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Meilleur
Mener,
Menu ,

Meute ,

De Loi , Aloi.

Long, Alonger. Pourquoi donc n'écriroit-on pas Acourcir ?
Lourd, Alourdir. Pourquoi donc n'écriroit-on pas Apesantir ?
Maigrir, Amaigrir.
Mat,

Amatir.
Améliorer.
Amener. Ces mots , & les quatre suivans , montrent

Amenuiser. que l'Académie ne double point la lettre
Meuble, Ameublir.

M.
Ameuter.
Mince, Amincir.
Moindre, Amoindrir.
Mol, Amollir , ou Amolir: car on n'y prononce qu'une L.
Monceau , Amonceler.
Mort, Amortir.
Moser, Amufer.
Néant, Anéantir. 2
Noble, Anoblir. Pourquoi donc écriroit-on Annuller ?
Nuit, Anuiter. J
Paix,

Apaiser.
Percevoir, A percevoir.
Apeciffer.

Voilà au moins huit P que l'Académie ne Aplanir.

double point : pourquoi donc doubleroitAplarir.

on les autres ? A poster.

Apostiller. Por,

Apurer. Ras, Arafer. Pourquoi donc n'écriroit-on pas Arondir ? &c. Terme, Atermoyer. Pourquoi donc n'écriroit-on pas Atabler ? &c. Vache, Avachir. Venir , Avenir.

On ne double jamais en François la lettre V: Avilir.

pourquoi donc doubler en écrivant tant d'auAviver,

tres lettres qu'on ne double point en pronon. Voisin , Avoisiner. De tant d'exemples ne pouroit-on donc pas conclure qu'il y a encore plusieurs mots où l'on pouroit négliger le doublement. Life de mots , d'après les exemples précédens, on pouroic

négliger le doublement,

Acábler. De Couple, Acoupler. Col, Acoler.

Court,

Acourir. Compagnie , Acompagner.

Coutume

Acoutumer.
Acofter.
Crédit ,

Acréditer.
Couche,
Acoucher.

Acrocher. s'Acouder,

Acroupir.

Petit, Plan, Plat , Pofte ,

Postille,

Vil , Vif,

çant ?

De Cable,

Côte ,

3

Coude,

Croc,
Croupe,

Fade ,
Faire,

Pair,

Fil ,

Rang ,

Fret,

Rond ,

De Cul ,

Aculer. De Parent , Aparen
Afadir.

Aparier
Afaire.

Pauvre,

Apauvr:
Faim,
Áfamer.

Perant,

Apesan
Ferme,
Afermer.

Point,

Apointe
Ferme,
Afermir.
Prendre,

Aprend
Afiler.

Privé,

Aprivoi
Fin,
Afiner.

Profond, Aprofor
Foible,

Afoiblir. Propre, Apropr.
Fol ,
Afoler.

Provision,

Aprovi;
Fourche , Afourcher.

Arange
Franc
Afranchir. Rive,

Ariver.
Afréter.

Arondi
Friand,
Afriander. Table ,

Atabler
Afronter.
Tendre,

Atendr
Afuter.
Terre,

Aterrer
Alaiter,

Atiédir
Lumiere, Alumer.

Atrifter
Anuler.
Troupe,

Atroup Apareiller. Si l'on compare cette Liste avec la précédente, il ne sera peu pas facile de discerner pourquoi on retiendroit dans celle-ci un double que l'Académie même supprime dans l'autre. L'Académie, en retran une partie de ces doublemens qui s'éteignent , semble nous inviter à primer de même ceux que l'usage éteint également dans la prononci en atendant qu'il les éteigne totalement dans l'Orthographe. On éteint les premiers avant que l'Académie ratifiât certe extinction dar Dictionaire ; elle semble par-là témoigner qu'elle approuve cette nc Orthographe , & que comme elle en a ratifié le commencement, ratifiera de même les progrès.

Front,

Fût ,

Lait,

Tiede,
Triste ,

Nul,
Pareil,

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ARTICLE II. De la Lettre B.

La Lettre B se prononce toujours de la même maniere , qua doit la prononcer. Quelques-uns supposent qu'elle se confond quelq avec le P, comme si Obtenir devoit se prononcer Oprenir ; mais c'e altération que rien n'exige. Dans quelques Provinces on confond B avec le Vé, ou V consone. Ainsi pour dire Boire , les uns Voire, tandis que les autres disent Poire. Ces deux prononciation également vicieuses.

Lorsque le B se trouve doublé au milieu des mots, il arive so qu'on n'en prononce qu’un , comme on vient de le voir dans Ab. d'où l'on a formé Abrégé, parce qu'on n'y prononce qu'un B. P! mots sont usités, plus ces doublemens incommodes se négligent; on d'en voir une multitude d'exemples dans les mots composés de la let

Il en est de même des mots simples : Ainsi pour conserver l'étymologie, on écrit Abbé , Abbelle, Abbaye; mais on prononce , Abé, Abelle, Abeie; parce que ces mots sont devenus parmi nous très-fréquens : au contraire, dans Abbazial, qui est plus rare & qui vient encore plus immédiatement du Latin, Abbatialis, on fait sentir les deux B.

