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gèreté française. Louis XII et François Ier y éprouvèrent encore de plus grands revers. Les Vénitiens en ont été, pendant un temps, les tyrans; mais le temps passa promptement et leurs efforts ont fait disparaître leur puissance. Nous y avons voulu conserver quelques citadelles, quelques postes, pour y prendre part aux désordres, sous prétexte de défense et d'équilibre; mais ce n'est point tout cela qu'il faut.

C'est de concentrer les puissances italiques en elles-mêmes; c'est d'en chasser l'Autriche et de montrer l'exemple de n'y plus prétendre: si quelques princes étrangers y gouvernent encore, que les princes deviennent tout à fait Italiens, qu'ils ne puissent hériter ailleurs, ou que, s'ils préfèrent d'autres successions qui leur surviendraient, ils abandonnent alors, à des successeurs désignés, l'État qu'ils déposséderont en Italie, et que cette option, cette incompatibilité soient une loi fondamentale de toute domination en Italie. Employons-y de la force et de la sincérité pour la maintenir! empêchons les troubles et la tyrannie : nous en avons les moyens. Soutenons les faibles et les opprimés : nous sommes assurés que nos seules menaces auront l'effet des plus grandes victoires; nous y gagnerons pour nous, honneur, repos et sûreté. Ainsi s'exprimait M. d'Argenson.

Décision du roi Louis XV sur la mission de M. de Champeaux.

Je trouve bon que Champeaux aille à Turin; qu'il soit bien déguisé, car il doit être connu dans ce pays-là, et qu'il n'y demeure que quatre jours, après quoi toute la négociation sera rompue.

Si l'on n'accepte pas le premier projet, voilà celui par lequel on peut y suppléer.

Au roi de Sardaigne, tout le Milanais qui est à la rive gauche du Pô, et à la droite, jusqu'à la Scivia.

A l'infant, toute la rive droite, depuis la Scivia jusques et compris l'État de Parme, le Crémonais (le fort de Gera-d'Adda rasé) et la partie du Mantouan qui est entre l'Oglio et le Pô.

Celle par de là, à la république de Venise, et ce qui est à la rive droite du Pô, au duc de Modène, avec l'éventualité du duché

de Guastalla, et aux Génois, la principauté d'Oneille avec final et le château de Serra-Valle.

11 mai 1753.

Traité secret conclu à Vienne, le 11 mai 1753, entre Marie-Thérèse, impératrice d'Autriche et le duc de Modène1.

I

Comme on peut craindre avec raison que si la branche légitime masculine de la maison d'Este, en Italie, s'éteignait plus tôt ou plus tard, il n'en résultât de nouveaux troubles en Italie, pour les prévenir, le sérénissime duc de Modène a résolu de se choisir un successeur, autant qu'il est en lui, et de se nommer un héritier dès à présent, pour le cas dont il a été parlé, qui fût tel que non-seulement il pût faire revivre l'ancienne gloire de la maison d'Este, mais y ajouter encore un nouveau lustre. Aucun prince n'a paru plus propre à remplir ces vues qu'un des sérénissimes archiducs puînés d'Autriche, comme étant issus eux-mêmes de la maison d'Este florissante en Allemagne, et dont un est destiné, dans ce même but, à devenir l'époux de sa sérénissime petite-fille.

C'est pourquoi dans le cas, comme il a été dit, où la branche légitime masculine de la maison d'Este viendrait tôt ou tard à s'éteindre en Italie et non autrement, en vertu du présent article et par cela même en vertu du traité solennel et irrévocablement convenu, le même sérénissime duc nomme héritier, dans la meilleure et plus sûre forme possible, de tous les pays qui sont sous sa domination et de tous ses biens tant féodaux que allodiaux, existants au moment de la succession, le sérénissime archiduc d'Autriche, Pierre-Léopold, ou celui de ses frères puînés qui, selon le contrat de mariage fait aujourd'hui, sera l'époux de la sérénissime petite-fille, et cela cependant de manière

1. Publié pour la première fois.

que, par cette désignation d'héritier universel quant aux biens allodiaux, il ne soit point dérogé aux droits qui compètent ou peuvent compéter sur lesdits biens aux filles, petites-filles et sœurs du duc susnommé, lesquels droits doivent être censés réservés en la meilleure forme, pour qu'il ne soit porté aucune atteinte aux droits d'un tiers. Le sérénissime héritier, ainsi nommé, ne manquera jamais de son côté aux égards qu'il devra au sérénissime duc de Modène comme chef de famille.

