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Il peut prendre des mesures pour fournir du travail, créer des entreprises de défrichement, d'assainissement; encourager la charité publique ; solliciter les secours des localités riches en faveur de celles où les pauvres surabondent; établir des quêtes et souscriptions pour les invalides et contenir le vagabondage. Il peut beaucoup pour prévenir le paupérisme et le plus grand nombre des délits ?.

« C'est de lui qu'attendent une fructueuse impul. sion les écoles publiques et les maisons d'enseignement privé, il pourrait aussi établir des cours d'agriculture, des bibliothèques ou lieux de lecture; des fêtes publiques et modes de plaisir en harmonie avec les principes d'ordre et la dignité humaine. Et l'état sanitaire du pays, que de services il rend en portant ses regards de ce côté !

« De plus, il lui appartient de rechercher, recueillir et conserver tous les vestiges d'antiquité précieux pour les arts et l'histoire tant nationale que locale.

« Pour obtenir la régénération morale et matérielle des populations, on sent qu'il doit agir de concert avec le ministre du culte, ordinairement pourvu de connaissances étendues, et habitué à puiser les préceptes aux sources les plus pures. Instruction du

+ Les Sociétés de secours mutuels et les Caisses de retraites pour la vieillesse doivent contribuer à cet heureux résultat,

peuple, union entre parents, soulagement de la misère, hygiène, conseils utiles, améliorations de tous genres : rien n'est oublié par ceux qui ont la direction spirituelle des paroisses. On les voit dans les campagnes les appuis de la moralité et du progrès.

« On objectera la difficulté de trouver partout des sujets réunissant ou assez de fortune, ou assez d'élévation dans l'âme pour sacrifier gratuitement leur carrière au bien public, et assez de lumière et d'énergie pour concevoir et exécuter d'importantes améliorations. Nous répondrons sans hésiter que l'on en trouverait si l'on mettait en pratique les moyens efficaces d'exciter leur zèle, et si les conseils munici paux devenaient en tous lieux la représentation fidèle des voeux et de l'intérêt de la masse des habitants. Plus de gens de mérite se fixeraient à la campagne ; outre que la vie agricole, devenue plus fructueuse et plus attrayante, ferait que la jeunesse des champs envahirait moins les grandes villes.

« Que l'on fasse faire des inspections périodiques dans les mairies rurales, et des rapports sur la voirie, l'état sanitaire, les chemins, les archives, les établissements publics, les entreprises, réformes, améliorations, enfin sur tous les actes des maires, etc... Beaucoup d'hommes qui refusent le poste l'accepteraient alors...

« On ne saurait regarder comme dangereuse l'am

bition de ceux qui ne demandent en retour de leurs sacrifices au bien public, que de voir leurs efforts connus et apprécies. . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . .

« Considérons en elle-même la population des campagnes, si attachée au sol qu'elle feconde. Apprécions ses moeurs patriarcales et son patriotisme. Il ne suffit pas qu'elle nourrisse le pays; elle fourn.it encore ses robustes rejetons pour le défendre et pour maintenir la population des villes, qui s'éteindrait sans le secours de cette sève inépuisable.

« Tous les habitants des villages possèdent et travaillant ; les plus pauvres y acquièrent. Ils ignorent les plaisirs factices, les idées abstraites, les illusions et les maux du citadin. On ne voit pas parmi eux l'individualisme qui règne ailleurs : ils se connaissent, s'entr’aident et s'intéressent à la chose publique et à ce qui les entoure. Aucun d'eux n'est exposé à périr de misère. Ils sont les hommes de la nature dans son état de calme et de travail régulier.

« Quelle différence de l'état actuel du cultivateur en France, avec celui qu'il a encore ailleurs ! Chez nous, les puissants barons n'existent plus que dans l'histoire. Leurs descendants ne sont distingués que par le tact, l'aisance des manières et l'attachement aux traditions de la famille. La plupart des anciennes terres seigneuriales ont été vendues et morcelées entre les hommes de la glėbe, qui doublent par des défrichements la valeur de ces domaines, que l'épargne a ajoutés à leurs patrimoines.

« L'égale répartition des charges a passé un niveau sur tous les possesseurs fonciers. Les campagnards forment aujourd'hui une masse immense de propriétaires indépendants, qui mérite sans doute que l'on s'occupe de ses administrateurs.

« La campagne est aussi, pour des hommes considérables un séjour de prédilection. La société entière s'identifie avec elle. N'est-il pas opportun que l'autorité y soit dignement représentée, et que tous les résidants s'honorent du représentant de la commune?

« Outre cela, l'État gagnerait à l'adoption d'un systėme favorable aux intérêts des populations agricoles dont le bien-être réagit sur les cités. Il est d'ailleurs contraire à l'économie politique que les bras manquent à l'agriculture, comme on le déplore chaque jour, pour encombrer les rangs industriels, pour grossir ces masses que des misères périodiques, résultat d'un nombre de producteurs trop grand pour la consommation, rendent destructives de l'équilibre social!

« Les grandes villes ne doivent pas être sacrifiées aux campagnes, et les campagnes ne doivent pas être sacrifiées aux grandes villes : elles s'entretien nent mutuellement. Les cités répandent la richesse et les lumières dans la nation; mais les campagnes la nourrissent et forment contrepoids au danger des grandes agglomérations.

« Que l'on cherche à conserver à la culture la nouvelle génération des champs, en poussant aux améliorations les édiles ruraux... Pendant que cette population s'accroîtra et que l'agriculture prospérera, les travailleurs des villes, moins nombreux, verront augmenter leur aisance par l'écoulement plus assuré de leurs produits.

« La France est un pays agricole par l'excellence de son sol, et un pays industriel par l'intelligence et l'activité de ses habitants. L'équilibre entre ces deux branches de prospérité publique se trouve rompu si la sève de l'une se porte démesurément sur

l'autre.

« Les chemins de fer qui amoindrissent les petites villes au profit des grands foyers d'industrie, nėcessitent de plus en plus que l'on s'occupe de l'agriculture et des campagnes pour contrebalancer ces inconvénients.

« Une dernière remarque sur le Maire de campagne, c'est que la population s'accroissant et l'instruction se répandant chaque jour davantage, la tåche de l'Administration devient plus difficile. Les rivaux et les adversaires de l'homme en place sont plus

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