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elle était dans un état de faiblessc extrême; viage påle; yenx cernés de noir, lèvres livides ct crispécs; peau chaude, humide; pouls faible, filiforme; hoquet. La nature de poison étant counur, on lui injecta dans l'estomac, à l'aide de la poinpe, une pinlc environ d'un insuse préparé avec 15 gram (4 gros) roses de Provins, eau, 1250 gram. (1litre et 1/2), additionné d'acide sollurique étendu, 12 gram. (3 gros), sucre, 45 gram. (1 once ct 1/2), dans le but de transsoriner l'acétate de plomb en sulfate insoluble. Après avoir retiré le liquide, on fit coucher la malade, et on appliqna des fomentations chaudes aux jambes, aux pieds. Ces moyens rappelèrent la patiente de la mort à la vie. Une heure après, 30 gram. d'huile de ricin ont produit des selles alondantcs. Le lendemain, il s'est déclaré une sorte lièvre, une donleur intense au creux de l'estoinac. Mixture saliné, sangsues, résica. toire à la région du caur. La malade a éprouvé un grand soulagement, et a quitté l'hôpital bien portantc, si ce n'est un baltcincnt remarqua. ble aux tempes, qu'elle avait avant l'accident. (Boyrenson, Gazet. méd. 1839).

Observation V. Le 23 avril 1816, Bax, tambour du qnarantesizièine, passionné pour le vin, but une fiole remplie d'extrait de saturne qu'il trouva dans la chambre d'un de ses camarades; il devint d'abord extrêmement pâle, se plaignit de constipation, d'anorcsie, d'ane gronde lassitude des extrémités, d'un aballement général. Le 24 ces symptôines augmentèrent, Le 25 au matin il cut des coliques qui allèrent en augmentant, avec sentiment d'étranglement et de contraction du ventre, des nausées, de fortes convulsions, des sucurs froides visqueuses avec aphonic, trismus. Fomentations chaudes avec la jusquiame et la camomille. Le maladc put à peine preudre des boissons à cau.e du resserrement des mâchoires, et succomba le 26 à six heures et derni du soir,

Autopsie : Corps d'un jaune pâle; ventre fort dur et très-contracté, estomac fortement philogosé, ses vaisscaux très-congestionnés et sa muquiense niacérée cà ct là, sou tout vers le pylore. La partic infériene de l'oesophage, le duodénum et le jéjunum, la portion ascendante et transversc du colon, le pancréas, une portion de méscntère, la rale, la face conoïde du foie étaient également enflammés. La résicule du liel reafermait beaucoup de bile. (Kerkhofli, Gazette de santé, 1820.)

Şi l'on rapprochait ces lésions de celles qu'a offertes Adrienne Merle (page 694), ainsi que les animaux empoisonnés par

MM. Canuet, Orfila, il faudrait en conclure queles préparations plombiques produisent un effet local de nature indammatoire; mais, d'un autre côté, M. Orfila a rapporté une obser. vation chez l'hoinme, dans laquelle il n'existait pas d'inflam mation dans le tube intestinal ; et les animaux intoxiqués par MM. Fjandin et Danger, Rognetta n'en ont pas osfert non plus. Les auteurs, selon nous, n'ont pas assez distingué, dans la plus part des expériences, des expertises légales, l'état purement congestionnel des muqueuses, de l'état inflammatoire, et l'on sai: qu'elles s'imbibent très facilement de sang, prennent par conséquent une couleur plus ou moins foncée, lorsque, par unc cause quelconque, ce liquide devient plus luide, esfet que produisent la plupart des poisons inorganiques; c'est qu'on prés sente aussi les animaux einpoisonnés lentement par l'injection d'un sel plombique dans les veines (page 636).

