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habits de ChmSë-sïé : surquoy il en avoit pris un autre qŒHubM son pere luy avoit donné.Le Roy

qui ne sçavoit pas CDCOFC ICs 31'- j

tifices de la Cour, prit cela tout_ de-bon , 8c ne s'imagina pas qu'il y eust rien de malin dans cette intrigue. Sur la remontrance du premier Ministre il expedie un commandement à l'Intendant du Vagin" de se rendre àla Cour. Des que le .Vdçer eut appris qu on mandoit son Intendant ,il reconnut le mauvais estat de ses affaires : il jugea bien que cet homme diroit tout ce qu'il sçau. roit de plus fascheux contre luy,

parce qu'ils estoient ennemis de. puis long-temps; Haba I1. les

avoit tout exprés mis ensemble,

afin que ne se fiant pas l'un à l'autre, ils se tinssent toujours dans le devoir, &qu'ils neñ s'accordassent jamais au préjudice de ses finances. Le Vagin* pour empesd cher sa chûte autant qu'il pour

roit, fit devancer son Intendant par un des siens avec des lettres à son Vikil, ou Agent à la Cour,

ss par lesquelles il luy donnoit or

dre de ne rien épargner, qu'il offrist des sommes considerables à tels 8c tels Seigneurs: Maur, ajoûtaJ-il au dessous , garde-to] de rien offrir a‘ ce coquin de premier M ini/ire, a‘ ce chien de General des Mousquetaires: Et il en nomma ainsi quelques autres ausquels il ne voulut point qu'on fist de pre. sent. Mais par malheur cet Envoyé s'estropia sur le chemin , 8c ne pût faire toute la diligence qui estoit necessaire: de sorte que

l'Intendant qui marchoit aprés ' pour les faire voir aux personnes qu'elles traittoieilit si outrageuse. ment. Ceux-c us irritez u'au. paravant, coiiguisirent ceqt 1níondant devant sa Majesté à qui il confirma ce que déja elle avoit appris , que le Vagin' de Mamzderanavoit jette par terre l'habit royal qu'elle luy avoit envoyé, disant , le n'ay qae faire des /Jabitr de Cha-Sofia? , 8c qu'il avoit envoyé querir un des habits d'Ha. la: avec lequel il avoit fait son entrée. Le Roy sort indigné répeta plusieurs fois lo Gia-'i ,le Sogh, destadire le chien, le coquin,8c d'autres paroles encore plus vilainels qiäleurdsont ordinaires íl8c'

l'atteignit dans un caravanseray ou logement public , où il le trouva. tout couché 8c endormi5 8c ne perdant point une occasion si fa.. vorable , iLluy fit tirer adroite_ ment de dessous la teste le petit sac où estoient ses lettres. Il les lût ,Sc les porta ensuite à la Cour

ue es ran s ont continue e?nent à la bouche , n'esti1nant pas

deshonneste de les prononcer en

toute occasion 8c devant toutes sortes de personnes. On envoya

aussi-tost arrester l'Agent du Va

@H38c à-mesme-temps on dépêcha vers le Maistre un Cbapar ou Courrier extraordinaire pour l'arrester, 8c confisquer tous ses biens.

Le General des Mousquetaires non content de cela, fit sçavoir au Roy le lendemain que ce V4zieravoit été Intendant dïmuum Kou/z' Kéun , ce fameux Prince .Clontil a esté parlé avec tant d'é. loges , 8c dont ona raconté tant de merveilles en la vie du grand Hubur , des armées duquel il avoit esté Generaliffimez que ce

. V44, dis-je,avoit eu toutes les

pierreries dY-muum Kaulz' Kuuu en garde, 8c que cependant il n'avoit jamais voulu découvrir à Sosié I. l'endroit où ce Prince les avoit cachées lors qu'on le fit

mourir, protestant qu'il n'en sça- ’

voit rien 5 ce qui estoit une malice trop visible, n'y ayant que luy seul au monde a qui ce secret pust estre commis5 mais qu'à force de mauvais traittemens on le con

traindroit bien de dire la verité. Sa

\

Sa Majesté se laissa gagner par ces discours,de sorte qu'elle dépescha un second Courrier, avec ordre d'a1nener ce Seigneur pied-s 8c teste nuë, une chaîne de fer au col 5 que tous les jours on luy donnast quarante coups de bâton sur la plante des pieds , jusques à ce qu'il eust confesse où estoient ces pierreries.

Les Envoyez firent executer les ordres du Roy sur le Vazier, qui ne pouvant supporter le tourment 8c la fatigue,( car c'estoit au milieu de l'hyver, que toute la terre estoit couverte de neiges 8C de glaces ) mourut àla moitié du chemin , ayant resisté neuf jours durant, tout vieux qu'il estoit, a ces horribles peines , sans avoir rien avoüé sur ces pierreries d'I~ maam KouliKaan. Ses biens confisquez se trouveront monter à quelques vingt-cinq mille Tomans, qui sont environ quatre .cens mille écus.

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