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sente dans certains cas quelques difficultés que nous devons examiner.

Quelques-uns suivent la règle | L'application de cette règle prégénérale, tels sont meilleur, meilleure; mineur, mineure; etc. Il faut remarquer en outre que la plupart de ceux en teur font au féminin trice. On trouvera à leur place, dans ce tionnaire, les adjectifs en eur qui ne sont point dans l'analogie de trompeur, trompeuse, flatteur, flatteuse.

I. Lorsque l'adjectif se rapportant à deux substantifs de dic-différents genres, n'en est point séparé par le verbe, l'oreille exige quelquefois que le substantif masculin soit énoncé le dernier. On dira donc, Une robe et un voile BLANCS, et non pas, Un voile et une robe BLANCS. Mais on peut très-bien dire avec Chateaubriand, Le couple infortuné se prosterne, et élève un cœur et une voix HUMILIES vers celui qui pardonne; et avec Massillon, L'or

40 La plupart des adjectifs en x changent x en se, au féminin: jaloux, jalouse; dangereux, dangereuse.

Formation du pluriel masculin. On ajoute un s au singulier: bon, bons; vrai, vrais; délcat, délicats. Voici les excep-dre et l'utilité PUBLICS ne peutions :

I° Les adjectifs terminés par soux n'ajoutent rien au pluriel; exemples frais, pl. m. frais; faux, pl. m. faux.

2o Les adjectifs terminés au singulier par au prennent un x nu pluriel: beau, beaux; nouveau, nouveaux.

vent être le fruit du crime; parce que, à la prononciation humiliés et publics ne se distinguent point de leur féminin humiliées, publiques.

II. Souvent l'adjectif ne qualifie que le dernier des substantifs unis par et; dans ce cas il ne s'accorde qu'avec ce dernier substantif Le bon goût des Égyptiens leur fit aimer la solidité et la régularité TOUTE NUE (Bossuet). Voici des étres don: la taille et l'air SINISTRE ing

3° Ceux qui sont terminés en al font le pluriel en aux : capital, capitaux; moral, moraux. Quelques adjectifs en al forment leur pluriel par l'addition d'un s; d'autres, en très-pirent la terreur (Barthélemy). petit nombre, ne s'emploient pas au pluriel masculin.

Accord avec le substantif.

On sait que l'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le substantif auquel il se rapporte; que l'on met au pluriel l'adjectif qui se rapporte à deux subs. tantifs du singulier; enfin, que si l'adjectif se rapporte à deux substantifs de différents genres, on le met au pluriel masculin.

III. L'adjectif placé à la suite de plusieurs substantifs non liés par une conjonction, s'accorde avec le dernier,

1° Lorsque ces substantifs sont presque synonymes: Toute sa vie n'a été qu'un travail, qu'une occupation CONTINUELLE (Massillon);

2° Lorsqu'il y a gradation dans les idées exprimées par les substantifs: Il honora les lettres de cet attachement, de

cette protection CAPABLE de les faire fleurir (Domergue).

IV. Après deux substantifs liés

n'énoncer qu'une seule fois l'article et le substantif; on dira, Les philosophes anciens et les

par la conjonction ou, l'adjectif | philosophes nouveaux, Les chos'accorde avec le dernier,

ses mortelles et les choses im

Io S'il ne qualifie que ce der-mortelles, Les livres anciens et nier substantif: Donnez-lui des noix ou une pomme CUITE;

les livres modernes, Les lois divines et les lois humaines, ou bien avec Buffon, Les philoso

2" Si le dernier substantif n'est que l'explication du pre-phes anciens et nouveaux; mier La perception ou l'impression OCCASIONNÉE dans l'âme par l'action des sens (Condillac); ou signifie ici c'est-modernes; avec Bossuet et J.J. à-dire.

