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Paris. — Imp. E. CAPIOMONT et V. RENAULT, rue des Poitevins, 6.

ET

SON TEMPS

1769-1799

D'APRÈS LES DOCUMENTS INÉDITS

Par Th. IUNG
LIEUTENANT-COLONEL D’ARTILLERIB

(du service D’ÉTAT-MAJOR)

e La vraie histoire nationale est encore ense-
velie dans la poussière des chroniques contem-
poraines. »

AUGUSTIN TAIERRY, Lettre première

sur l'histoire de France.

« La prudence n'oblige pas seulement i em-
pêcher qu'on nuise à l'Etat, mais aussi qu'on
lui puisse nuire, parce que souvent en avoir le
pouvoir en fait naitre la volonté, .

CARDINAL DE RICHELIEU.

TROISIÈME ÉDITION

TOME DEUXIÈME

PARIS
G. CHARPENTIER, ÉDITEUR

13, RUE DE GRENELLE-SAINT-GERMAIN, 13

Tous droits réservés.

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CHAPITRE PREMIER

ÉTAT DE L'ARMÉE FRANÇAISE

(1789-1791)

Réorganisation de l'armée française.- Création d'un comité militaire à l'Assem

blée nationale, le 1er octobre 1789. - Composition de ce comité. — Discussion de la loi de recrutement. — Rapports et propositions de MM. de Bouthillier, Dubois de Crance, Bureaux de Puzy et baron de Wimpfen. - Le principe du service obligatoire et personnel est rejeté. — Maintien du système des enrôlements volontaires, 16 décembre 1789. - Organisation des forces militaires françaises. — Propositions de MM. de Bouthillier, des Pommelles et Dubois de Crancé.-L'armée française comprend une armée active et une garde nationale. - Défectuosités de ce système.- Ses inconvénients sont constatés, dès la fin de l'année 1790. — Nouvelles propositions. — Rapport de M. de Lameth, 28 janvier 1791. - Influence pernicieuse de M. de Mirabeau. – Son optimisme. - Adoption d'un nouveau système. - L'armée française comprendra à l'avenir une armée active, une armée auxiliaire et les gardes nationales. L'armée active et l'armée auxiliaire se recrutent au moyen d'enrôlements volontaires. - Rapport de M. de Noailles sur l'état civil du soldat et sur l'avancement, 1er février 1790. - Opinion de M. de la Tour du Pin. Loi sur l'avancement, 20. septembre 1790. - Répartition des cadres et des états-majors, 5 octobre 1790. - Rapports entre civils et militaires. — Uniformité de la solde dans chaque arme. - Réorganisation des armes du génie et de l'artillerie. - Formation de la gendarmerie nationale. — Organisation des régiments d'infanterie et de cavalerie, 1er février 1791. – Les noms des corps remplacés par des numéros. - La dénomination de bas officier, remplacée par celle de sous-officier. – Installation des tribunaux militaires. Code militaire. - Réglementation de l'administration des corps de troupes et du service des places. - Les récompenses. - L'armée et la Constitution. Le droit de paix et de guerre. - Conclusions de l'Assemblée. - Triste influence de Mirabeau. - État général de l'armée. - Mérites et défauts de cette orga

nisation. - Défectuosités de la direction générale. La désertion. - Le premier déserteur. - Fuite du comte d'Artois, du prince de Condé et de leurs fidèles, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1789. - Premières intrigues auprès des puissances, en faveur de l'aristocratie française,- Voyage de M. d'Escars. — Situation et opinion des différentes cours européennes. Soulèvements dans le Midi. — Organisation de la résistance à l'étranger. Trois partis en présence à la cour de France : le parti constitutionnel, le parti royaliste et celui des déserteurs. — Premiers projets d'évasion de la famille royale. - Proposition de M. de Mirabeau, 15 octobre 1789. Entreprise du marquis de Favras. – Plan des conspirateurs, 9 juillet 1790, pour l'invasion de la France. — Déclaration solennelle du roi, 14 juillet 1790. – Lettre de M. de Staël, 12 avril 1790. – Lettre de Gustave III, roi de Suède. – La responsabilité des événements incombe seule aux premiers déserteurs. - Craintes de l'Assemblée nationale et du public, juillet 1790.Plan de M. de Montmorin, ministre des affaires étrangères. - L'alliance autrichienne. – Lettre du roi, 3 décembre 1790. - Appel aux puissances. - Contre-projets des déserteurs. — Départ des princesses tantes du roi. Tentative de fuite de la famille royale, le 18 avril 1791. - Déclaration de M. de Montmorin, le 23 avril. – Ses protestations successives, des 23 et 31 avril. - Réponse spirituelle de Fréron, – Entrevue de Mantoue. Plan de l'empereur Léopold. – Son mépris pour l'aristocratie française - Derniers préparatifs des conspirateurs en vue de la fuite du roi et d'un soulèvement général. — Gustave III à Bruxelles. — Le comte d'Artois

à Mayence. - Triste influence de ces menées sur l'armée française. La discipline dans l'armée. – Affaires de Nancy, de Belfort et de Nantes.

- Responsabilité des officiers déserteurs, du ministre de la guerre et du pouvoir exécutif. – Divisions des familles. - Les messieurs de Broglie. - Opinion de Bonaparte sur la situation, 8 février 1791. – Dispositions de l'Assemblée nationale. Rapport de Fréteau de Saint-Just, 11 juin 1791. - Mesures proposées par les comités. - Situation de l'armée au 20 juin 1791.

Bonaparte avait quitté la France, au lendemain de la prise de la Bastille; il la retrouvait, vingt mois plus tard, en plein travail de réorganisation sociale, ayant foi dans l'euvre de ses représentants et applaudissant à ces fédérations, ? qui se formaient partout, pour consacrer l'union de l'armée et des gardes nationales.

La reconstitution de nos forces militaires sur des

11. Les associations, désignées sous le nom de Fédérations, avaient pris naissance dans le Dauphiné (décembre 1789). Elles avaient pour but l'exécution des décrets de l'Assemblée nationale. Elles donnèrent lieu à des démonstrations fraternelles auxquelles l'armée ne demeura pas étrangère. Le régiment Royal-Étranger, qui avait pour colonel M. Alexandre de Lameth, se fédéra le premier avec les milices de la Franche-Comté. Cet exemple fut suivi par les régiments de Languedoc, de Conti, etc...

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