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ensuite quand on sature le soluté par un acide; 40 enfin, les sulfures d'arsenic, chauffés avec de l'acide azotique ou de l'eau régale, sont transformés en acides sulfurique et arsenique, qui, offre les réactions que nous indiq uerons ci-après, et donne de l'arsenic à l'appareil de Marsh.

Sulfures d'arsenic et matières organiques. Les sulfures d'arsenic, quoique employés dans les arts, le sont bien rarement comme poison. Ils servent dans la peinture, à colorer les joujoux et quelquefois les bonbons. Le sulfure jaune entre dans le baume vert, le col!yre de Lenfranc. N'étant que peu solubles dans l'eau, mais cédant de l'acide arsénieux à ce liquide, soit qu'ils en contiennent, tels que les sulfures rouge et jaune artificiels, soit que, par un contact prolongé avec des liquides organiques, ils soient transformés en acides arséniens et hydrosulfurique (Decourdemanche); on les trouvera donc dans les matières alimentaires, dans celles des vomissements, dans le tube intestinal, dans les fèces ou sur les parois des vases; 1° en nature et sous forme de paillettes brillantes jaunatres ou rougeâtres qu'il sera facile d'isoler par des lavages, en raison de levr densité; 2° à l'état d'acide arsénieux dans ces mêmes matières, ainsi que dans le foie, la rate, les reins, les urines, etc., et alors on emploiera les mêmes procédés que pour déceler ce poison. La présence du sulfure d'arsenic dans le tube intestinal, n'indique pas qu'il ait été administré en nature. Christison, Orfila, etc., ont trouvé, dans plusieurs cas d'expertise légale, des fragments d'acide arsénieux colorés en jaune ou transformés en sulfure par l'acide sulfhydrique, développé spontanément dans les organes intestinaux.

C. IoDURE D'ARSENIC. Solide d'un beau rouge de laque, très-fusible. Chauffé avec du flux noir, il donne de l'arsenic et de l'iodure de potassium. Il est soluble dans l'eau ; le soluté forine avec l'hydrogène su furé, un précipité jaune de soufre et de sulfure d'arsenic qu'on sépare par i'ammoniaque. Il colore l'amidon en bieu violet par l'addition de quelques gouttes de chlore, et donne, immédiatement, de l'arsenic dans l'appareil de Mar:h.

D. ACIDE ARSENIQUE. Solide, en masses blanches, ou liquide, incolore, de consistance visqueuse. 10 Sur les charbons ardents, il fond, se boursoufle et se vaporise ensuite en vapeurs blanches à odeur alliacée; 20 chauffé dans un tube à réduction avec du flux noir, il se réduit en arsenic; 3° très-hygrométrique et très-soluble dans l'eau; le soluté qui est fortement acide, offre les mêmes réactions que les arseniates solubles, et donne de l'arsenic à l'appareil de Marsh.

E. ARSENITES-ARSENIATES. 1° Ils répandent l'odeur alliacée sur les charbons ardents, et donnent de l'arsenic par la réduction au flux noir; 20 ceux de potasse, de soude et d'ammonjaque, sont seuls solubles dans l'eau. Les insolubles sont transformés en sels solubles, en les faisant bouillir avec du carbonate de potasse; il se forme un arsenite ou arséniate de

po. tasse solubles, et un carbonate insoluble, dont on sépare la base par l'acide azotique pour en constater les caractères. Les arsenites solubles offrent les niêmes réactions que les solutés d'acide arsenieux. Les arseniates solubles, traités 1° par l'acide sulfhydrique et quelques gouttes d'acide chlorhydrique, ne se colorent et ne précipitent du sulfure jaune d'arsenic qu'au bout d'un certain temps, ou qu'après ébullition ; 2° par le nitrate d'argent ammoniacal, ils donnent un précipité rougebrique (arséniate d'argent); 30 par le sulfate de cuivre ammoniacal, un précipité blanc-bleudtre (arséniate de cuivre); 49 par l'eau de chaux, de Baryte , en excès, un précipité blanc (arséniate de chaux). Ces réactions, la couleur des précipités, distinguent les arséniates et l'acide arsenique, des arsenites et de l'acide arsénieux.

Nous citerons parmi les arsénites et arséniates les plus importants : 1° L'arsenite de potasse : En masses amorphes d'un blanc sale; 2° le bi-arseniate de potasse: En prismes à quatre faces incolores, inalterable a l'air, d'une saveur et à réaction acide; 3° l'arseniate de soude : En prismes hexagones, réguliers, incolorés et d'une saveur amère; 4° l'arseniate d'ammoniaque : En prismes rhomboïdaux incolorés et légèrement efflorescents; 5° l'arsenite et arséniate de proto et de sesquioxyde de fer : en poudre verte ou brune insolubles, mais facilement décomposables par les acides.

L'acide arsénieux entre dans la composition des pilules asiatiques, de Barton, dans la teinture minérale de Fowler, à l'état d'arsenite de potasse ; dans les poudres et pâtes arseniales du frère Cosme, de Rousselot, de Dubois, où il est associé avec le sang-dragon, le sulfure de mercure; dans celles de Dupuytren, de Justamon, etc.; dans le savon de Bæceur; composé d'acide arsénieux, 1,000 gram. (2 liv.); savon blanc, 1,000 gram. (2 liv.); carbonate de potasse, 360 gram. (12 onc.); chaux pulvérisée, 120 gram. (4 onc.); camphre, 150 gram. (5 onc.); il sert à conserver les objets d'histoire-naturelle. Le sulfure jaune d'arsenic sert à composer le collyre de Lenfranc, les poudres épilatoires ; et l'arséniate de soude, la liqueur de Péarson.

