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Il me semble qu'on doit avec bien moins de peine Pardonner à l'amant.

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Ton ignorance me fait rire. Pardonner à l'amant! Annette, y penses-tu ? Je vois bien qu'en effet l'amour t'est inconnu. Atis, prends soin de l'en instruire. Nous nous fâchons du mot d'amour : Ce sont façons qu'il nous faut faire ; -* Et cependant tout ce mystère Dure au plus l'espace d'un jour. Nous soupirons à notre tour ; Un doux instinct nous le commande. L'amant honteux fait mal sa cour : Nous ne donnons qu'à qui demande. A T I S. Puisqu'on me le permet, je jure par les yeux De la bergère que j'adore, Qu'il n'est rien si beau sous les cieux, Ni la fraîche et riante Aurore, Ni la jeune et charmante Flore. Elle n'a qu'un défaut, c'est d'être sans amour. Ah! si je lui pouvais montrer ce qu'elle ignore, Nul berger plus heureux n'aurait pu voir le jour.

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Deuxjours 2 vous comptez mal : tout est siècle aux amans. Récompensez ces longs tourmens !

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En tout ce qui regarde un commerce si doux.
Sachons auparavant ce qu'ils veulent de nous.
L I S I s et A T IS,
L'aveu d'une ardeur mutuelle :
Tout le reste dépend de vous.
C L Y M È N E et AN N E T T E.

Eh bien, on vous l'accorde.
L I S I S et A T I S,
O charmantes bergères :
Allons sur les vertes fougères,
Au plus creux des forêts, au fond des antres sourds,
Célébrer mos tendres amours.
. T O U S E N S E M B L E.
Allons sur les bords des fontaines,
Le long des prés, parmi les plaines,
Mêler aux aimables zéphirs

Nos amoureux soupirs !
LA FoNTAINE.

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On aime en ces hameaux ; on songe assez à plaire ;
Cependant cherchez-y quelque berger sincère,
Et je veux bien, Iris, vous rendre votre foi ,
Si vous en trouvez un sincère comme moi.
I R I S. .

Il est quelques beautés que l'on trompe ou qu'on quitte,
Mais il en est plus d'une aussi qui le mérite.
Eh quoi ! voulez-vous donc qu'avec fidélité
On aime Cléonice, et son air affecté ?
Voulez-vous que l'on soit fidèle pour Madonte,
Qui toujours sur ses ans nous impose sans honte !
Mais Climène, mais Lise ont de vrais agrémens,
Et je répondrais bien , berger, de leurs amans.

T I R S 1 S,
Ne vous y trompez pas ; pour être jeune et belle,
On n'en a pas toujours un amant plus fidèle.
Vous parlez de Climène ! il n'est pas d'air plus doux ;
Et même elle a, dit on , quelque chose de vous ;
Mais si je vous disais que Climène est trahie ?
Ménalque, qui devrait l'aimer plus que sa vie ,
Qui souvent la voit seul près d'un certain buisson ,
Ménalque pour une autre a fait une chanson.

El Lise , à votre avis, est elle plus heureuse, Elle que ses beaux yeux rendent si dédaigneuse ? Elle osa l'autre jour devant d'autres pasteurs Choisir son Licidas pour lui donner des fleurs ; A l'amour du berger elle les crut bien dues ; Hélas ! le lendemain il les avait perdues.

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Tirsis, je vous entends ; vous n'aimez pas ainsi : Mais ne me puis-je pas faire valoir aussi ? Croyez-vous que pour être et fidèle et sincère, On en trouve toujours autant dans sa bergère ? Damon y gagnerait ; mous sommes tous témoins Combien à Timarète il a plu par ses soins. L'autre jour cependant elle vint par-derrière · Au fier et beau Thamire ôter sa panetière ; Damon était présent , elle ne lui dit rien ; Pour moi, de leurs amours je n'augurai pas bien : Ces tours-là ne se font qu'au berger que l'on aime ; Vous vous plaindriez bien si j'en usais de même. On croit que Lisidor a lieu d'être content : J'ai vu pourtant Alphise, elle qui l'aimait tant, A qui Daphnis mettait ses longs cheveux en tresse ; La belle avait un air de langueur, de paresse ; Au contraire, Daphnis, d'un air vif, animé , S'acquittait d'un emploi dont il était charmé : Alphise en ce moment rougit d'être surprise, Et je rougis aussi d'avoir surpris Alphise.

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