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uvent état

Liste de mots en ETE qui peuvent être longs ou brefs.

Selon leur étymologie.

Grec.

E bref.

're longs

E long.
Amulerum,
Anachoreta,
Athleca ,.
Cometa ,

Diæta ,

eneme heorême

Planeta ,
Poeta ,

Rubera ,

natheme pozeme ieme.

dén

ne, Ce pronet il prend

!

como 'A este raison

Amulete. Agonothera , Agonothete.
Anachorête. Achlorheta ,

Athlochete.
Athlete.

Interpres, eris, Interprete. ratagem

Comête. preme

Diête.

* Nota. Dans la plupart de ces mots tême.

Planête,

François , l'E est réputé bref; & Poête.

cependant on voit que selon leur Propheta, Prophête.

étymologie, il doit être longrirême. Proxenete ,

Proxenête.

Rubête. §. 2. De l’E suivi d'une voyele ou d'une diphthongue. L’E suivi de l'A se prononce fermé & bref, comme dans Éaque , (Æacus ), Rhéa, il agres , il créa. Suivi de la diphthongue Al, il le prononce fermé & bref dans l'agréai ; il s'éclipse dans Geai , qui fe prononce Jai. Suivi de la voyele nasale AN, il le prononce fermé & bref dans Géant , & Géante ; il s'éclipse dans Jean & Jeanne ; on prononce

Jan & Jane. Suivi de la diphthongue AU, il se prononce fermé & bref : on pas dans Eaule, (nom de ville), fléau , préau ; il s'éclipse dans Ear, que

l'on prononce 6; & dans toutes les autres terminaisons en eau , que l'on prononce o bref, Agneau, Bandeau , Carreau , Drapeau , &c.

L'E suivi d'un second E se prononce fermé, soit que ce second E soit muet , comme dans il agrée, il crée ; soit qu'il soit également fermé, comme dans Agréé, Créé ; & quelquefois ces deux E termés font suivis d'un troisieme qui est muet, Agréée, Créce, &c.

L'E suivi d'un I, avec lequel il forme diphthongue, ou du moins fausse diphthongue , absorbe communément l'i, & le prononce en E ouvert & bref. Peine , Veine, Pleine : il est long dans Reine & Reiere. Suivi de la voyele nasale IN, il s'éclipse , & ne laisse entendre

que

l'I nafal: Delein fe prononce comme Delin, quoique ce soient deux mots différens ; & on prononce de même Frein , Sein , Plein , de maniere que dans cet adje&if au masculin c'est l'I qui domine , Plein ; & au féminin c'est l'E, Pleine.

L'E suivi d'un I qui ne forme pas diphthongue , le prononce fermé & bref , & l'on met sur l'I le tréma : Obeir, Obéissance. On peut même se dispenser d'y mettre le tréma; parce que le seul accent qui est sur l’E, avertit qu'il se prononce séparément.

L'E luivi de l'o, se prononce fermé dans Gédéon , Siméon , Léon : il s'éclipse après le G dans Bourgeon, Dongeon , Efcourgeon, Esturgeon, Pigeon , Plongeon , Sauvageon , Surgeon : la derniere syllabe de cous ces mots se prononce jon. De même dans Abrégeoit, Alongeoit, Afiégeoit, &c.

eft long

efsa

hele. ele.

re. re. these. here. se. ere.

hele. aphere

mais a

e pas .

L’É suivi de la voyele U, formant diphthongue , produit avec elle un Son foible & bref dans Eu , nom d'une ville de Normandie ; mais ce son devient long & plus fort dans Eux , pluriel du pronom il, & dans les noms commençant par Eu , tels que Eucharistie, Euchologe , Eunuque, Euphrate, Europe, Euterpe. Il est bref au fingulier Veuf; long au pluriel Veufs. Bref dans les noms en EUIL, Deuil , Seuil, &c. Bref dans Gueule, Seule , Aicule, Filleule ; mais long dans Meule & Veúle. Bref dans Jeune , long dans Jeûne. Bref au singulier dans Odeur , long au pluriel, sans néanmoins changer le son, Odeurs : bref dans la majeure part , mais long en disant : Cette fille es majeure : & néanmoins le fon est encore le même. Long, mais avec un son différent, dans Précieux & Précieuse. Bref dans il peut : long dans il veur. Bref dans Émeute & Épreuve , & jusques dans Couleuvre , mais long dans Feútre & Neútre.

L'E suivi d'un U, sans former diphthongue, se prononce fermé comme dans quelques noms empruntés des Latins, tels que Cnéus, Péléus. Il s'éteint dans le participe Eu , que l'on prononce U. Delà vient que dans le participe de Voir, autrefois Veu & Veue , on a supprimé cete; & d'abord on y a substitué l'accent circonflexe, & Vue : mais aujourd'hui l'Académie l'écrit fans accent aux deux genres. Il faut cependant observer que cet u bref au masculin , Vu, devient long au féminia Vúe , qui par cette raison mériteroit de conserver le circonflexe : ce que l'on peut dire également du substantif , Vủe, qui a la même origine & la même prononciation.

