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SATIRES,

ET POÉSIES MÊLÉES,

DE

VOLTAIRE.

STÉRÉOTYPE D'HERHAN.

PAR IS,

DE L' IMPRIMERIE DES FRERES MAME,
RUE DU PoT-DE-FER, n° 14.
18o8.

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LE CADENAS.

1714. (I)

JE triomphais; l'Amour était le maître,
Et je touchais à ces moments trop courts
De mon bonheur et du vôtre peut-être ;
Mais un tyran veut troubler nos beaux jours ;
C'est votre époux : geolier sexagénaire,
Il a fermé le libre sanctuaire
De vos appas; et trompant nos désirs,
Il tient la clef du séjour des plaisirs.
Pour éclaircir ce douloureux mystère,
D'un peu plus haut reprenons cette affaire.
Vous connaissez la déesse Cérès ;
Or, en son temps Cérès eut une fille,
Semblable à vous, à vos scrupules près,
Brune, piquante, honneur de sa famille,
Tendre surtout, et menant à sa cour
L'aveugle enfant que l'on appelle Amour.
Un autre aveugle, hélas! bien moins aimable,
Le triste Hymen, la traita comme vous.
Le vieux Pluton, riche autant qu'haissable,
Dans les enfers fut son indigne époux :
Il était dieu, mais avare et jaloux ;
Il fut cocu; car c'était la justice.
Pirithoüs, son fortuné rival,
Beau, jeune, adroit, complaisant, libéral,

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