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luy repeta ces agréables paroles avec un visage ouvert qui témoignoit beaucoup de satisfaction: ensuite dequoy elle le fit asseoir. Un moment aprés le Roy l'appella, &luy ordonna de s'approcher. @Land il fut prés de luy, il luy demanda : Huls-KouliKuun, que viens-tu fuire irys Ô* qzie/Z-ee que tu demundes? Ce Sci. gneur luy répondit avec une preence d'esprit merveilleuse: Ie shu *venu je), Bienfuiíïeur des humuínr, pour , servir nostre M u jesté, purce que les escluves zÿ.les chiens doivent e022jourx .estre uuprés de leur muzstre. Cette réponse plût à ce jeune Souverain , 8c aprés l'avoir congedié, il donna ordre au premier Ministre de le traiter splendidement le lendemain , de luy faire accommoder un Palais, de luy fournir de l'argent , 8c toutes les

autres choses dont il auroit be-.

soin. ' . . En execution de ce comman

'dement on luy prépara le grand

Palais où avoit esté logé l'Am_ bassadeur dïzíureng-zçil Roy des Indes, les années 1664.. 8c 1665.

dernieres. Ce Seigneur depuis 'qu'il en fut le maistre, le fit abatre

8c rebastir d'une maniere encore plus magnifique qu'auparavant, comme l'on peut voir en nostre description dïspahan.

Le lendemain comme il disnoit avec le premier Ministre, 8c qu'il

luy racontoit la maniere dont il

s'estoit échappé de la prison , il ajoûta, qu'un chien enragé plu: on le tient à la chaine, Ô plud- il devient sol Ô furieux. Ce qu'il disoit parce qu'il estoit tombé dans la. disgrace qui avoit causé (à prison, par des actions furieuses, 8cpleines d'un emportement qui tenoit de l'extravagance.

Peu de tem s aprés le Roy fit Mëgelés ou a emblée publique à sa consideration. Là , par une magnificence qui ne se pratique gueres que pour les Rois, l'on étendit dans le jardin par lequel ce Seigneur devoit passer , juil. ques au sallon où se tenoit l'assemblée, soixante 8c dix pieces de Zer- baffé , qui est ce riche brocart d'or de Perse qu'on appelle ainsi, comme qui diroit tissure d'ar. gent. Car Ëâzflzè” signifie trâmer, 8c faire un ti u. Chaque piece de ce brocart pouvoir monter à la. valeur de dix-huit Tamans, qui sont quelque huit à neuf cens livres, revenanten tout à quelques vingt mille 'ecus. Ceux à qui le Souverain fait cet honneur, mar_ chent déchaussez pardessus ces étoffcs, &sa Majesté aprés cela les envoye chez eux, 8c leur en fait un present , comme il fit à. celuy-cy auquel sur la fin d'un superbe festin qu'il luy donna, il dit ces paroles: Haly-KonlzLKMn, écoute ce que l'on 'v4 lire. ' Surquoy le grand Secretaire lût

un commandement dans lequel le

Roy le nommoit Gouverneur de Carassàn, qui est la .Bafíriane des Anciens, dont la capitale est Metched. Ce Gouvernement est un des beaux de Ia Perse: mais soit que ce Seigneur eust déja oüy de ce costé-là quel ue rumeur de guerre dont il ne e vouloit point mefler , soit qu'il luy faschast de quitter la Cour, ou , comme il y a plus d'apparence, qu'il ne vou. lust pas descendre , ni accepter une charge moindre que celle qu'il avoit euë avant sa prison, ( car autrefois il avoit esté Generaliffime des armées ) tant-y-a. qu'il remercia Ie Roy ,Sc luy dit : _Bienfaifíenr des humains , je sitio' vieux Ô déja cassë ;faim- moy cette grace si la sin de ma vie, qu'il me

fait permi-r d'est tond- les jours àla

parte de 'vastre M a jesté.

Les jours suivans il luy fit of. frir le Gouvernement dÏArmenie, dont Erwan est la capitale5 mais il l'en remercia encore de la mesz

Q

me maniere, 8c sans doute. pour les mesmes raisons, A la fin Ie Roy luy fit expedier les patentes

' de Generaliffime, avec le Gou

vernement de l'a Medie , dont Tehris que nous disons Taurisest

' la capitale, qui est toûjours an

nexé à cette charge. A l'heuremesme qu'il recevoir une faveur si extraordinaire de sa Majesté ,il eut bien la ïhardiessè de témoigner qu>il n'estoit pas encore content, 8c qu'il demandoit quelque chose davantage : Bienfalsiíeur des humains , luy dit-il , si vffire Maje/Zé me fait la grace de m'appeler à une si haute dignité , je la fitpplie tres-humhlement de vouloir ajouter à mon Gouvernement tels Ô tels vida es, asin que je puisse maintenir 1a. plendeurdu rang que vosire Majesté veut que je tienne , ó* que lors que quelque Etranger me viendra voir, je luypuiffi- donner un plat de Pelo (qui est du ris avec de la viande, le manger ordinaire des

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