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sacré chien, juron.— «Cré chien! Loïse t'as là une casquette un peu chouette. » (Gavarni.)

CREDO : Profession de foi.— Latinisme. — « La meilleure réponse, c'est de publier le credo politique du vieux Cordelier. » (C. Desmoulins, 1790.)

CRÈME :Superlatif, le meilleur ou la meilleure. — a Excellent!... Dis donc que c'est la crème des oncles. » (Beauvallet.)

CRÉ NOM :Juron. — Abréviation de sacré nom. V. ce mot.

CREPAGE : rixe. V. Crêper.

— « Un effrayant crêpage de chignons s'en suivit. La police intervint. » (G. Vassy, j5.)

CRÊPER LE TOUPET, LE CHIGNON : Prendre aux cheveux, battre. — « Nous v'ia tous deux à nous crêper le toupet. » (Letellier, 3g.) — Les femmes se crêpent le chignon.

CRÉPIN :Cordonnier. Mot à mot : enfant de saint Crépin, patron des bottiers et des cordonniers. — a Je défie bien le Crépin de me faire des bottes plus justes. » (La Correctionnelle.)

CRÉPINE : Bourse. (Vidocq.)

— De crépin. — C'est, comme le crapaud, une bourse de cuir.

CRÉPON : or Des crépons, c'est-à-dire de ces petits paquets de crin que le beau sexe place sous ses cheveux pour les faire « bouffer. » (Éclair, 10 mai 72.)

CRÈS : Vite. (Halberl.)

CRESPIN1ÈRE :Beaucoup. (Idem.)

CRÉTINISER : Abrutir. —

« Un Chazelle a vécu S. vingtdeux sous par tête et s'est crétinisé. » (Balzac.) — « Tout le monde joue en France, dit-il; qu'est-ce que cela prouve ? une seule chose :c'est que la France se crétinise au milieu ùe cette frénésie de spéculation. » (Boursicotiérisme.)

CREUSE :Gorge. (Idem.) — Voyez Creux.

CREUSER :Approfondir, en parlant de l'exécution d'une œuvre artistique ou littéraire. — C'est creusé se dit d'une chose fort étudiée. — Creuser son sujet, c'est le préparer avec soin.

CREUX : Logis, maison. (Grandval.)

CREUX : Voix retentissante comme l'écho d'une caverne.

CREVAISON : Mort, chute. — « Cette rengaine du fiasco n'en dissimulait pas moins une crevaison spontanée. » (Michu.)

CREVANT :Ennuyeux à périr, à crever.

CREVÉ, PETIT CREVÉ: Jeune élégant poussant à un degré tout féminin la recherche de sa toilette. Un Almanach des petits crevés a paru en 1867.

Elle ajouta: Bébé, je suis chez mes

parents. Le crevé s'écria : Cela m'est bien égal. Alm. des p. Crevés. 67.

— ot Petit crevé se décollette avec grâce, épile son menton et cire sa moustache. Son teint délicat connaît les douceurs de la poudre de riz et du blanc de perle. » (Yriarte.) — C'est de ce visage blême qu'est venue selon nous l'expression de crevé.

CREVER, CREVER LA PAILLASSE : Battre, blesser, tuer.

CREVER (tu t'en ferais) : Formule négative. V. Cylindre, Mourir.

CREVETTE :Lorette. Mot à mot : fille hantant les crevés. V. ce mot. « Tous les essaims de vierges folles, biches dorées, cocottes, crevettes. » (Michu.) — a Les nuits de cancan carabinées des grandes crevettes et des petits crevés. » (Blondelet, 1867.)

CRIBLAGE : Cri. — « On peut les pésiguer et les tourtouser en leur bonnissant qu'ils seront escarpés s'il y a du criblage. » (Vidocq.)

CRIBLEMENT :Cri. (Colombey.)

CRIBLER : Crier. — C'est crier avec changement de finale.

CRIC : Eau-de-vie. V. Crique.

CRIC-CROC : A ta santé. (Grandval.) — Harmonie imitative.

CRI-CRI : Grillon. —Harmonie imitative de son cri. — « Un cri-cri que l'habitude de me voir avait apprivoisé. » (G. Sand.) — a Je sens quet'chose qui trifouille dans mon estomac. Je crois que c'est un cri-cri. » (H. Monnier.)

CRIE, CRIGNE :Viande (Rabasse.) V. Criolle.

CRIMÉENNE : « Large et longue capote à collet et à capuchon envoyée de France pour le soldat en Crimée. » (Cler, 1856.)

CRIN (être comme un) : Être

d'abord difficile. Le crin est raide et piquant.

CRINS : Cheveux. — Animalisme.

CRINS (à tous) : Très-chevelu, et au figuré : extrême dans ses opinions. — Allusion à la chevelure dont on ne veut rien retrancher, qu'on laisse pousser à tous crins. — a . Les démocrates à tous crins, qui sont dans cette voie anti-catholique. » (Moniteur, septembre, 1872J

CRIOLLE, CRIE :Viande. V. Artie.

