Images de page
PDF

le vouloient pas perdre,parce que le Roy seul eust profité de sa per. te, 8c qu'ils vou oient seulement luy montrer qu'ils le pouvoient faire pour l'exciter d'autant plus àleurfaire de grands presens. Ils ne permirent pas que ces solliciteurs le ouffiissent à bout 5 De sorte qu'il, en appaisa la pluspart, restituant aux plus dangereux une portion de ce qu'il leur avoit volé.

Sa plus forte partie, 8c son plus grand ennemy à la Cour estoit ce brutal vieillard 5 Le Generalisiime HaliñéoulLKaan qui le haissoit mortellement 8c si ouvertement qu'il n'avoit pas voulu recevoir sa visite ny son present: La cause de cette adversion estoit, que du vivant d'Hubert/s' fi-cond, quelques douze ans avant sa mort ce General d'armée estant en son gouvernement de Tauris , tomba

our les raisons que j'ay dites ail_ eurs dans la. disgrace .du Prince ss Ff ij

a

une seconde fois , 8c fut envoyé Prisonnier à Cótshin , tous ses biens furent aussi confisquez. MMM_ Sudek frere de ce Mir. uJbr-zhim . . 4 \ . qui tenoit en cette mesme Ville 8c dans toute la Province la lace p

qu'y tient aujourd'huy son frere, .

comme Fermier Royal , fut commis par sa Majesté à la vente de ces biens confisquez5 il s'y comporta avec tant de rigueur , qu'il prit jusques aux tomb-ms ou calleçons de ses femmes , 8c les fit vendre en plein marché. Car com_ me ce Seigneur avoit beaucoup de femmes , 8c que ces Dames Persannes sont fort magnifiques en leurs habits 5 Il y ades callegons qui valent trente à quarante escus la piece, de sorte que la quantité pouvoit faire une somme considerable. '

Cé: affront piqùa le Generaliffime-jusques au vif, 8c il en conqeut une rage contre cette maison qui alla jusquesâl'excc's,il la

k

declara premierement contre' ce

Vazier mesme qui luy avoit fai-t

Paffront : Car aprés qu'il fut retourné en grace , se voyant en pouvoir detout oser , il l'envoyer.

uerir 8c sans le vouloir voir lors ?qu'il frit arrivé, ille fit jetter dans ses Escuries,où par' une injure tres honteuse en cepaïsólà, 8c qu'on

-ne peut pas exprimer honneste.

ment en nostre langue ,il l'exposa à la brutalité desix puissans Palfrenierssi

ss Mir-za-lhrahim sçavoit tout cela , 8c connoissoit bien jusques où cét esprit fier 8c cruel estoit capable d'aller 5 il le voyoit d'ailleurs nouvellement rétably , si bien qu'il possedoit la troisiéme charge de l'Empire 5 8c ce qui estoit bien plus d'importance, qu'il tenoit dans la faveur le premier rang , 8c que le Roy l'écoutoit comme son Gouverneur. Il jugea bien qu'entre ceux qui travailleroient à sa ruine, celuy-cy

F f iij

en avoit plus de volonté 8c plus de pouvoir 5c'est pourquoy il se resolut de le gagner à quelque prixque ce fust , ou s'il ne pou

voit le porter à luy rendre quel' que bon office,l'obliger du moins . à se taire , 8c à laisser aller les cho

ses sans s'y opposer 5 il alla donc luy rendre visite , 8c demanda d'estre receu à luy faire la reverence.. Le General d'armée d' _ bord que le Vazger fut entré feignit de ne le pas voir8c d'avoir mal à la teste, il demanda un lit de repos sur lequel il se jetta, 8c aprés y avoir demeuré plus de deux heures, il se retire au dedans de son Palais ,laissant là une foule qui l'attendoit, 8c comme les autres Mir-zça-Ihrahim qui fut contraint aussi bien que le reste de se retirer.

Mir-za. Ihrahim sans se rebuter revint le lendemain, le General sans faire semblant qu'on luyeust demandé de sa part la permission de le salüer , &t d'estre admis dans le sallon où il donnoit ses audien_ ces ne rendit point de responce5 de sorte qu'il laissa ce Seigneur trois heures durant debout para my les Officiers 8c les personnes du -commun5 il sort aprés cela, passe pardevant luy sans le regarder , 8c monte à cheval. Mir-za.Ibrahim le suit , 8cse tenant proche de luy, luy disoit toûjours as. sez haut pour se faire entendre, Seigneur la paix soit sur vous; Le Général d'armée fut un temps sans respondré rien 5 Mais comme l'autre continuoit toûjours à luy donner le salut5 celuy-cy lassé” .de ces civilitez importunes se détourne en le chargeant d'injures. Gidi ,segh. chien , execrahle quÿzy-je a faire avec toy , ny to) avec mos5 'cra-t'en en enfer, Ô que je ne te -Daye jamais. Là dessus il recommanda à ses gens de le faire retirer. Le pauvre Mir-za Ihrahim se -voyant si mal-traité eut recours F f iiij

« PrécédentContinuer »