Images de page
PDF
ePub

la foi. Que celui qui est appelé au ministère de l'Eglise s'attache à son ministère. Que celui qui a reçu le don d'enseigner s'applique à enseigner. Que celui qui a reçu le don d'exhorter, exhorte... Que celui qui a la conduite de ses frères s'en acquitte avec vigilance '... Les dons qui se manifestent au dehors sont donnés à chacun pour l'utilité de l'Eglise. L'un reçoit du Saint-Esprit le don de parler avec sagesse, l'autre reçoit du même Esprit le don de parler avec science... Un autre le discernement des esprits... Dieu a établi pour son Eglise , premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs...; ensuite ceux qui ont le don de gouverner, ceux qui ont le don de parler diverses langues, ceux qui ont le don de les interpréter. Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs?... Tous parlent-ils diverses langues? Tous savent-ils les interpréter??... Jésus-Christ a fait les uns apôtres, les autres prophètes, d'autres évangélistes, d'autres pasteurs et docteurs.

Habentes autem donationes, secundum gratiam quæ data cst nobis, differentes; sive prophetiam secundum rationem fidei, sive ministerium in ministrando, sive qui docet in doctrina, qui exhortatur in exhortando... qui præest in sollicitudine.

Unicuique autem datur manifestatio Spiritûs ad utilitatem. Alii quidem per Spiritum datur sermo sapientiæ; alii autem sermo scientiæ secundùm eumdem Spiritum... Alii discretio spirituum... Quosdam quidem posuit Deus in Ecclesia primum Apostolos, secundò Prophetas, tertiò Doctores... gubernationes, genera linguarum, interpretationes sermonum. Numquid omnes Apostoli ? Numquid omnes Prophetæ ? Numquid omnes Doctores ?... Numquid omnes linguis loquuntur ? Numquid omnes interpretantur ?...

3 Christus dedit quosdam quidem Apostolos, quosdam autem Prophetas, alios verò Evangelistas, alios autem pastores et doctores.

[ocr errors]

Si être ministre de l'Eglise, pasteur, conduire ses frères, gouverner, désigne manifestement les évêques ou les prêtres, développer les mystères et expliquer la loi ou prophétiser , savoir les langues, les interpréter, parler avec sagesse, avec science, exhorter; ces fonctions qui sont attribuées à d'autres personnes, ne peuvent désigner que les laïques. Le titre même d'apôtre, celui d'évangéliste n'impliquent point l'épiscopat ni la prêtrise, et le dernier est donné à saint Philippe, l'un des sept diacres 1.

Quand saint Paul aussi commande de dire anathème à qui prêcherait un évangile différent de celui qu'il annonce, quand saint Jean défend de croire à tout homme qui se mêle de dogmatiser, mais d'examiner auparavant s'il vient de Dieu, ils ne mettent pas en question le droit des simples fidèles à prononcer sur la vérité ?. Pourraient-ils repousser les faux docteurs sansjuger leur doctrine?

Ecoutez saint Célestin, dans sa lettre au peuple de Constantinople soulevé contre Nestorius par l'avocat Eusébe, qui, en pleine église, avait apostrophé et combattu ce patriarche : « Quel espoir reste-t-il au troupeau, si le pasteur devient loup, se précipite sur les brebis et les attaque toutes ? Elles sont déchirées par la bouche qui vomit des impiétés. Ce qui leur est donné pour se repaître, loin de les nourrir , les tue. Heureux cependant le troupeau qui, par la grâce du Seigneur, juge des pâturages ! Comme vous devez le faire, vous rejetez une dispute impie, discernez les aliments des poisons, persistez dans l'enseignement des pasteurs qui ont précédé, sachant que jusque-là, vos pontifes excellèrent en doctrine et en sainteté, et que, sans dé vier des traditions, antiques, ils gouvernèrent l'Eglise de Dieu dans une paix profonde '. ;

8. Si quis vobis evangelizaverit præter id quod accepistis, anathema sit. - Nolite omni spiritui credere, sed probate spiritus si ex Deo sint.