EMPOISONNEMENT PAR LES PRÉPARATIONS DE BISMUTH:

Le nitrate de bismuth est en gros cristaux prismatiques, incolore, translucide, inodore, d'une saveur acide, styptique, un peu hygrométrique; il devient opaque à sa surface. Il rougit le papier bleu de tournesol humide. 1° chaussé entre deux charbons ardents, il fond, fuse, dégage des vapeurs vitreuses, se transforme en une pouvre blanc-jaunâtre (oxyde de bismuth anhydr«), et se réduit en globules métalliques, d'un gris blanc argentin, avec reslet irisé. Ces globules sont cassants, ne se laissent

par la pointe d'un cauif, se dissolvent complétement dans l'acide azotique ou l'eau régale, à une légère clialeur; le soluté, s'il n'est pas trop acide, précipite en blanc par l'eau distillée, en noir par l'acide sulfhydrique, offre, enfin, les réactions des sels de bisinuth. Ces caractères distinguent sula lisamment ce méial de l'antimoine, etc.

Le nitrate de bismuth se dissout dans l'eau distillée et ordinaire, et se transforine immédiatement en nitrate acide, qui reste dissous, et en sous-nilrate de bismuth, (blanc de fard, magistère de bismuth), qui se dépose en petites paillettes

pas diviser

blanches. Ce dernier produit, tel qu'on le trouve dans les pharmacies, est ordinairement en poudre blanc-jaunâtre, qui peut-être n'est que de l'oxyde. Du reste, tous les deux sont réductibles sur les charbons comme le nitrate. Insolubles dans l'eau, ils se dissolvent dans l'acide azotique.

Les solutés de sels de bismuih précipitent: 10 par l'acide sulf hydrique, les sulfhydrates, en noi: (sulfure de bismulb); 2°par la polasse, en paillettes blanches (hydrate de protuxyde ). insoluble, dans un excès de réactif; 2° par le chromale de fo!asse, en jaune canari (chromate de bismuth); 4° par l'iodurede polassium, en jaune-rougeâtre d'abord, puis en brunchocolat (iodure de bismuib), soluble dans un excès de réactif; le soluté est d'un jaune doré brillant; 5° par la teinture de noix de galle, en jaune sale (fannate de bismuib); 6" par le cyanure jaune de potassium et de fer, en blanc légèrement jaunâtre. 70 enfin, l'acide sulfurique ne précipite pas les sels de bismuth; une lame de zinc bien décapée en dépose le métal.

Les sels de bismuth offrent des réactions à peu près analogues aux sels de plomb ; ils s'en distinguent cependant par la potasse, l'iodure de potassium, l'acide sulfurique, qui donnent des réactions différentes. Ajoutons ensuite que la plupart de ces précipités sont réductibles par le flux noir, et que le bismuth est facile à distinguer du plomb. Si la dissolution était trop étendue pour donner les réactions caractéristiques, on la précipiterait par un courant d'hydrogène sulfuré, on transformerait le sulfnre en nitrate par l'acide azotique, ou en chlorure par l'acide bydrochlorique, et on constaterait ensuite les reactions.

Préparations de bismuth et matières organiques. Le sous-nitrate ainsi que l'oxyde sont sans action sur ces matières, mais

peuvent être dissous, en bien petite quantité, il est vrai, par les liqueurs acides. Le nitratc, avons-nous dit, est décomposé par l'eau; il l'est aussi et Transformé eu composé insoluble par la plupart des matières organiques, et surtout par le lait, l'albumine, les décoctés des substances astringentes, avec les quels il donne des précipités blancs ou blanc-jaunâtre. Il trouble la bile en jaune clair; forme, avec le vin, un dépôt violacé et le décolore en grande partie; il ne trouble point les solutés gélatineux.