Mais si l'adjectif qualifie les deux substantifs, la raison veut qu'il s'accorde avec ces deux substantifs: Les Samoïèdes se nourrissent de chair ou de poisson CRUS (Buffon). Là, des plantes d'une vertu ou d'une saveur PRÉCIEUSES semblaient présenter à l'envi des secours à la maladie (Marmontel) Quel est le bon père de famille qui ne gémisse de voir son fils ou sa fille PERDUS pour la société? (Voltaire). Les meilleurs grammairiens approuvent ces exemples; et, comme l'a très-bien fait remarquer M. Boniface, le sens d'une phrase peut être très-différent, selon que l'on fait accorder l'adjectif avec les deux substantifs ou seulement avec le dernier: On demande un homme ou une femme AGES, signifie qu'on demande homme âgé ou bien une femme âgée. On demande un homme ou une femme AGÉE; c'est, On demande un homme sans condition d'âge, ou bien une femme qui soit âgée.

un

V. Lorsque deux ou plusieurs adjectifs expriment des idées opposées ou contraires, on peut

avec Boileau, Les choses mortelles et immortelles; avec Voltaire, Les livres anciens et

Rousseau, Les lois divines et humaines, etc. On peut aussi, dans une énumération d'adjectifs, mettre le substantif au pluriel, quoique les adjectifs soient au sing. Les couleurs rouge et bleue. Les puissances temporelle et spirituelle (B. de St.Pierre). Les deux peuples gentil et juif (Pascal). Les trois, pouvoirs monarchique, aristocratique, démocratique (Chateaubriand). M. Sardou a démontré, dans ses leçons de grammaire du Cours complet d'éducation, que toutes ces formes sont avouées par la raison et la syntaxe; nous nous bornerons ici à faire remarquer qu'on les rencontre fréquemment dans tous nos bons écrivains, et que les meilleurs grammairiens modernes les ont approuvées.

Employé dans un sens adverbial.

L'adjectif est employé adverbialement lorsqu'il modifie un verbe ou un autre adjectif, et l'on comprend qu'alors il doit rester invariable: Ces étoffes coûtent cher; elles sont fort belles. Mais il est des cas qui peuvent présenter quelque difficulté, comme, par exemple, lorsque

obscur.

AD LIBITUM. On prononce tome (Acad.). Expression latine, signifiant à volonté.

ADMETTRE. v. a. ou transit. et irrég. Il se conjugue comme METTRE.

l'adjectif, quoique placé après | d'un : Une couleur d'un grisle verbe, n'en est pas moins susceptible d'accord. Il faut alors consulter le sens : si par l'adjectif on veut exprimer la manière d'être de la personne ou de la chose, il est évident qu'il devra J'accorder; s'il exprime une circonstance qui se rattache à l'action ou à l'état exprimé par le verbe, il restera invariable: Mademoiselle, marchez droite, c'est-à-dire marchez, vous étant droite, vous tenant droite. Mademoiselle, marchez droit, c'està-dire, marchez directement devant vous. (Voyez PROCHE, POSSIBLE.)

Désignant les couleurs.

ADMINICULE. s. m. T. de Jurisprudence. Ce qui ne forme pas une preuve complète.

ADMINISTRATEUR. s. m. Le fém. correspondant est administratrice.

ADMIRATEUR. s. m. Le fém. correspondant est admiratrice. ADMONÉTER. v. a. ou tran. sit. T. de Jurisprudence. Plusieurs disent et écrivent, Admo

ADOLESCENCE. s. f. sing. Il n'a point de plur.

ADONIS. s. m. On fait sentir le s. T. de Mythologie. Il se dit d'un jeune homme qui fait le beau, qui est soigneux de sa parure.