1 Act. XXI,

Vous le voyez, monsieur l'Archevêque, cepapeglorifie ce qui, d'après vos principes, serait une criminelle révolte et une usurpation sacrilége. Apparemment il ne fut pas élevé dans les savantes écoles cléricales de notre âge, où il aurait appris un langage différent. « Peuple révolutionnaire, s'écrierait-il, avez-vous donc oublié que croire et obéir est votre partage? que vous devez recueillir avec une vénération infinie, comme des oracles divins, chaque parole que l'évêque laisse tomber, proférât-il que l'Evangile est une fable, ou même que Dieu n'existe pas? Il fallait attendre que la renommée nous informât de ce qui se passait, et nous aurions fixé votre foi et votre conduite. Hâtez-vous de faire amende honorable à votre pontife, ou vous allez être interdits. »

Le pouvoir laïque était si peu conteste, que les

Quid spei habeat grex, quando lupum se ipse pastor ostendit, et sic oves invadit, ut grassetur in singulas ? Eo namque ore laniantur, quo impia proferuntur. Probentur pabula non refectura, sed noxia. Beatus tamen grex cui dedit Dominus de pascuis judicare. Unde, sicut vos facere non ambigimus, impiam disputationem debet fides respuere; ut apud vos vigilantes in Christo, inter cibum et venenum sit certa discretio, et permaneatis in his quæ sermone superiorum pastorum docente didicistis; scientes fuisse vobis hactenus sacerdotes doctrinâ et sanctitate pollentes, qui nunquam à paternis traditionibus deviantes, Ecclesiam Domini summa quiete rexerunt.

la

Peres le font servir à manifester la souveraineté de l'Église, qu'ils en signalent le concours pour donner du poids à ses décisions. « Vainement, dit saint Augustin, les hérétiques, condamnés en partie par le jugement du peuple même, en partie par gravité des conciles, et en partie aussi par la majesté des miracles, s'agitent rugissant autour de l'Église; par celte triple condamnation, elle a déployé son autorité suprême, et les en a accablés'. » Parlant de la condamnation de Nestorius et d'Eutychès : « Désormais plus de prétexte d'ignorance ou d'obscurité, dit saint Léon; non-seulement les sacerdotes, mais encore les puissances chrétiennes, tous les clercs, les peuples et les ordres ont reconnu que là réellement était la foi apostolique et catholique ?. »

Saint Augustin défie les Manichéens de produire quelque chose de solide, et il leur montre « l'autorité de l'Église inébranlable par la succession des évêques et le consensus des peuples 3. » Ailleurs, il ne s'arme que de ceux-ci contre « les Pélagiens, terrifiés, dit-il, par l'autorité de l'Évangile, ou plu

· Frustra hæreticis circumlatrantibus, et partim plebis ipsius judicio, partim conciliorum gravitate, partim etiam miraculorum majestate, damnatis, culmen autoritatis obtinuit Ecclesia.

Non ultra jam cuiquam cxcusationis refugium de ignorantiæ inscitiâ, vel de intelligentiæ difficultate conceditur... Non solum sacerdotibus, sed etiam principibus et potestatibus christianis, cunctisque clericis, plebibus, ordinibus, plene atque evidenter apparuit hanc esse verè apostolicam et catholicam fidem.

• Ecclesiæ autoritas... usque ad hodiernam diem succedentium sibimet episcoporum serie, et tot populorum consensione firmatur.

tôl écrasés

par la croyance constante, rigoureusement uniforme des peuples chrétiens; ils conviennent que les enfants ne peuvent être sauvés sans le baptême'. »

Passons à la grande hérésie moderne. Dans ses controverses avec les protestants, Bossuet avoue sans peine que « les fidèles sont compris dans la proinesse que Jésus-Christ fait à ses apôtres d'être avec eux jusqu'à la consommation des siècles », qu'elle s'adresse à « la communion des pasteurs. et des troupeaux. » Il déclare que « l'infaillibilité que Jésus-Christ a promise à son Église réside primitivement dans tout le corps, puisque c'est là cette Église qui est bâtie sur la pierre, à laquelle le fils de Dieu a promis que les portes de l'enfer ne prévaudraient point contre elle... Les évêques, ou les pasteurs principaux, peuvent témoigner leur foi, ou par leur prédication unanime dans la dispersion de l'Église catholique, ou par un jugement exprès dans une assemblée légitime. Dans l'une et l'autre considération, leur autorité est également infaillible, leur doctrine également certaine. Dans la première, parce que c'est à ce corps, ainsi dispersé à l'extérieur, mais uni

par

le Saint-Esprit, que l'infaillibilité de l'Eglise est attachée. Dans la seconde, parce que ce corps élant infaillible, l'assemblée qui le représente véritablement, c'est-àdire le concile, jouit du même privilége, et peut dire, à l'exemple des apôtres : Il a semblé bon au

1 Pelagiani autoritate evangelica territi, vel potius christianorum populorum concordissima fidei conspiratione perfracti, sine ulla recusatione concedunt, quod nullus parvulus, nisi renatus ex aqua et Spiritu, intrat in regnum cælorum.

« PrécédentContinuer »