L'Abeille poétique de xix siècle, ou, Choix de poésies contemporaines, recueillies par J.B. Pellissier

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Page 147 - Quel beau jour pour vous ! Mais quand la pauvre Champagne Fut en proie aux étrangers, Lui, bravant tous les dangers, Semblait seul tenir la campagne. Un soir, tout comme aujourd'hui, J'entends frapper à la porte ; J'ouvre : bon Dieu ! c'était lui, Suivi d'une faible escorte. Il s'asseoit où me voilà, S'écriant : Oh ! quelle guerre ! Oh ! quelle guerre ! Il s'est assis là, grand'mère ! Il s'est assis là ! J'ai faim, dit-il ; et bien vite Je sers piquette et pain bis.
Page 18 - M'enveloppant alors de la colonne noire, J'ai marché devant tous, triste et seul dans ma gloire, Et j'ai dit dans mon cœur : Que vouloir à présent? Pour dormir sur un sein mon front est trop pesant, Ma main laisse l'effroi sur la main qu'elle touche, L'orage est dans ma voix, l'éclair est sur ma bouche; Aussi, loin de m'aimer, voilà qu'ils tremblent tous, Et quand j'ouvre les bras on tombe à mes genoux. 0 Seigneur! j'ai vécu puissant et solitaire, Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre.
Page 18 - Seigneur ! j'ai vécu puissant et solitaire, Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre ! Or, le peuple attendait, et, craignant son courroux, Priait sans regarder le mont du Dieu jaloux ; Car, s'il levait les yeux, les flancs noirs du nuage Roulaient et redoublaient les foudres de l'orage, Et le feu des éclairs, aveuglant les regards, Enchaînait tous les fronts courbés de toutes parts. — Bientôt le haut du mont reparut sans Moïse.
Page 17 - Vos anges sont jaloux et m'admirent entre eux. Et cependant, Seigneur, je ne suis pas heureux; Vous m'avez fait vieillir puissant et solitaire, Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre.
Page 211 - Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage, Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux, Ses petits affamés courent sur le rivage En le voyant au loin s'abattre sur les eaux. Déjà, croyant saisir et partager leur proie, Ils courent à leur père avec des cris de joie, En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Page 15 - Manassé Dont le pays fertile à sa droite est placé ; Vers le Midi, Juda, grand et stérile, étale Ses sables où s'endort la mer occidentale ; Plus loin, dans un vallon que le soir a pâli, Couronné d'oliviers, se montre Nephtali ; Dans des...
Page 17 - La mort trouve à ma voix une voix prophétique, Je suis très grand, mes pieds sont sur les nations, Ma main fait et défait les générations. — Hélas! je suis, Seigneur, puissant et solitaire, Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre!
Page 212 - En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux. Lui, gagnant à pas lents une roche élevée, De son aile pendante abritant sa couvée, Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux. Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte ; En vain il a des mers fouillé la profondeur : L'Océan était vide et la plage déserte ; Pour toute nourriture il apporte son cœur. Sombre et silencieux, étendu sur la pierre, Partageant à ses fils ses entrailles de père, Dans son amour sublime il berce sa douleur,...
Page 124 - A qui réserve-t-on ces apprêts meurtriers ? Pour qui ces torches qu'on excite ? L'airain sacré tremble et s'agite... D'où vient ce bruit lugubre ? où courent ces guerriers Dont la foule à longs flots roule et se précipite? La joie éclate sur leurs traits, Sans doute l'honneur les enflamme ; Ils vont pour un assaut former leurs rangs épais : Non, ces guerriers sont des Anglais, Qui vont voir mourir une femme.
Page 75 - L'autre, comme un torrent sans digue, Dans une éternelle fatigue, Sous les pieds de l'enfant prodigue Roule la pierre d'Ixion " L'une est bornée et l'autre immense; L'une meurt où l'autre commence; La première eSt la patience, La seconde eSt l'ambition. FRANK, rêvant. Esprits ! si vous venez m'annoncer ma ruine, Pourquoi le Dieu qui me créa Fit-il, en m'animant, tomber sur ma poitrine L'étincelle divine Qui me consumera " ? Pourquoi suis-je le feu qu'un salamandre

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