La formule de ces diverses préparations et de bien d'autres qu'il serait trop long de citer, étant inscrite dans les formulaires, dans les ouvrages de pharmacie, le médecin-expert, doit, avant de les soumettre à l'analyse, s'assurer des substances qui sont associées à l'arsenic. Il saura, d'après la nature de ces substances, la direction à donner à ses recherches. Si l'acide arsénieux était associé au sulfure de mercure, au sang-dragon, à la graisse, comme dans les poudres et pâtes arsenicales, ces trois derniers corps étant insolubles dans l'eau, il séparerait l'acide arsénieux par l'ébullition de ces préparations dans ce liquide; la graisse viendrait surnager, l'acide arsénieux se dissoudrait dans l'eau, et le sulfure de mercure et le sang-dragon se déposeraient.Ce dernier corps étant soluble dans l'alcool, non le sulfure, on les séparerait à l'aide de ce véhicule.On agirait de même sur les poudres ou pâtes arsenica les qu'on aurait appliquées sur un tissu, etc.

Effets toxiques des préparations arsenicales. De toutes les préparations arsénicales, les plus actives, sont, les acides arsénieux et arsénique, les arséniates et arsénites de potasse de soude et d'ammoniaque, par conséquent le plus solubles dans l'eau. Le gaz hydrogène arsénié est aussi très-actif.

L'arsenic pur ou non oxydé ne serait pas poison d'après Bayen et Deyeux. Ils en ont donné environ 1 granime (1 drachme) à un chat, sans accidents. Renault a constaté aussi l'innocuité des alliages d'arsenic, du mispitkel, par exemple, sur les animaux; et Bayen et Charlard, celle d'un alliage d'étain très-chargé d'arsenic. Dans une expertise légale , MM. Orfila, Chevalier et Barruel, ayant trouvé dans l'estomac d'un cadavre, soupçonné d'être mort empoisonné, de l'arsenic inétallique mêlé à de l'oxyde de fer, à du sable quartzeux, et n'ayant pas trouvé de l'acide arsenieux dans la partie liquide des aliments, pensent que l'arsenic métallique est poison. Les chiens, auxquels ils ont donné 1 gramme de cette matière, ont éprouvé les symptômes de l’einpoisonnement arsenical et sont morts dix heures après. Comme le métal était à l'état pulverulent, et qu'il offrait les caractères de l'arsenic cobaltique, il eût été important de s'assurer si, par la sublimation, dans un vase fermé, il n'aurait pas donné de l'acide arsénieux.En admettant que l'arsenic non oxyde ne soit pas poison, peut-être acquerrait-il cette propriété dans le tube intestinal, puisqu'il s'oxyde au contact de l'eau aérée.

L'arsenic du commerce, testacé ou cobaltique, la poudre aux mouches et l'oxyde noir d'arsenic, étant composés d'arsenic et d'acide arsénieux, possèdent des propriétés toxiques très-développées et presque égales à celles de ce dernier; c'est ce que démontrent les expériences sur les animaux et les observations chez l'homme { Obsery. xvii. ). D'après Renault, 20 centigr. (4 grains) d'oxyde noir d'arsenic ou de poudre aux mouches intoxiquent les chiens quand on s'oppose aux vomissements. Sproegel a constaté aussi lesesfets toxiques du cobalt testacé sur ces animaux, et Kundmann, sur l'homme.

Les sulfures d'arsenic naturels seraient sans effois sur les chiens, à la dose de 4 à 8 grammes ( 1 à 2 gros ), d'après Renault; tandis que, cette quantité, serait toxique pour ces animaux, même appliquée sur le tissu cellulaire, d'après Smith

et Orfila. Des faits aussi contradictoires ne s'expliquent que parce que ces expérimentateurs auront opéré avec des sulfures inégalement purs, privés ou non d'acide arsénieux. Les sulfures artificiels jaunes et rouges, sont toxiques pour ces animaux, à la dose de 15 à 20 centigram., quand on s'oppose aux vomissements, et à celle de 40 centigr. à 4 grain., lorsqu'ils sont appliqués sur le tissu cellulaire. Ce degré d'activité se conçoit facilement, puisqu'ils renferment de l'acide arsénieux, et que d'après Decourdemanche, ils se transformeraient, au contact de l'eau, en acide arsénieux et en hydrogène sulfuré, lors même qu'ils sont parfaitement lavés.

Cette réaction, qui peut s'opérer au bout de deux heures , est encore bien plus prompte et plus complète dans les liqui des visqueux, gélatineux, amidonnés, chargés enfin de matière organique. Les sulfures naturels subissent aussi cette transformation, et, c'est ainsi que M. Decourde manche explique leur effet toxique. Le sulfure artificiel, obtenu par précipitation, est poison à la dose de 50 a 60 grains, même lorsqu'il est parfaitement lavé, qu'il soit appliqué sur le tissu cellulaire, ou ingéré dans l'estomac, mais alors l'æsophage étant lié (Orfila ).

L’iodure d'arsenic, d'après Thomson, est un poison très violent; il enflamme, ramollit, gélatinise les tissus, les ulcère, et exerce une influence délétère sur le cœur, le centre nerveux et l'estomac, quelle que soit la surface où on l'applique

Les arsénites et arséniates insolubles ne devraient pas être toxiques, en raison même de leur insolubilité, cependant, l'expérience et l'observation démontrent le contraire : ainsi l'arsenite de cuivre est toxique pour l'homme, et celui de fer pour les animaux. On admet que les acides de l'estomac, i'acétique, le chlorhydrique, s'emparent de la base de ces arsenites ou arséniales et mettent les acides arsénieux et arsénique a nu. Cette explication est probablement la vraie. Cependant, nous ferons remarquer que, des corps insolubles, sont toxiques, lorsqu'ils sont ingérés dans l'estomac, quoiqu'on ait eu le

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