CRIOLLIER, CRINOLIER: Boucher. — « Nous allons barbotter demain la cambriolle d'un garçon crinolier. » (Canler.)

CRIQUE, CRIK : Eau-de-vie. (Vidocq.) — « Un verre de criq' ne fait pas de mal. » (J. Choux.)

— « Si on a donné une gratification de crik (eau-de-vie), il y a un changement complet. » (Vie parisienne, 1865.)

CRISTALLISATION : Condensation intellectuelle. — On sait que la cristallisation unit et solidifie les parties d'une substance dissoute dans un liquide.

— «Un homme d'esprit, Stendhal, a eu la bizarre idée de nommer cristallisation le travail que la pensée de la marquise fit avant, pendant et après cette soirée. » (Balzac.)

CRISTALLISER : Paresser au soleil. — Terme de chimie : La cristallisation est un effet de la chaleur. — « Permis à tous de se promener dans les cours, de fumer leur pipe, de cristalliser au soleil. » (La Bédollière.)

CRISTI : Juron. — Abréviation de sacristi. V. ce mot. — « Cristi! que mon panaris m'élance. » (Marquet.)

CROC : Escroc. — Abréviation.

CROCHER : Sonner. (Halbert.)— Pour crosser. V. ce mot.

CROCHER (se) : Se battre. — Abréviation de s'accrocher. — « Je grille de vous voir crocher avec le Maître-d'École, lui qui m'a toujours rincé.» (E. Sue.)

CROCS : Dents. (Grandval.)

CROIRE QUE C'EST ARRIVE : Se prendre trop au sérieux. « Elle se disait regardant les vagues en courroux : Ce bon Neptune, il croit que c'est arrivé. » (Aubryet, 1870.) — « Au premier rang sont les gens qui croient que c'est arrivé. » (P. Mahalin, 1867.)

CROISANT, CROISSANT.— Gilet. (Vidocq.) — Il croise sur la poitrine.

CROIX : Six francs. —Vieux mot qui faisait allusion à la croix empreinte sur certaines monnaies d'argent. — « Le carreau du Temple avait son argot; il parlait par pistoles, croix, point, demi-point et rond. La pistole valait dix francs; la croix, six francs; la demi-croix, trois francs; le point, un franc; le demi-point, cinquante centimes, et le rond, un sou. » (E. Sue.)

CROLLE : Écuelle. (Fr. Michel.)

CROME : Crédit. (Halbert.)

CROMPER : Sauver. (Idem.) Pour cramper.

CROMPIR :Pomme de terre. (Fr. Michel.) — Germanisme. De Grundbirne : poire de terre.

CROMPER SA TANTE : Sauver un prisonnier. (Rabasse.)

CRONÉE : Écuelle. (Idem.)

CROQUE-MORT : Porteur employé par les pompes funèbres. — « Le croque-mort est d'un naturel grivois; il aime le vin, le jeu, les belles. » (Privât d'Anglemont.)

CROQUER : Esquisser, dessiner. — « C'est un charbonnier de la grève que ce peintre a voulu croquer. J (Santoliana, 1764.) — « Si je croquais ce chêne avant de déjeuner! » (Marcellin )

CROSSE, CROSSEUR : Receleur, ministère public. (Vidocq.) — Son réquisitoire frappe ou crosse les accusés. — On sait que crosser est pris ordinairement dans ce sens.

CROSSER : Receler.

CROSSER : Sonner. Mot à mot : frapper, crosser l'airain.— m Quand douze plombes crûssent, les pègres s'en retournent au tapis de Montron. J (Vidocq.)

CROSSIN, CROSSE : Receleur. (Fr. Michel.)

CROTTE D'ERMITE: Poire cuite. (Grandval.) Allusion de forme et de couleur.

CROUPIONNER : Remuer du croupion, faire bouffer la jupe.

CROUTE : Homme arriéré.

CROUTE DE PAIN DERRIÈRE UNE MALLE (s'embêter comme une) : Mot à mot : desséche- d'ennui.

CROUTEUM : Collection de croûtes ou de mauvais tableaux « Bientôt la boutique, un moment changée en croùtéum, passe au muséum. » (Balzac.)

CROUTON : Mauvais peintre. Mot à mot : faiseur de croûtes.

CROUTON : Vieil encroûté. — c Vous m'appelez vieux croûton, quand je vous nomme ma mie. » (Cabassol.) — « Les maîtresd'armesderégiments étaient, en ces temps reculés, de vieux croûtons. » (Villemessant.)

CROUTONNER: Peindre des croûtes.

CROYEZ ÇA ET BUVEZ DE L'EAU : Terme en usage pour se moquer des gens crédules. — Par allusion aux malades qui cherchent aux eaux la santé, et aux éloges exagérés de la vertu de chaque eau minérale. — iCroyez ça,puis buvez de l'eau.» (Rienfi, 26.)

