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Embellit bien l'obscurité !
Ah ! sans doute le ciel, par cet heureux présage,
Annonce à nos cantons épargnés par l'orage,
L'abondance, le calme et la sérénité.

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Quel doux parfum la terre exhale ! Que l'air est frais, et que le ciel étale De diverses beautés un riche assortiment ! Vois ces gouttes de pluie, en perles transformées, Mêler l'éclat du diamant Au verdoyant éclat des plantes ranimées. Remarques-tu ces insectes divers, Ces papillons brillans, ces abeilles dorées, Qui, se jouant dans le vague des airs, Étendent au soleil leurs ailes colorées ! Entends-tu le zéphir soupirer dans ces fleurs? Comme tout reverdit dans ces vastes contrées ! Nos campagnes désaltérées Recouvrent du printemps les flatteuses couleurs. Vois ces saules mouillés étaler leur feuillage Sur les bords du canal qui baigne ce séjour ; Comme ses eaux réfléchissent l'image De ce ciel embelli par l'éclat d'un beau jour !

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Embrasse-moi, Daphné. Quelle vive allégresse J'éprouve en contemplant les charmes de ces lieux ! Qu'autour de moi tout m'intéresse !

Depuis l'astre fécond qui règne dans les cieux,
Jusqu'au moindre arbrisseau, tout étonne mes yeux.
Quel délire enchanteur me saisit et m'entraîne,
Quand du haut de ce mont élevé dans les airs,
Je plonge mes regards sur cette immense plaine ;
Quand mollement assis sur ces prés toujours verts,
A de moins grands objets fixant ma rêverie,
Des arbres et des fruits, des plantes et des fleurs,
J'observe le parfum, le goût et les couleurs,
Et ces êtres nombreux dont la forme varie ;
Enfin lorsque d'un Dieu, timide adorateur,
J'admire des saisons la marche toujours sûre
De ce dôme azuré l'éternelle structure,
Le chef-d'œuvre du Créateur,
Et les trésors de la nature !
Alors étonné, confondu,
Par ces merveilles entassées,
Entre une foule de pensées,
Mon esprit reste suspendu :
Je m'arrête en silence, et des larmes pressées
Te rendent, Dieu puissant, l'hommage qui t'est dû !
Oui, les transports que ce tableau fait maître,
D'un torrent de plaisirs m'enivrent malgré moi :
Mais Daphné, tu m'as fait connaître
Un charme encor plus doux, c'est d'être aimé de toi.

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Misis, mon cher Misis, l'ivresse qui t'enflamme
Me pénètre de joie en passant dans mon âme.

Tous deux unis par un nœud si touchant,
Admirons de la nuit l'astre clair et paisible,
Et l'aurore naissante, et le soleil couchant ;
Par-tout d'un être immortel et puissant
Reconnaissons la main visible ;.
Qu'avec ma voix ta voix d'accord,
Pour rendre grâce au ciel, toujours se fasse entendre :
Ah ! quel ravissement, quand un pareil transport
Se mêle aux doux accens de l'amour le plus tendre !
BLIN DE SAINMoRE.

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I R I S et ÉGLÉ. É G L É. QuoIqUE penché vers l'horizon , | Le soleil de ses feux brûle encor le bocage. Veux-tu m'en croire, Iris ? descendons au rivage : Sous ces berceaux de myrte un verdoyant gazon Nous promet un riant ombrage.

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Avance encore un peu : ces touffes de lilas
Me retombent sur le visage.
É G L É.
Nous sommes bien ici.Dieux! quel ruisseau charmant !
On voit jusqu'au fond de son onde.
Ecoute, Iris : l'air est brûlant,
La source n'est pas bien profonde ;
Plongeons-nous dans ses flots jusqu'au sein seulement.

I R I S.
Et si l'on vient ? tu sais que je suis si craintive !
É G L É.
Aucun berger ne sait notre dessein ;
Aucun sentier ne mène à cette rive ;
Ce feuillage entr'ouvert par un zéphir badin ,
Ne laisse entrer qu'une lueur furtive,
Et puis se referme soudain.
- I R I S,

Ta confiance me rassure ;
Si tu l'oses, Eglé, je l'ose aussi vraiment.
Elles ont dit : leur dernier vêtement
Déjà tombe sur la verdure ;
Les flots, déjà d'une fraîche ceinture,
Embrassent leurs corps frémissant.
Long-temps ces slots caressent chaque belle.
Eglé parmi des joncs allant enfin s'asseoir :

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Qu'allons-nous faire , Iris ? ça ; lui dit-elle ! Pour passer le temps jusqu'au soir, Répétons , si tu veux, quelque chanson nouvelle. I R I S. Y penses-tu ? chanter ! le beau projet ! Dans le bosquet voisin, veux-tu te faire entendre ? É G L É. Ah ! je n'y songeais plus. .. . I R I S. Pour nous faire surprendre Par quelque berger indiscret ? É G L É. Eh bien, parlons tout bas.Sais-tu ce qu'il faut faire?... Conte-moi quelque histoire , une histoire d'amour : Tu raconteras la première ; J'en dirai quelqu'autre à mon tour. I R I S.

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