L'E suivi de l'Y , pris pour valeur de deux I, absorbe le premier I, & ne laisse entendre que le second : Pleyon , re prononce Plé-ion : & cet E est bref.

S. 3. De l’E suivi des confones M & N. L'E suivi des consones M & N, conserve son propre son à la fin de ces deux mots , Jérusalem & Examen.

Mais au commencement & au milieu des mots , l'E, en se joignant à ces deux consones , prend un son nasal : Embuche , Enceinte ; & ce fon nasal est entiérement semblable à celui de la voyele A, en semblable position : Ambassadeur , Ancêtres. Il en résulte que ces deux voyeles prenent également I'M avant le B , Embaler, Embarquer; avant le P, Empaler , Emparer ; & avant le PH, Emphase , Emphyteofe : avant les autres confones , l'E comme l'A, prend la lettre N , Encaquer, Encenfer, Enchainer, Enderer , Enfanter , Engager , Engendrer, Enhardir , Enjamber , Enlever , Emmener , Ennoblir, Enquérir , Ero feigner , Entamer , Envoyer.

Il y a seulement cette différence que l’A suivi de deux M ou de deux N, cesse d'être nasal , Ammener , Ammonceler; on prononce & on écrit , Amener , Amonceler; & quoiqu'on écrive Annoncer, on prononce Anoncer. Mais l'E en pareil cas conserve le fon nasal, Emmener Ennoblir. On a prétendu qu'il falloit prononcer & même écrire Anoblir : mais l'Académie conserve les deux expreffions, Anoblir & Ennoblir ; &

persone

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persone ne refusera de convenir que du moins de fon nafal se faie sentir dans Ennui & Ennuyer. Il ne s'éteint que dans le seul mot. Ennemi , où l'on double abusivement la lettre N, puisqu'il n'y en a qu'une en Latin dans Inimicus , & qu'en François on n'en prononce qu'une , Enemi.

Il s'agit maintenant d'examiner quelle distinction on peut faire entre l'A nasal AM, ou AN,& l’E nasal E-M, ou ÉN. Liste de quelques mots écrits par AM ou EM nasal. A M.

Embaras de Bäre. Ambassade, d'Ambasciator.

Ein bater, de Bar. Ambigu d'Ambiguus. Embaucher, de Bauche.. Ambition, d' Ambitio.

Embaumer, de Baume, : Ambre, d'Ambanum.

Embégainer, de Béguin.
Ambulant , d' Ambulans.

Embélir; de Bel.
E M.

Emboucher , de Bouche.
Embaler, ou Emballer, deBalle. Embourer, de Boure.
Embarquer, de. Barque.

Embrocher, de Broche. Sans qu'il soit nécessaire d'aller plus loin, on apperçoit que nos AM vienent communément du Latin ou du Gres, &

que la plupart de nos E M vienent de la préposition Ę N, changeant Nen M, à cause du B. ou du P. Nous avons cependant quelques E M qui vienent du Latin ou du Gréc EM, rels que Embleme, Emphase; & quelques-uns du Latin IM, tels que ceux-ci : Impedire , Empêcher ; Imperator , Empereur ; İmperium , Empire ; Implere , Emplir. Sur quoi il faut

remarquer qu'on reprend néanmoins ri, dans Imperial & Impérieux ; & que communémene l’I M du Latin se conserve en François ; Imbécille , Imbibé , Imbul, Impair , Impatient, Impie , &c. Il en est de même de nos AN ou EN, comme on va le voir.

Liste de quelques mots écrits par AN ou EN nafat,
Ancêtres ,
d'Antecesores.

Encadrer, de Cadre.
Ancien, d'Anis, d'où Antius. Encager,
Anciles, d'Ancilia.

Encailler de Caille.
Ancre ,
d'Ancora.

Encaquer, de Caque, Anfractueux, d'Anfractuosus.

Encaver de Cave. Ange , d'Angelus.

Enceindre, de Ceindre. Angle, d'Angulus.

Enchaîner, de Chaine.

Enchanter, de Chant. Sans entrer dans un plus grand détail, on voit que les AN, comme les AM, vienent communément du Latin cu du Grec; furquoi il faut cependant observer que quelques-unes de ces N du Latin 3 vienent du Gamma des Grecs., qui devant un second Gamma , & devant un Kapps ou un Chi , se prononcent comme l'N des Latins, c'est-à-dire , donnent

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de Cage.

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à la voyele précédente le fon nasal qu'on exprime en Latin & en Frane çois par la lettre N. Du reste les EN, comme les EM, vienent en François de la préposition EN, qui dérive de la préposition Latine IN, en sorte qu'ici même nous retrouvons encore in des Latins changé en EN, & nous voyons encore le même changement dans Incensum , Encens ; Infans , Enfant; Inferi , Enfers ; Integer , Entier ; Inter , Entre ; Intrare, Entrer; Invidia , Envie. Mais on reprend l'I dans Infernal, Integre, Intégrité , & communément l'ln des Latins se conserve en François : Incapacité , Incarnation, Incendie , Incertain, Incident , &c.