CRUCIFIER : Décorer de la Légion d'honneur. Jeu de mots. Crucifier c'est mettre l'homme à la croix. — t On t'a crucifié! Et qu'as-tu donc fait pour cela. — Mais, mon bon, j'ai fait... les démarches nécessaires, répond le nouveau chevalier. » (Galette anecdotique.)

CRUCIFIX A RESSORT, CRUCIFIX : Pistolet. - Comme le crucifix, il se montre à l'heure suprême. — « Godet, le limonadier, a abandonné ses bavaroises pour jouer du crucifix à ressorts dans le bois de Vincennes. > (Calendrier du père Duchêne, 1791.)

CUIR : Peau. — « C'était aux nègres qu'il en voulait, à cause

du coloris de leur cuir. > (L. Desnoyers.) V. Cuirasser.

CUIR (tanner le) : Battre.

CUIR DE BROUETTE : Bois.

— Ironie. — Des sabots sont des escarpins en cuir de brouette.

CUIRASSER : Parler en faisant des fautes de liaisons appelées cuirs. V. Velours. — « Frater au régiment, il en a conservé l'habitude du discours et cuirasse proprement, J (Bataille, 43.)

CUIRASSIER : Homme fréquemment coupable des fautes de liaison appelées cuirs.

CUISINE (la) : La préfecture de police. — C'est le rendez-vous des cuisiniers.

CUISINE DE JOURNAL: Tout ce qui regarde les petits détails et l'ordonnance matérielle d'un journal. — « C'est lui qui fait la cuisine du journal. » (L. de Neuville.)

CUISINER : Travailler d'une façon quelconque, au figuré. — « C'est ainsi que M. Jules Breton s'est ingénié à cuisiner le genre rustique, sans rusticité. « (Th. Silvestre )

CUISINIER : Espion, agent de police secrète. (Vidocq.) — « Lui qui avait servi plusieurs fois de cuisinier à la police. » (Canler.)

— « Mauvais signe ! un sanglier! comment s'en trouve-t-il un ici.'

— C'est un de leurs trucs, un cuisinier d'un nouveau genre. » (Balzac.) V. Coqueur.

CUISINIER : Avocat. (Halbert.) CUISINIER : Secrétaire de rédaction. Mot à mot: rédacteur chargé de la cuisine du journal.

CUISSE (ça me fait une belle): C'est un avantage illusoire pour moi. — Équivalent de : ça me rend la jambe bien faite. V. Jambe.

CUIT : Perdu, condamné. — « Cuits, cuits! les carlistes, ils seront toujours cuits. » (Métay, 183t.)

. CUIT : Condamné.(MoreauC)

CUITE : Correction. — Il en cuit à celui qui la reçoit.

CUIVRE : Monnaie de billon. — < T'as vu que ton cuivre déménageait. » (Ricard.)

CUL : Homme bête et grossier.

CULBUTE : Culotte. (Grandval.) Changement de finale. V. Affure.

CULOTTAGE : Action de culotter une pipe. — < II va paraître... un traité théorique et pratique du culottage des pipes. » (Lespès, 1866.)

CULOTTE : Partie de dominos qui procure au gagnant un grand nombre de points. — « Le joueur de dominos préfère le double-six culotte avec six blancs dans son jeu. » (Luchet.)

CULOTTE : Perte qui englobe toutes les autres. — « Un étudiant poursuivi par le guignon s'est vu mettre sur son compte toutes les demi-tasses consommées dans la soirée par tous les habitués du café. Cela s'appelle empoigner une culotte. » (L. Huart.) — «Vous vous asseyez à la table de baccarat, et vous vous

flanquez une culotte de 5oo louis.» (Vie parisienne, 1866.)

CULOTTE (se donner une): Faire excès de boire ou de manger. — Donné déjà par le Dictionnaire de Leroux, 1718. — Synonyme d'un terme fréquemment employé : S'en donner plein la ceinture. — « Un ivrogne ferait bien mieux de s'acheter un pantalon que de se donner une culotte. » (Commerson. )

CULOTTE se prend au figuré pour un excès de paroles. — « Nous nous sommes donné une fameuse culotte monarchique et religieuse. » (Balzac.)

CULOTTE DE PEAU : Vieux soldat. — 0: N'appelle-t-on pas un vieux soldat culotte de peau? » (Gangam, 1861.) — « Habit boutonné militairement. Culotte de peau, au physique et au moral. » (Almanach du Hanneton, 1867.)

CULOTTÉ : Aguerri, teinté. — < Oh! ma chère, je suis culottée, vois-tu. > (Gavarni.) — Allusion au culottage de la pipe. On dit un nej culotté pour un nez rougi par l'ivrognerie, des yeux culottés pour des yeux cernés de bistre.

CULOTTER :* Culotter une pipe, c'est imprimer, grâce à l'action du tabac brûlé dans son foyer, une couleur foncée à sa terre blanche. » (Lespès.) — C'est le culot du fourneau de la pipe qui brunit le plus. De là le mot.

CULOTTER (se) : Se former, p'rendre une tournure décidée.— Même allusion. — « Voici un pied d'Andalouse, se dit-il, ceci

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