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Cependant à [sim/Mn la joye

publique éclatoit par-tout 5 ce '

n'est0ient que festins , que réjoüissances, que courses de chevaux, 8c que d'autres divertissemens semblables.Lors que. le jour finissoit, un nombre infini de lumieres qu'on appelle en ce payslà Chimgdm , le long des ruës autour des maisons 8c dans les grandes places, luy succedoient d'une maniere tounà-fait pompeuse.

Le jeune Roy goustoit avide. ment toutes les delices que cette pleine liberté qu'il n'avoir jamais éprouvée jusques alors luy presentoit :-il faisoit tous les jours des promenades avec ses femmes aux environs de cette Capitale ., &c faisoit kvarouk dans tous les villages 8c les bourgs qui en sont proches.

Kourou/è signifie prohibition :. c'est une défense que l'on fait aux hommes, 8c aux garçons au dessus de sept ans , sur peine dela vie,

de se trouver dans les lieux où doivent passer les femmes du Roy lors qu'il veut aller quelque part avec elles. Le jour &auparavant on ferme le chemin avec des mes. mes toiles dont ils font seurs tentes , 8c qui étenduës sur des pieux font une closture qui empesche que de loin ni de prés on ne uisse voir les femmes quand eles passent. L'on avertit les hommes dans tous les lieux d'alentour' qu'ils ayent à une telle heure à se retirer5 8c deux lieuës àla ronde il y a des gardes qui empeschent qu'aucun nflapproche de ce chemin ainsi fermé : tant ils ont peur que leurs femmes ne soient veües par les hommes : Car ils n'empesclient pas que les autres femmes ne les voyent.

— On compte pendant les cinq mois qui Fécoulerent depuis leCouronnement du Roy jusquesà l'an 1078. de l'Egéré,revenanæ' .au point du Printemps de nostre

V

année 1667. soixante-deux konrouk ou promenades que le Roy a faites avec ses femmes à deux

7 lieuës aux environs d'I/sspahan,la

pluspart en Gioulfa le bourg des Armeniens, séparé de la Ville seu. lement par le fleuve sur lequel il y a plusieurs grands ponts tres.magnisiques pour la communication des deux places. Cela montre combien les femmes gouver_ noient la volonté de ce jeune Prince , 8c qu'elles luy faisoient faire toutes ces prohibitions pour avoir le plaisir de la chasse &de la promenade, &c de respirer un air plus doux 8c plus étendu que celuy de leur prison.

Pendant que le jeune Monar- '

que ne refusoit rien a ses femmes ni à ses sens, il ne refusoit rien non plus à ses favoris ni à ceux qui luy demandoient quelque chose , &c mesme plusieurs disgraciez revinrent en grace : 8c l'on pouvoit dire que le nouveau re—

gne -de ce Prince estoit comme unjubilé qui ouvroit aux captifs la prison: pour peu d'amis que chacun d'eux eust à la Cour, ils obtenoient aisément la permis_ sion d'y venir, pourveu que d'autres plus puissans n'y apportassent point dbbstacle.

Mir-za [cz-a , c'est à dire Prin

ce soûmzèfflestoit de ces disgraciez Bc de ces captifs dont nous par_ lons. Le feu Roy , comme il a esté dit en son lieu, l'avoir fait resserrer en son Palais, &c avoit confisqué tous ses biens qui estoient de plus de cent cinquante mille livres de rente , dont il ne luy avoit pas laissé plus de dixhuit mille 5 8c cela parce qu'encore qu'il fust aveugle, il avoit voulu tirer à soy l'administration d'un legs de six mille écus annuels, qu'un de ses ancestres avoit fait aux Mosquées. Car ce Testateur ayant ordonné que ce revenu fust .administré par le plus capable. de a - Y n'

sa famille , celuy à qui l'administration appartenoit estant mort,ce Seigneur aveugle se prersuada qu'il n'y en avoit point qui fust plus capable que luy : Et comme il estoit tres-puissant, 8c mesme du Sang Royal du costé de \à mere, qui estoit fille du grand Hubur : ce qui estoit auffi Ia cause pourquoy on luy avoit ar. raché les yeux: il voulut s'attrid buer comme par force cette administration , sous prétexte qu'il estoit retiré du monde, qu'il ne se mesioit que des choses divines qui concernoient la Religion, 8c qu'il avoit lus d'esprit que toute sa famil e : mais ses parensestant venus rapporter à Hub-u' Il. que Mir. 452 Ier-zí aveugle par le commandement du feu Roy son pere,afin de le rendre inha. bile aux affaires du' monde, vouloit par force 8c contre l'es loix. en prendre le maniment 5le Mo-si nat-que supporta tres-impatiem

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