Analyse. 1o Examiner attentivement si, dans les dépôts des liquides organiques, dans les matières moiles ou solides, à la surface du tube intestinal, ne se trouve point une poudre blanche, cristalline, ou une poudre blanc-jaunâtre (sous-nitrate, oxyde de bismuth), qu'il serait facile d'isoler par le lavage. 2° traiter les matières suspectes par l'eau distillée, faibleinent acidulée par l'acide azotique; filtrer, essayer une portion de liqueur par les réactifs, et si les résultats sont négatifs, précipiter le restant par l'acide sulfhydrique ; laver le sulfure; le transformer en nitrate par l'acide azotique; évaporer au bainmarie; reprendre le résidu par l'eau, et ensuite essayer de nouveau les réactifs caractéristiques, ou réduire une portion du résidu, dans la cavité d'un charbon. 3° quant aux matières solides du tube intestinal, M. Devergie conseille de les dissoudre dans l'acide hydrochlorique un peu étendu, de les désorganiser par un courant de chlore, de filtrer et d'essayer les réactifs; et si les résultats sont négatifs, d'incinérer ces matières dans un creuset avec de la potasse; de traiter les cendres par l'eau régale pour dissoudre le bismuth, etc. Les procédés de l'incinération simple, de carbonisation par l'acide sulfurique, d'incinération par l'acide azotique et le chlorale de potasse, tels que nous les avons indiqués aux préparations cuivreuses et plombiques sont parfaitement applicables, et donnent de fort bons résultats. Le bismuth n'étant pas volatil, il faut incinérer le produit dans un creuset de porcelaine. On oblient ce métal ea globules dans les cendres dont on l'isole par le lavage, ou en traitant les cendres par l'acide azotique pour le transformer en nitrate, 1.e lait, les liquides visqueux, chargés, enfin, de beaucoup de matières organiques seraient sounis aux mêmes procédés analytiques. Quaut au vin, on pre-, cipiterait lc bismuih par l'hydrogène sulfuré, et le sulfure serait ensuite converti ea chlorure par l'acide chlorhydrique.

Dans toutes ces expériences il convient, lorsqu'on a obtenu le bismuth à l'état de nitrate, de chlorure, d'opérer les réactions sur des morceaux de verre, à l'aide d'unc baguette de verre, parce que si on étendait la liqueur d'eau, on perdrait le bismuth qui se précipite à l'état de sous-sel.

Ayant retiré, par les lavages, une poudre blanche cristalline ou une poudre blanc jaunâtre du tube intestinal, des matières suspectes en Gin, peut-on savoir si c'est l'oxyde, le sous-nitrate qui ont été administrés, ou bien le nitrate acide? Dans le premier cas, la poudre obtenue serait blanc-jaunâtre, et, dans les liquides et surtout dans les matières solides, on ne trouverait pas ou que peu de bismuth en combinaison, en supposant que les lavages aient été bien exécutés; dans le second cas au contraire, le sous-nitrate serait en poudre blanche cristalline, et si, dans les parties liquides, on ne décelail point de poison, on en trouverait toujours en combinaison dans les matières solides des vomissements, le lube intestinal, etc.

Nilrate de bismuth absorbé. M. Orfila empoisonne des chiens avec 8 à 10 gram. de nitrate de bismuth dissous dans 200 grain. d'cau, lie l'æsophage et la verge, les pend villigt.quatre heures après, et retire du bisniuth du foie, de la rate, des urines par le procédé que nous avons indiqué aux préparations plombiques, page 649, c'est-à-dire, en faisant bouillir ces organes dans de l'eau acidulée par l'acide azotique, éraporant le décocié à siccité, et carbonisant le résidu par l'acide azotique et le chlorate de polasse. Le charbon bouilli dans l'eau aiguisée par l'acide azotique a donné une liqueur qui a précipité du blanc de fard par l'eau distillée, et du sulfure de bismuth par l'acide sulfhydrique, et le suisure a été transformé en nitrate par l'acide azotique affaibli, etc. Il a aussi obtenu des résultats analogues en agissant de même sur le tube intestinal des chiens, ainsi que sur lcurs urines soumises au même procédé analytique que dans l'empoisonnement par le plomb. Par la carbonisavon directe, on arrivé aux mêmes résultats.

Effets toxiques. Pauvres d'observations chez l'homme, nous n'avons guère que les expériences sur les animaux pour nous

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