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Ne voit, sur l'herbe naissante,
Folâtrer d'heureux amans,
Qu'elle ne se représente
Combien l'absence d'Achante
Lui vole de doux momens.
Jamais les bergers ne viennent
De ces bords délicieux,
où les Destins les retiennent,
Que son amour curieux
Ne s'informe si ces lieux
Ont des nymphes assez belles
Pour faire des infidèles.
Enfin, mille fois le jour
Elle veut, elle appréhende
Tout ce que craint et demande
Le plus violent amour.
Qu'on doit plaindre une bergère*
Si facile à s'alarmer !
Pourquoi du plaisir d'aimer
Faut. il se faire une affaire ?
Quels bergers en font autant,
Dans l'ingrat siècle où nous sommes ?
Achante, qu'elle aime tant,
Est peut-être un inconstant,
Comme tous les autres hommes !

M.me DEsHoULIÈREs.

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QUAND tes beaux yeux metrouvèrent aimable,
Quand tes faveurs étaient toutes pour moi,
A mon bonheur rien n'était comparable ;
J'étais, Iris, plus heureux que le roi.

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Léger Tircis, que ta plainte est cruelle !
Ne me dis point que j'ai manqué de foi.
Quand je croyais ta passion fidèle,
J'étais encor plus heureuse que toi.
T I R C I S.
Le luth , la voix, la beauté de Silvie
Font aujourd'hui ma joie et mes amours ;
Et je voudrais, pour alonger sa vie,
Finir la mienne au plus beau de mes jours.
I R I S.

Le beau Daphnis m'aime avecque tendresse ,
Et, pour Daphnis mon cœur n'est pas cruel ;
Mon cher amant sait bien que sa maîtresse
Mourrait cent fois pour le rendre immortel.

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Bien que tu sois inconstant et colère ,
Et que Daphnis ait de quoi me charmer,
Ingrat amant, prends le soin de me plaire,
Je suis encor toute prête à t'aimer.

CHARLEvAL.

AU PRINTEMPS.

RevexEz, charmante verdure , Faites régner l'ombrage et l'amour dans nos bois ! A quoi s'amuse la mature ! Tout est encor glacé dans le plus beau des mois. Si je viens vous presser de couvrir ce bocage , Ce n'est que pour cacher aux regards des jaloux Les pleurs que je répands pour un berger volage. 'Ah ! je n'aurai jamais d'autre besoin de vous !

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Je ne veux plus aimer, j'en ai fait un serment.
Lisis vient de louer en ma présence Aminte :
J'ai vu triompher mon amant
Du dépit dont j'étais atteinte.
Je ne veux plus aimer, j'en ai fait un serment.
Tu ris....
A N N E T T E.
Qui ne rirait de ce sujet de plainte ?
Mais que dis-tu d'Atis, qui, seul et sans témoins,
Rêve toujours sous quelque ombrage ?
Son troupeau me fait plus le sujet de ses soins ;
Les loups ont l'humeur moins sauvage.
Dieux ! que son chant me plaît !
C L Y M È N E.

Dis plutôt son amour.
Il en entretient nuit et jour
Les échos de notre bocage.

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Elles n'ont pas été toujours aussi sévères.
Rends-leur ces agrémens qu'ont les jeunes bergères,
Tu leur entendras dire aussi souvent qu'à moi :
Le doux poison qu'amour ! Amour, il n'est que toi
De plaisir sensible en la vie :
On ne blâme que par envie
Les cœurs qui vivent sous ta loi !
A N N E T T E.
Mais, Clymène, que veux-tu dire ?
Toi-même tu voulais tout-à-l'heure bannir
Les doux transports de ce martyre.
C L Y M È N E.
Ah! je n'y pensais plus; tu m'en fais souvenir.
J'entends le son d'une musette !
Atis et Lisis paraissent.
L I s I s, à Clymène.
Je confesse mon crime, et viens, plein de regret....
C L Y M È N E.
Je vous veux apprendre un secret.
Ne vantez que l'objet qui fait votre tendresse ;
- Forcez vos amours d'avouer
Qu'un amant n'a des yeux que pour voir sa maîtresse,
De l'esprit que pour la louer.

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