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ir religieux, qui fait la seconde pouvoir politique et religieux dans la société civile, n'est ni un livre de piété, ni un ouvrage de controverse. L'auteur s'est proposé un but plus général, ou, ce qui est la même chose, plus social, et par conséquent plus utile. Il a voulu démontrer qu'il ne peut y avoir qu'une constitution nécessaire de société religieuse, comme il a démontré qu'il n'y a qu'une constitution nécessaire de société politique; c'est-à-dire qu'il ne peut y avoir qu'une religion dont les dogmes soient des rapports necessaires (1) dérivés de la nature des êtres intelligents physiques, comme il n'y a qu'un gouvernement dont les lois soient des rapports nécessaires dérivés de la nature des êtres physiques intelligents et considérant, ainsi qu'il le dit lui-même, la religion sous des rapports extérieurs et politiques, comme il a considéré le gouvernement sous des rapports intérieurs ou moraux, il cherche dans les faits incontestables que présente l'histoire de la religion dans tous

(1) Sur l'acceptation de ce mot, voyez la Préface, pag. 101.

T. II.

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les àges et chez tous les peuples, la raison de ses principes et de ses dogmes, comme il a cherché dans les principes des gouvernements le motif des faits incontestables que présente l'histoire des sociétés politiques dans tous les temps et chez toutes les nations.

Les personnes pieuses seront peut-être scandalisées que l'auteur ait osé présenter sous un point de vue nouveau peut-être, et soumettre au raisonnement des vérités que la religion propose à notre foi bien plus qu'à nos recherches: l'auteur peut leur répondre, 1o qu'il n'a pas eu la présomption d'expliquer ce que l'homme ne peut comprendre, mais. l'intention de faire voir la nécessité de ce que l'homme doit croire; 2° que la religion n'interdit pas à la raison d'approfondir des vérités, qui, comme le dit fort bien le savant abbé Fleury, ont été mises à toute épreuve, et ne craignent que de n'être pas connues. Que votre culte soit raisonnable (1), dit le plus docte interprète de la religion : mais la religion ordonne à l'homme de soumettre sa raison particulière à la raison générale de la société religieuse; et, à cet égard, l'auteur a pris soin de ne laisser aucun doute sur la sincérité de ses dispositions, dans la conclusion de cette seconde partie de son ouvrage; 3° que, s'il a été entraîné par la force des principes et l'enchainement des conséquences à développer les vérités dogmatiques les plus relevées, il peut justifier sa hardiesse par l'exemple des écrivains les plus ortho

(1) Rationabile obsequium vestrum. Epist. ad Rom. XII. 1.

doxes, qui ont essayé de faire comprendre à la raison les dogmes les plus impénétrables de la religion; 4° que, quelque évidentes que puissent être les preuves de la nécessité de la religion chrétienne, il restera toujours, dans le comment inaccessible de ses mystères, assez d'obscurité pour exercer la foi du chrétien, humilier la raison de l'homme, et révolter l'orgueil du faux sage.

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