Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France: depuis le XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe; précédés de notices pour caractériser chaque auteur des mémoires et son époque; suivi de l'analyse des documents historiques qui s'y rapportent, Volume 3

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L'Editeur du commentaire analytique du code civil, 1838
 

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Page 307 - Mazarin , m'envoya querir un matin de chez Prudhomme, baigneur, où il logeoit : c'étoit vers la fin du mois de juillet. L'étant venu trouver, il me tira à part et me dit que la connoissance qu'il avoit de mon affection et de ma probité l'obligeoit à me donner une preuve de son amitié, qui me feroit voir que j'étois dans sa dernière confiance. Je repartis en peu de mots, selon ma coutume, que de quelque nature que fût la chose qu'il avoit à me communiquer, il n'auroit jamais sujet de se...
Page 311 - ... conviction qui l'obligeât à traiter le duc avec cette rigueur. Le cardinal , désespéré de ne pouvoir persuader les autres de ce dont il étoit entièrement assuré, avoit un grand désir de m'avoir entre ses mains. Il jugea néanmoins qu'il falloit me donner le temps de me rassurer afin de me prendre avec plus de facilité.
Page 307 - ... dans l'exécution. Fort surpris d'un si étrange dessein , je repartis que lorsque je m'étois attaché à sa fortune j'avois résolu de la suivre dans tous les accidens qui lui pourroient arriver, et de ne le point abandonner, quelque parti qu'il pût prendre; qu'en celui-ci , quelque injustice qui m'y parût , je ne laisserois pas de lui faire voir qu'il n'avoit pas mal placé son secret. Beaupuis prit alors la parole pour représenter avec chaleur les maux que la trop grande autorité du cardinal...
Page 309 - ... réunis à l'hôtel de Vendôme, où nous logions tous : ce que j'exécutai aussitôt. Le duc allant, quelques heures après, en carrosse par la ville, rencontra le cardinal, qui retournoit chez lui. Il me le dit le soir, et je répondis que l'on m'avoit trompé. Ma pensée fut, lorsque je vis que je ne pouvois rompre ce dessein, de le retarder le plus que je pourrois...
Page 309 - Royale, le dessein ne s'exécuteroit pas ; mais il dit que , s'il étoit seul , il falloil qu'il mourût. Le matin il fit préparer des chevaux et se tint dans les Capucins avec Beaupuis, près de l'hôtel de Vendôme, postant un valet de pied dans la rue pour l'avertir quand le cardinal...
Page 257 - Rivière pour nous dire en général qu'il avoit failli , et avoit besoin de notre grâce , sans spécifier particulièrement en quoi. Nous répondîmes que bien qu'il dût être las de nous offenser, et d'agir contre lui-même agissant contre nous et contre l'Etat, nous ne voulions pas nous lasser d'user de notre clémence envers lui; qu'en cette considération nous désirions qu'il nous donnât une entière et sincère confession de sa faute, une déclaration particulière de tous ses desseins...
Page 309 - Je lui dis, jugeant que mes autres raisons seroient inutiles, que s'il se défaisoit du cardinal en présence du comte de Harcourt, il falloit se décider à les tuer tous deux, le second étant trop généreux pour souffrir cette action sans périr avec le premier ; qu'il considérât qu'outre que l'assassinat du comte le...
Page 259 - Bouillon : il accorda à peu près ce que disoit celui-ci, mais il nia ce que Monsieur disoit contre lui , comme aussi ce que disoit le lieutenant des gardes de M. de Bouillon, savoir, qu'il lui avoit un jour donné charge de dire à M. de Bouillon qu'il eût désiré le voir, car Monsieur étoit un étrange homme. Plusieurs de nous étions disposés à ne le condamner pas sur ces preuves : mais il arriva que M. le grand, ouï sur la sellette, dit que M. de Thou avoit su le traité d'Espagne, et...
Page 311 - ... entre Paris et Charenton, pour quelque légère indisposition. La duchesse se mit en pleurs, et alla pour parler à la Reine, qui refusa de la voir. Je consultai avec les sieurs de Lié et de Brillet, et leur proposai que nous allassions trouver le duc de Vendôme, pour agir comme il le jugeroit à propos. De Lié, qui n'avoit paru qu'à la première assemblée, à cause de sa blessure, demeura; mais nous partîmes aussitôt Brillet et moi ; et sortant par la porte SaintHonoré, de peur d'être...
Page 143 - Poiitoise, qui étoit un lieu bien commode et bien situé pour vivre, et d'où même l'on s'approchoit de la Normandie, qui étoit restée dans l'obéissance. On eût bien pu trouver des endroits convenables au séjour de la cour, mais on craignoit de donner de la jalousie et du soupçon à M. de Longueville, qui faisoit...

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