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qu'elle estoit à leur égard ne leur presentoi t pas uneimage dessmort moins horrible , que si elle eusl: esté véritable ,lors que le Prince, qui succederoit à l'Empire, voudroit l'appuyer,qu'au contraire si l'on élisoit le puisiié, ils se main. tiendroient sans peine dans le pofle glorieux que leurs chargesleur . donnOient:qu'ils auroient le loisir . d'élever leurs familles , 8c de faire des creatures :. qu'ils gouverne- ' roient avec un pouvoir presque absolu sous un enfant un des plus grands Empires de l'Univers.

Mais parce que -îj'ay déja H65L/ 1 bien des sois de cét empoisosiïsement du Prince, 8c qu'au commencement de cét ouvra e j'ay rapporté une autre cau e de sa. mort, 8c qu'en cela il pourroit sembler que je tombe en contradiction , le Lecteur me permettra de saire une petite digression , qui ne luy deplaira pas , comme je pense , sur les divers soupçons

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que l'on eut de cette mort.

Il est donc vray -que la cause qui en fut la plus certaine , est celle que j'ay rapportéeje veux dire,cette maladie des-,honneste suivie d'un cancer , lequel prenant au

eartilage , qui forme les conduits~

de l'odorat , rongeoit en bas &c enc dedans vers le palais, 8cdescen. doit jusques à la gorge , fermant. les passages qui servent à- la respiration. Mais voicy ce que ceux, qui ffestimoient plus éclairsiez ,muñrmuroient tout bas à l'-oreille— des curieux ,- 8c moy mesme j'a):ÎQIeun de cen-xzfiñqui on l'a dit en grand secret. Ils asseuroient que .quelques-uns des principaux de la; Cour que l'onappelle du dehors 8c quelques - uns auffi des Eunuques du dedans ,. c'est à dire de l'appartement des femmes deoient depuis quelque temps ar. reste” entr'eux de se délivrer de ce: Monarque, 8c avoient choisile poison pour cet effet comme un;

'moyen plus seur 8c plus caché.-Ce' g - qui les avoit portez à-cette estran-

e resolution ,. estoit .Fhumeur ?amenée de ce -Prinee ,. dont ilï rendoit tous les jours de nou_ veaux 8c de plus sanglans témoin gnages. Il en eftoit venu jusqir ce point qu'aprés s'éstre remply de vin ,auque il estoit extreme-a ment addonné ', il avoit e orgé' sans sujet une de ses plus îelles femmeslegitimes, &c pour Iaquelle il avoit effectivement beaueoupdamour ?il en avoit fait au-tant à quelques-uns de ses do-mestiques: sisi bien que les autresï apprehendans une pareille infortune se laisserent aller à cét '-execrable resolution de Puy don. ner un breuvage empoisonné qub le mineroit peu à peu , 8e qui' luy eauseroit une mort lente , dont on ne fappercevroit qu'aprés» qu'elle seroit arrivée.. D'autres:avoüoient ,que veritablement ilŸ .avoit commisdans son yvresse les»

H'

cruautez dont o'n l'accusoit5 mais qu'on ne luy avoit point donné de poison pour cela, 8c que ce qui luy rongeoit le cœur c'estoit plû_ tost une secrette honte 8c une

douleur amere qu''il avoit con-.

ceuë de s'estre laissé aller à des emportemens si étranges. Qloy qu'il en soit , ce bruit du poison n'a toûjours esté qu'un bruit5 l'on n'en a jamais informé 8c on a trai_ té la chose comme une illusion qui n'avoir point de fondement, quoy que peut-estre si on eust voulu Fexaminer de prés on y en eust trouve. . ' Les deux principaux Eunuques, auffi bien que les deux premiers Medecins, aprés avoir instruit ces Ministres de ce qui s'estoit passé en la mort du Roy , allerent aussi en donner avis aux autres Sei

. gneurs du Conseil gardans le se

cret necessaire , de peur que le

peuple ny les soldats n'en couz.

ceussenr quelque soup çon, 8c leur

remontrerent 'que ce Prince es. tant mort sans declarer son successeur ny par écrit ny de bouche, il estoit important pour le salut de ?Estat qu'ils Fassemblas_ sent afin de deliberer sur une si grande affaire. Ces Seigneurs ap_ prouverent leur conduite 8c convinrent d'un lieu oùse tiendroit leurassemblée , qui ne donneroit à.personne,non pas mesme à leurs p-lus familiers ,aucune occasion de‘s'alarmer. .

-Ils le choisir-ent' à la porte de Ia

-maison mesme où le Roy esioit

demeure' malade, où non seulement eux, mais toute la Cour,a.

accoustumé de se rendre sur les

sept heures du matin lors que les Rois sont à la campagne. La fou. le des courtisans s'y trouva donc sans rien sçavo' ét accident. Les Seigne~nt part au Gouvernement s'y trouverent —

auffi , 8c entrerent dansquelques. unes de ces petites tentes , com.

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