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diciables à l'honneur des médecins, qui se trouvent par cet abus ordinaireinent frustrez de leurs bonnes intentions et de l'effet de leurs remèdes. De quoy ceux qui consultent ici ont estimez estre obligez, à l'acquit de leur honneur et conscience, de donner avis au public, qui n'a esté alléché à souffrir cet abus, par autre intérest que par celuy de l'épargne. Il cesse à l'endroit des pauvres par les fruits que nostre charité leur fait ressentir; et quant aux riches, il y a grand sujet de s'esbahir comment ils ne se laissent pas faire un habit ou des souliers par celuy qui n'est pas tailleur ou cordonnier, et cependant ils se font préparer et donner des remèdes, où il y va de leur vie , par des femmelėttes et domestiques ignorans.

Lettres patentes du Roy en faveur des

en faveur des pauvres, et particulièrement des malades.

Louis, par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Nostre très cher et bien amé Théophraste Renaudot, docteur en médecine, l'un de nos conseillers et médecins ordinaires, maistre et intendant général des bureaux d'adresse de France, s'estant de longue main employé à la recherche de plusieurs inventions et moyens pour l'emploi des pauvres valides et traitement des invalides, et généralement à tout ce qui est utile et convenable au règlement desdits pauvres, pour lequel nous l'aurions mandé exprès dès le mois d'octobre de l'an 1612, et à icelui permis et accordé, par nostre brevet dudit jour, de mettre en pratique et establir toutes sesdites inventions, avec défenses à tous autres qu'à

la

ceux qui auront pouvoir exprès de lui de les imiter, altérer ou contrefaire, mesmes icelui pourveu de la charge de commissaire général des pauvres de nostre Royaume, par arrest de notre conseil d'Estat du 3 février 1618, ledit Renaudot n'auroit pas seulement vaqué à la perquisition des secrets et choses les plus cachées en l'art de médecine, dont il fait profession depuis trente-cinq ans, mais encore, depuis l'establissement de sesdits bureaux d'adresse, receu en iceux toutes les personnes curieuses qui y font expériences de plusieurs inventions utiles au public, et particulièrement ausdits pauvres, lesquels y reçoivent gratuitement conseil et assistance en leurs maladies et incommoditez, par charité des médecios, chirurgiens et apotiquaires qui s'assemblent à cette fin, et d'autant qu'une partie des expériences qui s'y font sont des remèdes tirez des plantes, animaux et minéraux, pour la préparation desquels il est obligé de tenir toutes sortes de fourneaux, alambics, matrats, récipiens, et autres vaisseaux et instrumens de chimie ou spagyrie, pour extraire, par les opérations dudit art, toutes sortes d'eaux, huiles , sels, magistères, extraits, quintessences, chaux, taintures, régules, précipitez, et généralement tous les autres effets dudit art de chimie, lesquels se trouvent fort utiles à la guérison des maladies lorsqu'ils sont méthodiquement administrez selon les préceptes de la médecine; désirans favoriser cette louable institution, et donner sujet à tous ceux qui auront quelque invention utile au public de ne l’en pas vouloir frustrer, mais plustost lui en faire voir l'expérience, nous avons par ces présentes, signées de nostre main, permis et accordé, permettons et accordons à tous ceux qui auront quelque invention ou moyen servant au bien et soulage

ment desdits pauvres, tant valides que malades et invalides, mesmement quelque remède tiré des végétaux, animaux, minéraux, par le régime du feu ou autrement, le pouvoir faire en la maison dudit Renaudot et en sa présence, et non ailleurs. Et pour cet effet avons permis audit Renaudot de tenir chez lui lesdits fourneaux, et y faire toutes sortes d'opérations chymiques servans à la médecine seulement.

Si donnons en mandement à nos amez et féaux les gens tenans nostre cour des monnoyes que ces présentes ils fassent enregistrer, et du contenu en icelles jouir ledit Renaudot, nonobstant toutes oppositions, appellations et empeschemens quelconques. Et voulons qu'au vidimus d'icelles, deuement collationnées par l'un de nos amez et féaux conseillers et secrétaires, soit adjoustée comme au présent original ; car tel est nostre plaisir. En tesmoin de quoi nous avons fait mettre nostre scel à cesdites présentes. Donné à Chantilli, le second jour de septembre, l'an de grace 1640, et de nostre règne le trente-unième. Signé Louis, et plus bas : Par le Roy, PHILIPPEAUX, et scellé du grand seau de cire jaune.

Registré en ladite cour des Monnoyes, oui sur ce le procureur général du Roy, le 25 septembre 1640.

Signé, DE LAISTRE.

foy

LE

CANAL DE LOIRE.

La pièce que nous publions, relative à la construction du canal de Briare , est extraite du tome XXIII du Mercure de France. C'est le principal document historique que l'on possède sur un fait qui intéresse au plus haut point la gloire industrielle de la France.

Dès la première moitié du xvie siècle, Adam de Craponne, originaire de Pise, et qui s'était établi en Provence, avait projeté d'unir , au moyen de cauaux,

le sud et l'occident de la France, par le Rhône et la Loire.

En 1554 il avait donné son nom à un canal d'arrosage de viogt lieues de long, qui amène les eaux de la Durance jusqu'à l'étang de Berre, près d'Arles , et il était mort en 1559. Heureusement sa grande pensée ne mourut pas avec lui , et trouva Sully pour la recueillir. En 1605 le canal de Briare, complément du projet de jonction des deux mers, fut commencé ; interrompu en 1610 par la mort du Roi, il fut repris en 1638 et achevé seulement en 1642.

Les Italiens ont été nos maitres, à ce qu'il semble, pour ce qui concerne les premiers éléments de navigation artificielle ; mais le premier capal à point de partage, c'est-à-dire traversant le faite qui sépare les bassios de deux rivières, a été construit en France par des Français, et ce caval c'est le canal de Briare. « Ou a trop peu remarqué, dit à ce sujet M. Dutens dans son Histoire de la Navigation intérieure, celle conception hardie et féconde, inspiration du gépie françois, par laquelle, suppléant à la nature et rassemblant de vastes réservoirs d'eau sur le haut même des monts qui séparent les plus profondes vallées, l'homme, comme d'un point de partage , projette de chacune de ces vallées de nouvelles rivières dont il euchaine le cours trop rapide par des barrages successifs , et franchit ainsi, au moyen d'écluses et comme par une suite de degrés, les flancs inclinés des montagnes intermédiaires qui s'ioterposent entre ces grandes dépressions du globe.

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