Les mots exprimant une idéenester (Acad.). de couleur s'accordent s'ils sont véritablement adjectifs : Une robe blanche, des rubans bleus; et restent invariables si ce sont des substantifs employés comme compléments du substantif couleur sous-entendu : Des garnitures aurore, des taches marron, des rubans paille; c.-à-d., des garnitures de la couleur de l'aurore, des rubans de la couleur de la paille, etc. (Voir AURORE, CARMIN, CERISE, CRAMOISI, JONQUILLE, MARRON, NOISETTE, ORANGE, PAILLE, PISTACHE, PONCEAU, PUCE, rose, soufre.)

Deux adjectifs réunis pour exprimer une couleur restent tous deux invariables: Une couleur gris-obscur ou jaunebrun, des reflets vert-doré, des cheveux châtain-clair. Dans ces sortes de locutions, le premier adjectif est pris substantivement, et le second qualifie le premier; il y a ellipse des mots

ADORATEUR. s. m. L'Acad. n'indique point le fém. Quelques-uns disent adoratrice.

ADORÉ. part. passé d'adorer. Il régit la prép. de et non la prép. par. Dieu veut être adoré de ses créatures (Massillon). II s'emploie aussi comme adj. et se met toujours après son subst.

ADOUCISSANT. part. prés. du v. adoucir et adj. verb. Tisane adoucissante (Acad.). Il s'emploie aussi substantivement, Donnez-lui des adoucissants.

AD REM. On prononce ad rème. Locution latine qui signi fie à la chose. Répondre ad rem, Répondre catégoriquement.

AD PATRES. On prononce | prendre garde à qui on a afPatrèsse (Acad.). Locution la faire. Il aura affaire à moi » tine signifiant littéralement, (Acad.). Vers les pères. - Aller ad patres, mourir. Envoyer ad patres, faire mourir.

ADULATEUR. s. m. Le fém. correspondant est adulatrice. ADVENIR. Voyez AVENIR. ADVERBIAL, ALE, adj. Le plur. m. adverbiaux n'est pas usité; l'Académie ne le donne point.

AÉROLITHE. s. m. Pierre tombée du ciel. Un gros aérolithe.

AÉROSTAT. s. m. On prononce a-é; le t final ne se fait point entendre.

AFFABLE. adj. On dit affa

ble à tout le monde ou envers tout le monde.

AFFAIBLISSANT. part. pr. du v. affaiblir et adj. v. Il y a des remèdes fortifiants, il y en a d'affaiblissants (Acad.).

AFFAIRE. s. f.« Avoir affaire de, Avoir besoin de. Il a affaire d'argent. J'ai affaire de vous, ne sortez pas. Dans ce sens on dit par ironie, J'ai bien affaire de cet homme-là, Je ne me soucie guère de lui; et dans une ac ception pareille : J'ai bien af faire de tout cela. Qu'ai-je affaire de toutes ces querelles? »

« Avoir affaire à quelqu'un, avec quelqu'un, Avoir à lui parler, avoir à traiter, à négocier avec lui de quelque chose. J'ai affaire à lui, il faut que j'aille le voir. Un marchand a affaire à toutes sortes de personnes.»

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« Avoir affaire à quelqu'un, Avoir quelque contestation quelque démêlé avec lui. Avoir affaire à forte partie. Il faut

Laveaux fait remarquer que avoir affaire à quelqu'un, employé dans le premier sens, et avoir affaire avec quelqu'un, ne se mettent pas toujours indifféremment l'un pour l'autre. Un inférieur, dit-il, a affaire à un supérieur. Celui qui veut obtenir une grâce, une faveur, a affaire au ministre ou à ses commis; il n'a pas affaire avec le ministre ou avec ses commis. Un plaideur a affaire à ses juges; il n'a pas affaire avec ses juges. Un commis, ajoute-t-il, a affaire avec le ministre, lors

qu'il lui rend compte de quel

que affaire. Un associé a affaire avec son associé, lorsqu'ils traitent ensemble de leurs affaires

communes.