Mais ce qui est plus difficile à distinguer, ce sont nos terminaisons par ANT & ENT. En général on peut observer 1, que tous nos participes au présent a&tif se terminent par ANT, soit qu'ils vienent du Latin AŃS ou ENS. Ainsi comme on dit Aimant , du Latin Amans, on dit également, Tenant , du Latin Tenens ; & de même de Faciens, Faisant; de Senciens , Sentant. 2, Que les substantifs & les adverbes terminés en ENT , s'expriment ainli tous par un E; quoique cet E y ait le son nasal de l’A. 3., Qu'on exprime de même par E, tous les substantifs en MENT qui vienent du Latin MENTUM, mais de maniere que cet E prend en François le son de l'A: Firmamentum , Fire mament; Monumentum , Monument, Veftimentum, Vêtement. 4, Qu'on exprime de même par E tous les autres dérivés du François en MENT, quoiqu'ils ne vienent pas du Latin : Abaissement , Abandonement , Abatement , &c. toujours en donnant à cet E nasal le son de l'À nasal Il reste donc à examiner comment on pouroit distinguer les substantits ou adjectifs en ANT ou E NT. Liste de noms substantifs ou adjectifs terminé's en ANT

ou ENT. A NT.

ENT. Absorbant, Absorbens. (Il ny a point de noms terminés en Convaincant , Convincens.

BINT.)
Fabricant Fabricans.

Accentus.
Mordicant,
Mordicans.

Adjacent, Adjacens.
Prédicant Prædicans,

Adolescent, Adolefcens. Suffocant, Suffocans.

Cent,

Centum. Commençant , de Commencer.

Décent,

Decens. Commerçant , de Commercer,

Indécent,

Indecens.
Perçant,
de Percer.

Innocent Innocens.
Récent,

Recens. On peut ici remarquer que ces noms en BANT, CANT, CANT; dérivent des participes , dont ils suivent la forme en Anr, soit qu'ils vienent du Latin ANS ou Ens; au lieu que les noms en Ent, sont des fubftantifs ou adjectifs , qui vienent du Latin Ens, ENTUM, EN TUS ; ainsi ils conservent l'E de leur étymologie , quoique dans la prononciation on lui donne le son de l'A.

Accent,

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res

ANT.

EN T.
Abondant, Abundans. Accident, Accidens.
Ascendant, Afcendens. Ardent Ardens.
Cédant
Cedens.

Dent, Dens.
Concordant, Concordans.

Évident,

Evidens.
Condescendant , de Condescendre. Imprudent , Imprudens.
Contendant,

Contendens. Impudent, Impudens.
Correspondant , de Correspondre. Incident, Incidens.
Dépendant, Dependens.

Occident,

Occidens.
Excédant,
Excedens.

Précédent, Præcedens,
Fendant
Findens.

Président, Prasidens.
Fondant,
Fundens.

Prudent, Prudens.
Indépendant, Independens. Résident, Refidens.
Intendant,
Intendens.

Trident, Tridens.
Mordant Mordens.

Les noms en E N T sont plus ra-
Pendant,
Pendens.

que

les noms en Ant; parce Prétendant, Pretendens.

que

les noms en ANT vienent des Répondant, Respondens. participes

, & de ceux-là même qui Transcendant, Transcendens. en Latin font en Ens.On voit encore ici que les noms en Ant vienent communément des

sont participes , dont ils suivent la forme ; au lieu que les noms en ENT, des substantifs ou adjectifs qui, venant du Latin Exs, conservent l'E de leur étymologie , quoiqu'on le prononce en A.

Je crois qu'il seroit inutile de pousser ce détail plus loin : ces exemples peuvent suffire pour montrer que

dans ces deux terminaisons ANT & ENT, qui ont le même son dans la prononciation, il n'y a que l'étymologie qui détermine pour l'A ou pour l’E : d'où l'on peut conclure que pour bien suivre l'Orthographe , il faut au moins savoir la formation des noms François & leur dérivation des mots Latins.

Remarques sur les pluriels en ENT dans les Verbes. La terminaison en Ent dans les Verbes demeure muete ; mais de maniere que si cette terminaison est suivie d'une voyele, on fait alors foner le T. Ainsi on prononce également, Il aime & ils aiment : mais on fait soner le T lorsqu'on dit, Ils aiment à chanter.

A l'imparfait la terminaison Ent demeure également muete ; mais elle rend longue la diphthongue précédente qui est breve au singulier ; & si cette terminaison pluriele est suivie d'une voyele , on y fait soner le T : Il aimoit , ils aimoient : ils aimoient à chanter.

§. 4. De l’E ouvert ou muer dans les premieres syllabes des mots.

L'E à la tête des mots se prononce nécessairement : mais au lieu qu'à la fin des mors , lorsqu'il n'elt pas muet , il est fermé, au commencement il est ouvert , & communément avec un son foible : on trouve l'un &

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