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générale, caractérisée par la fréquence et la plénitude du pouls, la chaleur à la peau, des convulsions, laquelle fut bientôt remplacée par un état hyposthénique, ct surtout par la slupeur, le coma. Ces derniers accidents combattus par des sinapismes aux extrémités, par des frictions avec de l'alcool cainphré, furent à leur tour remplacés par une inflammation gastro-intestinale, qui, céda aux antiphlogistiques.

EMPOISONNEMENT PAR LES PRÉPARATIONS DE BARYTE.

Trois préparations, la baryle, le carbonate et l'hydrochlorate, sont considérées comme toxiques; nul doute que les autres préparations, et surtout, celles qui sont solubles dans l'eaư, ne le soient aussi.

A. Baryte caustique ou anhydre. En masses poreuses, grisâtre, infusible et non volatile sur les charbons ardents. Elle se delite et se carbonate à l'air. Humecté d'eau, elle l'absorbe avec dégagement de calorique, et se réduit en poudre blanche (hydrate de protoxyde de baryum), d'une saveur âcre, caustique, soluble dans 20 parties d'eau froide. Le soluté ramène au bleu le papier rouge de tournesol, précipite par un courant d'acide carbonique ou d'air expiré, et donne, par l'acide sulfurique ou un sulfate soluble, un précipité blanc (salfate de baryre), pesant, insoluble dans l'eau, l'acide sulfurique et nitrique, et non colorable en noir par l'acide hydrosulfurique.

B. Carbonate de baryte. En masses translucides, ou en poudre blanche, inodore, indécomposable par la chaleur seule, et réductible en baryte, par l'action combinée de la chaleur et du charbon. Insoluble dans l'eau, il se dissout avec effervescence dans l'acide hydrochlorique, laisse dégager du gaz acide carbonique, et passe à l'état d'hydrochlorate, dont nous allons exposer les caractères.

C. Hydrochlorate de baryte, chlorure de baryum, muriate de baryte. Cristallisée en plaques ou en prisnies à quatre pans, incolores, transparents, inodore, d'une saveur amère, piquante. Il décrépite sur les charbons ardents, et perd son eau de cristallisation. Il se dissout dans quatre parties d'eau à 150. Le

soluté, qui est neutre, donne, par l'acide sulfurique, les carbonates et sulfates solubles, les mêmes réactions que l'eau de baryte, et par le nitrate d'argent, un précipité blanc, caillebotté (chlorure d'argent), dont les caraetères sont connus. N'étant pas soluble dans l'alcool, l'hydrochlorate de baryte ne communique pas une teinte purpurine à sa flamme, comme celui de strontiane.

Préparations de baryte et matières organiques. Le carbonate de baryte est insoluble dans l'eau, et transformé en sel soluble par les acides acétique et hydrochlorique, etc. La baryte et l'hydrochlorate sont au contraire solubles dans ce liquide, mais peuvent être convertis en carbonates, tartrates et sulfates insolubles, par les carbonates, les tartrates et les sulfates solubles. Les matières organiques renferniant habituellement ces acides ou ces sels, les préparations de baryte se rencontreront en dissolution dans les parties liquides, ou à l'état de carbonate, de tartrate, de sulfate insolubles, dans les parties solides, dans les dépôts, ou à la surface du tube intestinal. C'est par suite de ces réactions salines, que le vin et la plupart des liquides organiques, l'eau elle-même, sont troublés par ces poisons, qui du reste, ont fort peu d'action sur les matières organiques elles-mêmes. La baryte, comme les alcalis minéraux, ne change pas l'aspect des liquides albumineux, gélatineux, caséeux, tels que le lait, etc.

Analyses. Après avoir constaté les caractères des mélanges organiques, et surtout, leur réaction par le papier tournesol (elle serait alcaline s'ils renfermaient de la baryte), séparez les liquides des solides et des dépôts par filtration, versez sur les liquides filtrés, un soluté de sulfate de soude, jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité de sulfate de baryte. Chauffez les dépôts, les parties solides, le tube intestinal, etc., après les avoir divisés, avec suffisante quantité d'acide azotique pur, étendu de parties égales d'eau, jusqu'à ce qu'ils soient complétement dissous; étendez le soluté d'eau, et précipitez-le par le sulfate de soude. Le précipité ou sulfate de baryte obtenu dans les deux cas, sera chauffé avec de l'acide azotique affaibli, afin de le

priver complétement de matière organique, lavé a grande eau, et l'on constatera qu'il est insoluble dans l'eau, dans les acides sulfurique et nitrique, et non colorable en noir par l'acide hydrosulfurique, caractère qui le distingue du sulfate de plomb. Ce procédé nous paraît plus expéditif, plus prompt, et aussi certain

que les deux suivants. Si du carbonate de baryte avait été administré, si on avait donné un sulfate soluble comme contrepoison, on trouverait dans les dépôts, dans les matières alimentaires solides, ou à la surface du tube intestinal, le carbonate ou le sulfate de baryte, en poudre blanche, qu'il serait facile d'isoler par reposition et décantation, ou par le procédé précédent.

M. Orfila précipite les liquides par le sulfate de soude, transforme le sulfate de baryte obtenu en sulfure, en le chauffant au rouge brun avec du charbon, pendant une demiheure, le salfure en nitrate en traitant le résidu par l'acide azotique, et, dans le nitrate, constate la présence de la baryte par les réactifs ordinaires. Il calcine jusqu'à incinération, dans un creuset, les parties solides, le tube intestinal, etc., traite les cendres qui renferment de la baryte ou du sulfure de baryum, par l'eau ou l'acide nitrique, filtre, et dans les liquides filtrés, reconnaît la baryte comme ci-dessus.