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II

Mais comme il peut arriver que, non-seulement toute la ligne masculine d'Este en Italie soit éteinte, mais de plus que toutes les femmes descendantes des sérénissimes princes héréditaires de Modène viennent à mourir, avant que le mariage convenu aujourd'hui soit consommé, ou aussi qu'elles meurent sans laisser d'enfants, le sérénissime duc sus nommé, désigne et nomme, d'une manière également solennelle et irrévocable, dès à présent pour lors, son héritier et successeur universel, sous la même condition cependant et réserve qui est exprimée dans l'article précédent, celui des sérénissimes archiducs puînés d'Autriche, qui, ce cas arrivant, se trouverait être l'aîné.

III

Le sérénissime duc de Modène promet qu'il aura soin que la présente convention secrète soit, ainsi que le contrat de mariage, confirmée par le consentement de son sérénissime fils, le prince héréditaire, avant l'échange des ratifications.

IV

Leurs Sacrées Majestés Impériales acceptent, de la manière la plus solennelle et la plus forte, la susdite nomination de successeur et d'héritier pour celui de leurs fils puînés qu'elle pourrait tôt ou tard concerner, et la confirment d'avance par leur consentement.

V

Afin que le successeur ainsi désigné puisse, le cas arrivant, gouverner avec plus de fruit et de consolation pour ses sujets, les pays qui passeront sous sa domination, Leurs Sacrées Majestés Impériales auront soin, dès à présent, que le sérénissime époux soit bien instruit de tout ce qui peut contribuer à ce but; et lorsqu'il sera parvenu à un âge plus mûr, elles l'enverront à Milan pour cet effet.

VI

Il est convenu, au reste, que les pays appartenant à la succession de Modène ne pourront jamais être réunis avec les mes et les pays qui appartiennent à l'auguste maison d'Autriche, beaucoup moins être réduits en province dépendante de la succession autrichienne, mais qu'ils devront toujours former un corps d'État séparé, et que leur possesseur sera tenu d'y établir son domicile et d'y résider de la même manière que ses prédécesseurs, comme aussi de maintenir et conserver les lois et constitutions internes de ces pays. Il a été convenu, de plus, que les contractants n'entendent point que, par cette désignation d'un successeur, il soit aucunement dérogé au libre exercice de l'autorité et du pouvoir qui compètent au sérénissime duc et à ses sérénissimes successeurs mâles, et à sa volonté souveraine attachée en toute manière à cette autorité et à ce pouvoir.

VII

La sérénissime épouse, petite-fille du duc de Modène, venant à mourir avant le sérénissime époux Pierre Léopold, ou son frère puîné prenant sa place, s'il mourait avant la consommation du mariage, sans qu'elle laissât aucune sœur, la désignation du successeur ci-dessus exprimé n'en subsisterait pas moins, en vertu du pacte solennel et irrévocable de famille, comme il a été ci-dessus établi, non-seulement en faveur du sérénissime époux et de ses descendants mâles, de quelque légitime mariage qu'ils soient nés, mais aussi en faveur de tous les archiducs d'Autriche quelconques, excepté seulement ceux qui posséderont

des royaumes et États héréditaires; l'intention des contractants étant en général de substituer la sérénissime maison d'Autriche à la branche masculine d'Este, éteinte, autant que cela pourra se faire sans violer la règle prescrite par l'article précédent.

VIII

Que si, en conséquence, celui qui est appelé, comme il est dit ci-dessus, à la succession de Modène, après en avoir pris possession, se trouvait appelé à la succession autrichienne, dans ce cas le droit de succession aux États de Modène serait par le fait transporté ou à son second fils, s'il en avait plusieurs, ou à un autre archiduc d'Autriche d'une branche plus éloignée, le plus près en degré ; mais lorsqu'il n'en existerait plus de tel, toute la disposition renfermée dans la présente convention secrète sera annulée.

1809.

Proclamation de l'archiduc Jean au peuple italien.

Italiens! écoutez la voix de la vérité et celle de la sagesse. La première vous dit que vous êtes esclaves de la France; pour elle, vous épuisez votre fortune et vos forces. Il est un fait notoire, c'est que le royaume d'Italie n'est qu'un rêve, un nom sans signification; mais les levées d'hommes, les impôts, les vexations de toutes sortes, l'anéantissement de votre état politique sont l'état vrai des choses. La sagesse vous dit que, dans cet état de choses, vous ne pouvez être en paix, ni être Italiens. Voulez-vous maintenant devenir, de nouveau, Italiens? groupez vivement vos forces avec celles de la puissante armée que l'empereur d'Autriche envoie généreusement en Italie. Et sachez que l'esprit de conquête ne le fait pas marcher en avant, mais qu'il marche pour se défendre et assurer l'indépendance de toutes les nations de l'Europe, menacées d'un inévitable esclavage.

Si Dieu protége les efforts généreux de l'empereur François

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