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c. Conclusion.

· Les conclusions doivent être la conséquence rigoureuse des faits. Elles peuvent être affirmatives, négatives, ou établir de plus ou moins grandes probabilités. On peut donner une conclusion générale déduite de l'ensemble des faits, ou bien consacrer une conclusion spéciale à chaque fait en particulier, et terminer par une conclusion générale. Cette dernière manière de procéder nous paraît préférable.

CONSULTATIONS MÉDICO-LÉGALES.

On donne ce nom à l'examen approfondi et motivé, par de nouveaux experts, des rapports médicaux ou autres pièces analogues faits en justice à l'occasion d'une affaire criminelle ou correctionnelle. Les consultations médico-légales sont demandées

par le ministère public, et quelquefois par la partie inculpée, soitavant, mais le p'us souvent après le jugement. Dans le premier cas, les experts sont appelés chez le magistrat pour recevoir les pièces et prêter serinent. Une consultation inélicolégale se compose de quatre parties distinctes : 1° le préambule, dont la formule, la mène que celle des rapports, en ditfère seuleinent par la nature de la mission. Il faut indiquer par numéro d'ordre les titres des pièces diverses qu'on a reçues; 2. l'exposilion des fails , ou extrait méthodique de tous les faits contenus dans les pièces remises, et classes dans l'ordre d'ap: ès lequel ils se sont présentés. C'est ainsi que, daus un empoisoupement, on retrace les circonstances qui ont précédé le délit, les symptômes morbides, les altérations pathologiques, les analyses chimiques ; on a soin de souligner les faits les plus importants, et sur lesquels on veut surtout établir les discussions, déduire les conclusions ; 3o la discussion des faits; partie la plus difficile et la plus délicate, et celle qui constitue essentielle:nent une consultation médico-legale. Il frul commenter les faits, les discuter, soit isolément, soit groupés ensemble, motiver son opinion sur des faits existants et avérés, semblables ou

analogues, confirmées par des expériences sur les animaux, de nouvelles recherches chimiques, des jugements rendus antérieurement. 4° les conclusions : déduites de la discussion des faits, elles doivent être disposées par numéro d'ordre, motivées et commentées de manière à faire ressortir ce en quoi elles différent de celles des pièces, des rapports qui font le sujet de l'examen.

LES RAPPORTS ET LES CONSULTATIONS concernent : 1° la relation des effets; 2° la levée de corps ; 3° l'aulopsie; 4° Vexhumation ; 5° l'analyse; 6° les contre-expertises ; 7° les questions relatives aux poisons dits normaux, accidentels, d'imbibition, à la dose toxique, aux expériences et observations sur les animaux; 8o la falsification des aliments, les taches diverses, l'altération des actes, des monnaies, la coloration des cheveux. Dans la Toxicologie générale nous donnons un rapport sur ces divers sujets ainsi que les règles à suivre, et, à chaque empoisonnement, l'analyse des rapports, des questions qu'il a soulevées. Aux préparations arsénicales, on trouvera deux modèles de rapports. Quant aux analyses toxicologiques, voyez la marche à suivre page 2, les réactifs et chaque poison en particulier pour le choix des vases, la manière de procéder, afin de ne pas commettre d'erreur.

AUTOPSIE. - SIGNES DE LA MORT.

Dans la relation des effets, il faut noter les désordres organiques et fonctionnels par ordre physiologique, en insistant spécialement sur ceux qui paraissent caractéristiques, et, ainsi que dans la levée de corps, indiquer toutes les circonstances qui se rattachent au crime, l'état des lieux, des vêtements, du corps, recueillir les matières des vomissements, des déjections, les urines, les objets qui en sont imprégnés, les aliments, les médicaments qui ont été administrés. Dans le cas de mort on doit s'assurer si elle est réelle, et s'il est nécessaire de procéder à l'autopsie. Pour procéder à cette opération, il faut se munir des instruments nécessaires, des vases, bouchons,

vessies ou parchemin, ficelle, éponges pour recueillir les matières suspectes, et du papier, des plumes, encre, cire à cacheter, pour prendre des notes, étiqueter, numéroter et cacheter chaque objet. On procède à cette opération comme il est dit ci-après, en constatant au fur et à mesure les lésions, et déposant les objets dans autant de vases qu'il doit y avoir d'analyses distinctes : matière des vomissements,-estomac, intestins et leur contenu, -foie, rate,-poumons, ceur,-muscles psoasøet iliaque, etc. Si on se sert d'alcool pour conserver ces matières, on en met séparément 200 gram. dans un vase numéroté et étiqueté.

LES SIGNES DE LA MORT sont immédiats ou éloignés. Les premiers sont très-nombreux : l'aspect cadavéreux de la face, le refroidissement du corps et des ouvertures naturelles, l'absence de la respiration, l'effet des stimulants sur la muqueuse nasale, d'un fer chaud ou des caustiques sur la plante des pieds, etc. Mais il en est trois, d'après M. Bouchut (rapport de M. Rayer), qui, réunis, permettent d'affirmer que la mort est réelle : 1° l'absence des battements du caur sur les divers points ils peuvent être perçus, et cela pendant 5 minutes, ce qui fait en tout 25 à 50 minutes ; 2° la dilatation des pupilles avec flaccidité de l'ail, obscurcissement de la cornée; 3° le relâchement des sphincters.