M. Devergie précipite aussi les liquides filtrés par le sulfate de soude, après avoir préalablement décoloré les liquides colorés, ou coagulé par un courant de chlore, les liquides caséeux, tels que le lait , après en avoir élevé la tenupérature à 30 ou 40°. Il dissout à chaud , les parties solides, et surtout le tube intestinal dans de l'acide hydrochlorique fumant, fait ensuite passer à travers un courant de chlore pour décomposer la matière organique, filtre, chauffe pour dégager l'excès de chlore, précipite les liqueurs par le sulfate de soude, et dans les deux cas, traite le sulfate de baryte obtenu, comme l'indique Orfila.

Essets toxiques el altérations pathologiques. Presque tout ce nous savons à cet égard, résulte des expériences sur les animaux. De ces expériences et de quelques observations chez l'homme, on peut conclure; 1o que les préparations de baryte sont assez actives, et d'autant plus qu'elles sont plus solubles dans l'eau ; 2° quelles sont absorbées, puisque Tiedmann et Gmelin ont retrouvé l'hydrochlorate dans les urines, et surtout dans le sang des veines mésaraïques et de la veine porte, quatre heures après son ingestion dans l'estomac; 3o quelles produisent leur effet toxique par la méthode d'ingestion et endermique; 4° qu'enfin, elles ont une action locale, acre, irritante, déterminent l'inflammation du tube intestinal, mais que la mort résulte plutôt de leurs effets éloignés, soit sur le systeme nerveux, soit directement ou indirectement sur le système circulatoire, comme l'indiquent les symptômes convulsifs ou tétaniques, et l'affaissement général, etc. Ces effets peuvent se généraliser de la manière suivante : Nausées; vomissements ou grands efforts pour vomir; évacuations alvines; vertigcs, céphalalgie, surdité, mouvements convulsifs plus ou moins violents, généraux ou partiels; dilatation des pupilles; insensibilité générale ou partielle ; quelquefois paralysie; crampes ; palpitations; mort assez prompte, ou rétablissement après un temps très-long. Les symptômes nerveux sont ceux qui persistent le plus.

Observation chez l'homme Peu de faits sont à notre connaissance. L'observation thérapeutique démontre que l'hydrochlorate de baryte, donné par doses fractionnées de 10 à 20 centigr. et progressivement jusqu'à 1 à 2 gram., agit comme contre-stimulant puissant, que le pouls descend quelquefois à 60, 50 et même 40 pulsations, que cependant, à cette dernière dose, il produit ordinairement des vertiges de la céphalalgie. Christison a vu souvent des coliques et de la diarrhée être occasionnées par des doses ordinaires de ce sel. Il cite un homme qui ayant pris 80 à 100 gouttes de son soluté, au lieu de 16 gouttes, éprouva, en quelques instants, une diarrhée violente, des vomissements, et, une heure après, une débilité musculaire excessive, approchant de la paraplégie, avec sensibilité obtuse des membres, état qui dura vingt-quatre heures et se dissipa graduellement. Une jeune fille qui prit 30 gra. (1 once) d'hydrochlorate de baryte pour du sel de glaubert, éprouva, presque immédiatement, un sentiment de brûlure dans l'estomac, des vomissements, des convulsions, de la céphalalgie, de la surdité et succomba au bout d'une heure.

Une jeune femme, à jeun depuis vingt-quatre heures, et probablement sous l'influence d'une affection morale, remplit à moitié une tasse à thé de carbonate de baryte en poudre, ajouta de l'eau et avala le tout, sans y trouver aucun goût. Peu après on lui donna une médecine qui la fit vomir. Deux heures après, en se rendant à l'hôpital de Midlesex, elle éprouva , pour la première fois, de l'obscurité de la vision, suivie de diploplie, des tiniements d'oreilles, de la céphalalgie, des battements dans les tempes; la sensatiou de distension, de pesanteur à l'épigastre. Elle se sentait comme gonflée par des gaz (probablement par le gaz acide carbonique résultant de la décomposition du carbonate par les acides de l'estomac), et se plaignait de palpitations. Quand elle fut couchée, elle accusa des douleurs dans les jambes et les genoux, des crampes dans les mollets ; vomit à deux reprises une matière qui ressemblait à un mélange de chaux et d'eau et qui déposa. La peau était chaude et sèche, le visage injecté, le pouls a 80 pulsations, plein, dur. On donna du sulfate de magnésie à dose répétée. Pendant la nuit, il y ent jusqu'à 15 selles, de la céphalalgie, de l'insomnie, des douleurs épigastriques, des tintements d'oreilles. Le lendemain, la peau était chaude, couverte de sueur, le larynx légèrement douloureux, la langue humide et couverte d'un enduit blanchâtre. Deux jours après, les crampes devinrent très-intenses dans tous les membres, qui étaient trèsdouloureux au toucher, et dans lesquels, la malade accusait une sensation de pesanteur. Ces symptômes persistèrent pendant longtemps ; mais les plus tenaces furent la céphalalgie, la douleur à l'épigastre,des palpitations violentes et prolongées. La guérison ne s'opéra que lentement. (Archiv.. gen., 1835). 4 gram. de carbonate de baryte a été fatal chez une autre femme. Ledo Johnstone en a avalé 50 centig. sans accidents.

Expériences sur les animaux. 165 centig. de baryte caustique en poudre, ingérée dans l'estomac, produisent des vomissements verdâtres, sanguinolents, l'insensibilité générale, un

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