La muse normande

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Le Brument, 1853 - 41 pages
 

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Page 29 - Tantôt assis sur le bord d'un ruisseau, Tantôt couché dessus la tendre herbette, Tantôt le dos appuyé d'un ormeau. One ne mena berger si triste vie. Du doux sommeil il ne fait plus de cas ; Plus qu'un...
Page vi - ... déposée au fond de la société et y demeure immobile. C'est de la vase, disent avec dédain les modernes; il est vrai, mais cette vase contient de l'or, beaucoup d'or...
Page xiii - J'avoue qu'il n'est pas d'une grande élevation : ainsi ma Muse chante assez uniment, elle n'est point soutenue de ces expressions fortes et recherchées qui font la grande beauté d'un ouvrage, et qui obligent souvent à se récrier. Enfin vous ne la trouverez pas trop riche, n'estant point de ces hardies volleuses qui se parent à tous propos du bien d'autruy. Elle a un peu de facilité, je pense que c'est tout ce qu'elle a de bon.
Page 30 - II n'est berger qui son mal ne regrette ; Et près de lui bergères du hameau Viennent chanter, filant leur quenouillette, Pour consoler ce triste pastoureau. Mais leur doux chant point ne le solacie, Tant la douleur le tient dedans ses lacs ! Pour ne les voir les yeux tient toujours bas, Et si leur dit : Laissez-moi, je vous prie, Puis aussitôt revient à son hélas ! C'est grand...
Page 27 - S'adrechait à tey, vereman. Et , me n'éfan , je te déclare Que tu me tiens a te n'amare, Par ma fey, si bel et si bien , Que hors tey je ne pense à rien : Et tou lers jous dan ste penseye , Ta flambe su men cœur percheye Coum'un oysel sus un bâton , Me fait jasé coum'un oison , Et proné chent étrauagance, Criant te pâlé, ma Fleurenche.
Page 5 - Par menda, ma Fleuranche, i faut que je te pâle ; Je sieus si martirey que j'en sieus ahuri ; Men grouin est pu mor, et pu gaune, et pu pâle Que le sien d'Alizon quand al
Page v - ... de La Muse normande, recueil satirique où Ferrand s'est efforcé d'imiter le patois purin, que l'on parle encore maintenant à Rouen, dans les quartiers Saint-Vivien et Martainville. Eussent-elles habilement copié la langue du peuple, ces poésies d'un bel-esprit prétentieux nous auraient été bien inutiles : ce singulier patois est trop essentiellement différent de celui du reste de la province pour qu'on puisse lui supposer une même origine (1) et les réunir tous deux dans le même vocabulaire....
Page xiii - ... et recherchées qui font la grande beauté d'un ouvrage, et qui obligent souvent à se récrier. Enfin vous ne la trouverez pas trop riche, n'estant point de ces hardies volleuses qui se parent à tous propos du bien d'autruy. Elle a un peu de facilité, je pense que c'est tout ce qu'elle a de bon. Qu'il n'y ait bien des choses à reprendre dans mes vers, je ne m'en deffens point; bien loin de cela: qui me les corrigerait bien exactement me feroit un insigne plaisir.
Page 6 - Che n'est pas là dequey fer' aimé men musel, Et ma fay tu m'aim'rais sans dénié ne sans maille Si me n'esprit était pointu comme un coutel. Je ne sieu pas tro fin, je te le débagoule, Et n'ay pas tant d'espri que tous chais biaus mousieus. Cheniomains queuque fais je lingue de ma goule Dé propos bien jantis tout ainla qu'un biau fieux.
Page 22 - Atout un miet de patienche Je te contenteray, Fleurenche. Veys tu , je ne sieu pa si sot Que je n'entende à demi mot. Je te vey veni d'une lieue ; Mais que Dieu te sauue la veue , Tu luis mal au fons de men cœur.

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