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Vous n'aurez, l'un ni l'autre, aucun lieu de vous plaindre.

ACANTUE.
Ab! Myrtil, se peut-il que deux tristes amants...?

TYRÈNE.
Est-il vrai que le ciel, sensible à nos lourments...?

MYRTIL.
Oui, content de mes fers comme d'une victoire,
Je me suis excusé de ce choix plein de gloire:
J'ai de mon père encor changé les volontés,
Et l'ai fait consentir à mes félicités.

ACANTHE, å Tyrène.
Ah! que celle aventure est un charmant miracle,
Et qu'à notre poursuite elle ôle un grand obstacle!

TYRÈNE, à Acanthe.
Elle peut renvoyer ces nymphes à nos væux,
Et nous donner moyen d'être contents tous deux.

SCÈNE VII. – NICANDRE, MYRTIL, ACANTHE, TYRÈNE.

NICANDRE.
Savez-vous en quel lieu Mélicerte est cachée ?

MYRTIL.
Comment ?

NICANDRE.
En diligence elle est parlout cherchée.

MYRTIL.
Et pourquoi ?

NICANDRE.
Nous allons perdre cette beauté.
C'est pour elle qu'ici le roi s'est transporté ;
Avec un grand seigneur on dit qu'il la marie.

MYRTIL.
O ciel! Expliquez-inoi ce discours, je vous prie.

NICANDRE.
Ce sont des incidents grands et mystérieux.

Oui, le roi vient cliercher Mélicerte en ces lieux;
Et l'on dit qu'autrefois feu Bélise sa mère,
Dont tout Tempé croyoit que Mopse étoit le frère ..
Mais je me suis chargé de la chercher partout :
Yous saurez tout cela tantôt de bout en bout.

MYRTU

MYRTIL.
Ah! dieux ! quelle rigueur! Hé! Nicandre, Nicandre!

ACANTHE.
Suivons aussi ses pas, afin de tout apprendre.

FIN DE MILICERTE.

1668.

PERSONNAGES DE LA PASTORALE.

IRIS, jeune bergére!.
LYCAS, riche pasteur, amant d'Iris?.
PHILÈNE, riche pas teor, amant d'iris'.
CORYDON, jeune berger, confideut de Lycas, amant d'Iris'.
UN PATRE, ami de Pbilene.
UN BERGER

PERSONNAGES DU BALLET.'

MAGICIENS dapsants.
MAGICIENS chantants.
DÉMONS dapsants.
PAYSANS.
UNE ÉGYPTIENNE chantante el dansante.
ÉGYPTIENS dansants.

La scène est en Thessalie, dans un hameau de la vallée de Tempé.

SCÈNE 11. – LYCAS, CORYDON.

SCÈNE I. – LYCAS, MAGICIENS chantants et dansants,

DÉMONS.

PREMIÈRE ENTRÉE DE BALLET. Deux magiciens commencent, en dansant, un enchantement

pour embellir Lycas ; ils frappent la terre avec leurs baguettes, et en font sortir six démons, qui se joignent à eux. Trois magiciens sortent aussi de dessous terre.

TROIS MAGICJENS CHANTANTS.
Déesse des appas,

Ne nous refuse pas
Acteurs de la troupe de Molière : ' Mademoiselle DE BRIE. – ? MOLIÈRE. -
ESTIVAL. - 'LA GRANGE.
"Celle piece trouva aussi sa place daus le Ballet des Muses, et lit partie de la
La grace qu'implorent nos bouches.
Nous t'en prions par tes rubans,
Par tes boucles de diamants,
Ton rouge, ta poudre, tes mouches,
Ton masque, ta coiffe, et tes gants.

UN MAGICIEN, seul.
O toi qui peux rendre agréables
Les visages les plus mal faits,
Répands, Vénus, de tes attraits -
Deux ou trois doses charitables
Sur ce museau tondu tout frais !

LES TROIS MAGICIENS CHANTANTS.
Déesse des appas,

Ne nous refuse pas
La grace qu'implorent nos bouches.
Nous t'en prions par tes rubans,
Par tes boucles de diamants,
Ton rouge, ta poudre, les mouches,
Ton masque, la coiffe, et tes gants.

SECONDE ENTRÉE DE BALLET.
Les six démons dansants habillent Lycas d'une manière ridicule

et bizarre.

LES TROIS MAGICIENS CHANTANTS.
Ah! qu'il est beau,

Le jouvenceau !
Ah! qu'il est beau ! ah ! qu'il est beau !
Qu'il va faire mourir de belles !'
Auprès de lui, les plus cruelles
Ne pourront tenir dans leur peau.

Ah! qu'il est beau,

Le jouvenceau !
Ah! qu'il est beau! ahl qu'il est beau !!
Ho, ho, ho, ho, ho, ho, ho, ho!

l'ele dopnée à Saint-Germain-en-Laye. Elle n'est susceptible d'aucune observa. rion. Molière, avant de mourir, l'avoit brûlée : on n'en a conservé que les paroles chantées, qui ont été recueillies dans la partition de Lulli, anteur de la musique. Ces morceaux n'ont point de liaison, et ne peuvent indiquer ce qu'éToit cette pièce quand le dialogue existoil.

(Petitol.) Ces vers ont élé, à peu de chose prés, copies dans l'opera comique intitulé : le Postillon de Lonjumeau.

TROISIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Les magiciens et les démons continuent leurs danses, tandis que
les trois magiciens chantants continuent à se moquer de
Lycas.

LES TROIS MAGICIENS CHANTANTS.
Qu'il est joli,

Gentil, poli!
Qu'il est joli! qu'il est joli!
Est-il des yeux qu'il ne ravisse ?
Il passe en beauté feu Narcisse,
Qui fut un blondin accompli.

Qu'il est joli,

Gentil, poli!
Qu'il est joli! qu'il est joli !

Hi, bi, hi, hi, hi, hi, hi, hi!
Les trois magiciens chantants s'enfoncent dans la terre, et les

magiciens dansants disparoissent.

SCÈNE III, – LYCAS, PHILÈNE.

PHILÈNE, sans voir Lyeas, chante.
Paissez, chères brebis, les herbettes paissantes ;
Ces prés et ces ruisseaux ont de quoi vous charmer :
Mais si vous desirez vivre toujours contentes,

Petites innocentes,
Gardez-vous bien d'aimer.

LYCAS, sans voir Philève. Ce pasteur, voulant faire des vers pour sa maitresse, prononce le nom d'Iris assez haut pour que Philène l'entende.

PHILÈNE, à Lycas.
Est-ce loi que j'entends, téméraire ? Est-ce loi :
Qui nommes la beauté qui me tient sous sa lo i?

LYCAS.
Oui, c'est moi; oui, c'est moi.

PHILENE.
Oses-lu bien, en aucune façon,
Prosérer ce beau nom ?

LYCAS.
He ! pourquoi non? hé! pourquoi non?

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