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si bien que contre la coustume il l'appelloit encore en son lit Royal, quoy qu'elle fust âgée de vingt-deux. ans ,- 8c la menoit par tout avec luy.. En ce dernier voyage , où elle accompagnoit le Roy, elle avoit encore le .plaisir

de jouïr de la presence de ce cher

fils,auquel sa Majesté donna pour

arde 8c' our Gouverneur un Ërand Eusiuque 5 nommé Aga Mubarik , c'est à dire', Seigneur écrit. ' a . .

- De cette soi-te ce petit Prince en la Maison de Iaisance ou pour mieux dire pdesormaii de douleur en laquelle son Pere venoir dëexpirer se trouvoit tout à propos pour recevoir le diadême que l'assembléedes Grands luy alloit presenter, si l'intrigue des deux premiers Medecins eust réü-ffi. ‘ - .

- II ne tint pas à eux quecela ne fut. -lls la .conduifirent avec toute l'adresse miaginable: 8: peutz estre y avoient-ils pensé avant la

. mort du Roy, que selon les re

gles de l'art ils avoient. préveusië5 mais s'ils avoient fait quelque deliberation sur-ce sujet en ces temps-là , ce n'estoit.que .póur

.asseurer leur établissement -Sc

mettre leurs biensa couvert 5 ils ne prévoyoient pas qu'ils cduroient fortune de la vie ,' où ces funestes &dernieres paroles du Monarñquesi. rapportées cy-dessils semblaient les avoir reduits. 'Ils allerent doncreiudre visite au premier Ministre 8c 'sous' pretexte de lui-y donner avis de la

mort du Roy , 8c de luy. declasirer'

la qualité des deux derniers medicamens qu'ils luy— avoient fait prendre. lil-s entrérent dans ?ces matieres -pl-us importantes 5'115 parlerent de l'élection ., 8c Iuy sremontrerent q-ue luy 8c..tous..les Grands du. Conseil avoient-blei] sujet de prendre garde à eux 5. que le Prince quelques momensa

vantsa mort s'est0it plaint han-. -te voix que ses Ministres luy avoient fait donner du poison.,mais qu'il laissoit un fils qui leur mangei-oit le cœur z que ces ñparoles ny .ces plaintes .ne pQuë-'oient demeurer cachées .au successeur: que ii l'ondonnoit la Couronne

à l'aisn.é, qui estoit deja dans un

âge assez avancé pour se rendre indépendant, 8è qui d'ailleurs a, Voir l'esprit fort fier, il ne man; queroit jamais de se sersir de .ce .rerexte our se défaire de tous liesgGran - s à: de tous les Ministres , dans la pensée de se rendre

absolu par ,ce moyen , .ôc se met;

tre en estat de faire de nouvelles .creatures 5 veu principalement .quëil devoir se ressentir dumau—. Wais traittement que son Pere luy avoit fait depuis deux ans , qu'il attribuëroit toûjours au conseil de ses Ministres. Leur .conclusion fut , que comme il voyoit que

l: Prince aisne' x1: pouvoir pas

Vouloir du bienaux Grands , que dsseslzoitîa eux- une imprudîence de lüy en' Faire , particulierement un bien- de cette nature ,. qui le met'toit en” pouvoir de leur faire tout Iemal qu'il luy plairoit ',1 8c danseette eonjonctsi-ure le part-y le plus affeuré esïoit de faire tomber eu-r éleéÈion sur le puisné , HsizmgghMirga: que ce jeune Prince pro_ mettoit beaucoup , &ë donnoit pour l'avenir de grandes esperances pour la grandeur de l'E mpire des Pïerses, 8c pour le present il leur .donnoit sujet à. tous de s'at.fendre ' a' un doux rep-os , puis

q-ifesiant incapable des affaires il;

leur en Disseroit le maniement' un fort longctemps , qui ne pctoctuvoit estre moindre que' de douze ouquinze ans... ï

Ces paroles purtées par' c'es deux Seigneurs au premier Ministre , 8c ensuite. au second, auquel sous ce mesme pretexte' ils Ein-rent un semblable discours ,- fi;

C iiji)

zo-LE COURONNEMENT rent tout l'effet qu'ils en Osoient desirer, — ' L'un &l'autre s'y rendirentÆc ils resolurent d'élever sur le trô- ' ne le plusjeune des ensans du' seu Roy au prejudice de l'aisné: Ils se' figurerent que si cet aisné venoit à regner leur perte estoit in. sailliblezqu'il y avoit tout à craindre d'un esprit hautain comme le i sien , quià Page de vingt ans le verroit de captif tout à coup de_ venu souverain 5 quand il ne se croiroit pas avoir esté osseuse par -eux , le plaisir qu'il prendroit à faire le Maistre le porteroi-t à d'étranges resolutions,dont la moindre seroit de changer la face de

la Cour. Et qui sçait (disoient

—ils en eux-mesmes) S'il n'attente.

ra point à nos vies ?Sur tout le reproche demlpoisonnement les mettoit à la ge ne: car bien que peut-estre ils en fussent innocens, le soupçon en estoit si plausible, que cette accusation toute fausse

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