Comme selon l'étymologie on a dû écrire en Latin Obmittere , on a aufli écrit en François Obmettre : mais la prononciation s'eft adoucie dans les deux Langues, de maniere qu'on a écrit en Latin Omittere ; & qu'en François on écrit de même Omeiere , fans B.

Lorsque le B se trouve à la fin des mots, on le prononce dans les noms propres, Jacob, Rehab : mais dans les autres mots , l'usage varie. Aiali dans Plomb, on ne le fait pas sentir : on prononce Plon : cepen, dant on le conserve en écrivant, parce qu'il vient du Larin Plumbum ; & parce qu'il sert à former les dérivés, Plomber, Plomberie , Plombier , Plombagine ou Mine de plomb.

Quelques-uns prétendent qu'il en est de même du mot Rumb , dérivé du Latin Rumbus , en parlant du vent ; & il peut se faire que parmi ceux qui se servent souvent de ce mot, on prononce Ron; mais entre ceux qui s'en servent rarement , l'usage est d'y faire sentir le B. L'Académie avertit qu'on prononce Romb.

Le B se joint avec les lettres L & R, & il y conserve son articu lation naturele , soit au commencement des mots , Blámer , Brayer: soit au milieu , sâbler , såbrer.

ARTICLE III. De la Lettre C. La Lettre C exprime deux articulations différentes. Devant les voyeles 4,0,0, elle se prononce comme le K ; ainsi on dit : Cabaret , Colonne, Cuve. Devant les voyeles E, I, Y , elle se prononce comme La lettre S; ainsi on dit : Céfure , Ciment , Cycle.

Pour lui donner devant les voyeles A, O, U, l'articulation de la lettre S, on met dessous une queue que l'on nomme cédille : ainsi on écrit , il s'avança , il façona , il reçue. Mais on retranche cette cédille, quand le Cle trouve suivi des voyeles E, 1: ainsi quoiqu'on écrive, il plaça, il reçut, néanmoins il faut écrire, placer & recevoir , sans cédille.

Le C a pris la place du K , dans Kalenda , d'où on a fait en Latin tême Calenda , & en François, Calendes. Le C, qui est la troisieme Lettre de l'Alphabet des Latins, vient de Gamma', qui est la troisieme lettre de l'Alphabet des Grecs; celuiai vient du Ghimel, qui est la troisieme lettre de l'Alphabet des Hébreux ; & de cette origine le C a conservé quelque affinité avec le G.

Il se confond avec le G, en Latin dans Gaïus , d'où on a forme Caius;& au contraire en François dans Claude , que l'on prononce abuSevement Glaude , d'où l'on a formé par corruption Glaudon & Gaudon.

De même au milieu des mots lec se confond avec le G, de ma

2

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niere que du Latin Cicada , on a fait en François Cigale; de Ciconia eft venu Cigogne ; l'Académie l’écrit ainsi : & de Cicuts, on a formé Ciguë : mais on conserve cependant Cicutaire ; parce que ce mot est plus rare. De Secundus , on a tiré Second ; & on l'écrit ainsi à cause de l'étymologie ; mais on prononce Segond.

Le C se confond avec le l, en sorte que du masculin Public, on forme le féminin Publique : du Latin Africa , on forme en François , Afrique ; mais de ce fubftantif on forme ensuite l'adjectif Africair , où le C reparoit ; parce que dans cet adjectif il s'apuie sur l'Ă , au lieu que dans le fubftantif il ne pouroit s'apuier sur fon E muet, sans perdre la forme.

Le C se confond également avec la lettre S, en sorte que de Souris fe forme Souriciere.

Devant la voyele 1, le C fe confond avec le T, en sorte qu'en Latin même on écrit Nuntius , & Nuncius , d'où est venu en François Nonce. De Pænitentia , on a fait en François , Pénitence , & Pénitencier. Mais l'Académie conserve Pénitenriaux & Pénitentiel , avec un T, parce que ces mors beaucoup plus rares sont moins dérivés du François, Pénitence, que du Latin , Penitentiale , Pænitentiales.

Le C doublé au milieu des mots, devant les voyeles, A, O, U, se double plus ou moins dans la prononciation, selon que les mots sont plus ou moins usités. Ainsi on apuie sur ce doublement dans Acca Laurentia : mais il s'afoiblit & s'éteint dans Accâbler, Accommoder , Accuser. On le conterve néanmoins dans l’Orthographe de ces deux derniers mots , parce qu'ils vienent du Latin Accommodare , Accufare; mais il semble qu'on pouroit le négliger dans Accábler, Accoler, Accoster , &c. comme venant immédiatement du François, Cable , Col, Côte , autrefois Coste.