Les signes éloignés, mais certains, sont les suivants : 1° l'absence de contractilité musculaire par les irritants, surtout par le galvanisme. Si l'irritabilité persiste encore, il n'y a pas certitude de mort, quoique ce ne soit pas ane preuve de vie. L'influence des poisons sous ce rapport n'est pas bien connue. Les expériences des auteurs dans l'intoxication par les acides sulfhydrique, cyanhydrique, les venins, a donné des résultats différents. 2° la rigidité cadavérique : elle se distingue de la raideur spasmodique en ce que, vaincue par un effort, la partie reste mobile, flexible, et de la raideur de la congelation par l'absence du bruit produit par la rupture des petits glacons. Comme l'irritabilité musculaire, elle est influencée, dans son développement, sa durée, par les maladies, la température, l'age des malades, la nature du poison, la durée de l'intoxication. Elle est constante, dure 24 & 36 heures, envahit successivement les muscles du cou, du tronc, abdominaux, thoraciques, et disparait dans le même ordre, 3° la putréfaction: elle n'attaque que les parties mortes, varie dans son développement, selon les circonstances extérieures ou individuelles, morbides, la nature du poison, envahit successivement le tronc, le ventre, la tête, le con, sans phénomènes inflammatoires. L'épiderme se ride, la peau pålit, devient grisâtre, verdâtre, bleue-noirâtre, et, ainsi que les tissus sous-jacents, dégage l'odeur putride. Ces caractères la distinguent des cour tusions violentes avec déchirure, et de la gangrène sèche, La gangrène humide s'accompagne d'inflammation.-M. Devergie pense qu'à l'aide de ces signes on peut déterminer à priori l'époque de la mort.—En ayant égard à leur développement, à leur succession, il établit deux périodes.

La première, qui comprend l'extinction de la chaleur, l'excitabilité musculaire, la rigidité cadavérique, la diminution du volume et du poids du corps, le retour des solides et des liquides de l'économie sous l'empire des lois physiques, est divisée en quatre époques.

Première époque. Conservation de la chaleur à un degré plus ou moins marqué; relâchement des muscles, soit général soit partiel ; excitabilité musculaire par les stimulants ou par le galvanisme. La mort (si elle est certaine) peut daler de deux à dix heures.

Deuxième époque. Chaleur éteinte; rigidité cadavérique ; muscles non exeitables par le galvanisme. La mort peut dater de dix heures à trois jours.

Troisième époque. Chaleur éteinte ; toutes les parties dans le relâchement; muscles non contractiles par le galvanisme ; couleur de la peau naturelle. La mort peut dater de trois à huit jours.

Quatrième époque. Augmentation du volume du corps ;

élasticité et rénitence de toutes les parties par le développement des gaz; muscles non excitables par le galvanisme; teinte verdâtre de l'abdomen : c'est le commencement de la putréfaction. La mort peut dater de six à douze jours.

Ces époques, comme le fait très bien remarquer M. Devergie, ne sont qu'approximatives. Les circonstances individuelles et surtout extérieures exercent une telle influence, que, pendant les chaleurs d'été, un cadavre peut offrir, dans les vingtquatre heures, la succession des phénomènes assignés aux quatre époques.

La deuxième période comprend tous les phénomènes de la putréfaction, et commence par conséquent par ceux de la quatrième époque. Ils sont très-variables dads leur développement, leur succession, selon la nature des milieux ambiants et bien d'autres circonstances.

Manière de procéder à l'autopsie.

1o Examen de la tête. Étant relevée et fléchie sur la poitrine, coupez et rasez les cheveux; divisez les tissus épicraniens par deux incisions cruciales, l'une s'étendant de la racine du nez à la partie postérieure et supérieure du cou, l'autre aux deux oreilles. Sciez circulairement le crâne au niveau du point du départ des incisions précitées, de manière à éviter les grandes secousses ; enlevez la calotte osseuse; incisez la dure-mère sur les côtés du sinus longitudinal supérieur et transversalement; rabattez-en les lambeaux ; coupez l'attache antérieure de la grande faux cérébrale et renversez-la en arrière ; lais- . sez le cerveau en place; notez l'état de sa surface, des membranes, des vaisseaux; coupez-le par tranches horizontales pour en observer les altérations et celles des ventricules; incisez la tente du cervelet pour l'examiner, ainsi que la protuberance annulaire; renversez la tête en arrière pour recueillir le liquide rachidien ; examinez les sinus cérébraux,

2. Examen de la face, du cou, de la poitrine.-Faites 1° deux sections latérales depuis la commissure des lèvres jusqu'aux conduits auditifs ; 2° une incision qui divise la lèvre inférieure à sa partie moyenne, et se prolonge jusqu'au sternum ; 3° une autre qui longe

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