On écrit aussi Avoir à faire. Il est facile de ne pas confondre cette forme avec l'autre. Dans la phrase où l'on doit écrire avoir à faire, il y a toujours un complément direct, qui suppose par conséquent le verbe faire, et que l'on peut mettre entre le verbe avoir et la prépos. à : Avoir à faire une demande (avoir une demande à faire). J'ai à faire une visite (j'ai une visite à faire).

On dit familièrement: Il ne peut sortir ce matin, il a affaire (Acad.), c'est-à-dire, il a certaine affaire, quelque affaire.

AFFECTÉ, ÉE. adj. Qui a de l'affectation, où il y a de l'affectation (Acad.).

AFFÉTÉ, ÉE. adj. Qui est plein d'affectation dans son air, dans ses manières, dans son langage. (Acad.)

AFFLIGEANT. part. prés. du v. affliger et adj. verbal. Une nouvelle bien affligeante (Acad.). | AFFLUANT. part. prés. du v. affluer, exprime l'action.

AFFLUENT, ENTE. adj. Se dit Des rivières qui se jettent dans une autre. Le Rhin et les rivières affluentes.-Il s'emploie aussi substantivement au masc. La Seine et ses affluents.

AFFLUX. s. m. On prononce Afflu (Acad.). Terme de Médecine. Concours des liquides vers une partie du corps.

AFIN. conj. Afin de est suivi d'un infinitif, et afin que d'un verbe au subj. Mais il n'est pas Indifférent d'employer l'une ou l'autre locution. Lorsque l'action ou l'état exprimé par le second verbe ne se rapporte point au sujet du premier, on dit afin que: Je vous le dis afin que vous le sachiez. Dieu vous place audessus des autres, afin que vous soyez les pères des peuples (Massillon) afin de le savoir, afin d'être les pères, etc. feraient équivoque. Si le sujet du premier verbe fait l'action exprimée par le second, ou se trouve dans l'état que ce second verbe indique, on dit afin de avec l'infinitif: J'ai pris ce livre afin de le consulter. J'étudie afin de m'instruire. L'emploi d'afin que avec le subj. ne donnerait pas lieu, dans ce dernier cas, à une équivoque : J'étudie afin que je m'instruise; mais ce tour est trafnant et manque d'élégance. AGAÇANT. part. prés. du v. agacer et adj. verbal. Des manières agaçantes.

AGE. s. m. Ce mot ne s'emploie au plur. que comme terme

de Chronologie, pour signifier Un certain nombre de siècles: La durée du monde est divisée en plusieurs âges. Les différents âges de la monarchie. Les quatre âges du monde : l'age d'or, l'age d'argent, etc. En conséquence ne dites pas à nos ágés, à vos áges, dites à notre âge, à votre âge.

A l'age de joint à l'idée d'âge une idée d'époque : Louis XIV est mort à l'âge de 77 ans. — Age de exprime simplement l'âge: Il eut pour successeur son arrière-petit-fils, âgé de 5 ans et demi. Il ne s'agit ici que de l'âge du successeur.

AGENDA. s. m. Gen se prononce comme la première syllabe de geindre (Acad.). L'Académie n'indiquant pas le plur., il faut en conclure qu'on doit écrire des agendas. (Voyez au mot SUBSTANTIF le paragraphe Pluriel des subst. tirés des langues étrangères.)

AGGRAVANT ou AGRAVANT. part. prés. du v. aggraver et adj. verbal. Circonstance aggravante.

AGGRAVATION. s. f.-AGGRAVER. v. a. ou transit. AGGREGAT. s. m -AGGRÉGATION. s. f.- AGGREGER. v. a. ou transit. On écrit aussi agravation, agraver, agrégat, agrégation, agréger.

AGIR. v. n. ou intransit. Dans le sens de Se conduire, se comporter, on dit: Ila bien agi avec moi, envers moi, à mon égard. Il a mal agi avec vous, etc., et non pas il en a bien agi, il en a mal agi. Avec le pron. se il s'emploie impersonnellement, et il peut se dire dans ce cas à ses

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