On conserve ce doublement dans la prononciation même devant les voyeles E, I, parce qu'alors le premier C se prononce comme le K , & le fecond comme la lettre S. Ainsi on dit & on écrit , Acceprion & Accident , qui vienent l'un & l'autre du Latit. Mais du François Cens, on forine Acenfer , fans doublement.

Le C tient aussi lieu de la lettre l, lorsqu'on veut la doubler : ainsi on dit en Latin , Acquiefcere , Acquirere ; & delà en François , Acquiefcer, Acquérir : mais le grand ufage de ces mots fait qu'en François on laisse éteindre ce doublement dans la prononciation.

Le C au commencement & au milieu des mots , se joint avec les lettres L, M, N, R, T. Claquer, Craquer; Bácler, Sacrer; Affecter : & en Latin , Cneus, Acmon, Acne. Dans tous ces mots il conserve la prononciation forte du K. Il s'afoiblit devant la lettre L dans Ecloga d'où l'on a fait en François , Eglogue ; l'Académie l'écrit ainsi. De clas ficum , on a fait en François , Glas : c'est ainsi que l'Académie l'éctit.

Le C conserve sa force devant la lettre H, dans les mots peu usités qui nous vienent du Latin , ou du Grec, ou de l'Hébreu, comme dans Chaos, Chélidoine , Chiromancie , Chorévêque, Chus, Chylófe. La même articulation C H retient encore toute la force devant les consones L, R, T, comme dans Chloris , Chrême, Autochthone.

L'articulation

L'articulation forte , ou CH, pouroit aussi se joindre avec la lettre S; mais alors les deux articulacions réunies forment la lettre x. Ainsi au lieu de Arphacfad, on écrit Arphaxad. De même on trouve Achfaph & Axaph : C'est le même nom.

L'articulation CH se trouve encore jointe au Z dans Achzib & Achziba : & elle y conserve fa force.

Mais elle s'afoiblit devant les voyeles dans les noms fort usités : Chaleur , Chemin , Chicane, Chofe, Chute, Chyle. Delà il est arivé que pour lui conserver la force devant les voyeles, 1,0, on supprime quelquefois la lettre H, en négligeant l'étymologie ; ainsi on trouve Mécanique pour Méchanique ; & Métempsycose pour

Métempsychose. L'Académie approuve même cette Orthographe , en facrifiant la raison d'éty: mologie à l'usage de la prononciation. Mais elle a néanmoins conservé Chalastique , Chalcite, Chalcographe, Chalibé, Chaos , Chorégraphie, Chorévêque , Chorion, Choriste", Chorographie, Chorographique , Choo roide , &c. en avertiffant seulement qu'on n'y prononce point la lettre H, c'est-à-dire , qu'on y prononce C'À & Co, quoiqu'on y conserve l'aspiration à cause de l'étymologie.

Le C ou C H se fait sentir en conservant toute la force dans les monofyllabes & dans les mots peu usités : Bac , Bec , Cric-crac, Tic & Tac, Broc, Choc , Duc, Stuc, Baruch , Maroc, Syndic , Échec , Biffac. Mais il s'éteint & se perd dans les mots qui devienent d'un grand ofage, comme dans Almanach, Cotignac , Eftomach , Tabac , Caudebec, Cric , instrument, Croc : ceux qui se servent peu de ces mots y font sentir le C; mais ceux qui les répecent souvent, le négligent : on dit communément un Almana, des Almanas , du Taba , d'où l'on a formé Tabariere fans C : & l'Académie a pris soin de remarquer qu'on prononce Cri & Cro. On fait néanmoins sentir le C dans Croc-en-jambe , & quand on dit , Cela fait croc fous la dent.

Le CT le prononce dans Tatt, Exad , Afpet , Abje&t , Correct , Direct, Infert, Sufpect, Diftri&t : il s'éteint dans les mots d'un fréquent osage , comme Contrakt & Respect : l'Académie écrit même Contrat , fans C. Mais ces deux articulations CT reprenent toute leur forcé dans les dérivés, Contrakter , respecter , &c.

Quelquefois ce CT final s'apuie sur un e muet , non seulement dans les noms féminins , Casarafte & Epacte; Pandectes & Vindi&te , mais dans les noms mêmes masculins , Aete, Paete, Architecte , Diale&te , lafe&te ; & pour les deux genres dans l'adje&tit Compacte , d'où il arive qe les voyeles, A, E, 1, demeurent breves au pluriel comme au fingalier , au lieu qu'elles devienent longues dans les mots où ces deux articulations ne sont pas suivies de l'E muet, Contracts, Refpe&ts.

Le C final se change non seulement en l; en passant du masculin au féminin , Public , Publique; mais encore en CH, Sec , Seche. On écrit auft Grée , Grecque , en réunissant le C avec le é pour former un doublement : mais ce doublement est inutile , puisqu'on ne le prononce pas, & qu'il n'est point fondé sur l'étymologie ; Græcus, Græca.

d

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