la propriété de ne pas précipiter par la potasse et l'acide hydrosulfurique; 2° que, tels qu'on les trouve dans le commerce, trois, l'oxalique, le lartrique et le citrique sont solides; mais, le premier, est completement volatil, et les deux autres, sont décomposés par la chaleur; 3o que, les acides acétique et hydrochlorique se distinguent, le premier, à son odeur, et, le deuxième à ses vapeurs caractéristiques; 4o quant aux autres acides, ils

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