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Prieure, 8c dans 11. de ses filles. Mais le rertér étoit ligué contre toute Réforme. La présence de la Mere ne produisit pas grand effet. II est cependant vrai que la Prieure fut bien fortifiée & encouragée par ses discours pleins de sens & de piété ; & que plusieurs des discoles rabbatoient toujours quelque chose de leur entêtement , toutes les fois que la Mere leur avoii parlé.

- En 1616. la Coadjutrice de l'Abbaye de Gif vint à P. R. & y demeura pendant les deux années \6%6. & 1617. pour s'instruire de la Réforme, & pour en prendre l'esprit.

La même année l'Abbesse du Couvent de» Ifles près Auxerre , Ordre de Cîteaux, pria l'Abbesse de P. R. de lui envoyer quelques filles de mérite de fa maison , pour l'aider à réformer la sienne. Ce furent les Sœurs Marie-Claire Arnaud , & Marie de S. Joseph qui furent députées à cette Mission. L'Abbesse ne les y garda pas long-tems. On ne sçait point quelle en fut la cause.

Encore cette même année la Mere Angélique alla à l'Abbaye de Gomer-Fontaine proche Gisors dans le grand Vicariat de Pontoife, Diocèse de Rouen , pareillement pour y jetter les premières semences de la Réforme.

En 1618. la Prieure de S. Aubin même Diocèse vint avec 4. de ses Religieuses passer trois mois à P. R. pour y apprendre les principes & les exercices de la Réforme fous la Mere Angélique: & celle-ci Tannée suivante se transporta à S. Aubin, & y passa six semaines. Quant li la Prieure, elle fit depuis deux autres voyages à P. R. Elle y fiK huit mois dans le premier , faisant tous les exercices du Noviciat; te dans le second elle y mourut en 16+%.

Ènfín la méme année iézS.onenVoya à l'Abbaye de Tard proche Dijon des Sœurs de P. R. mais on verra dans la fuite , que les personnes qui Te méloiem de certe afFaire.avoient dessein, non de porter la Réforme de P. R. à Tard , mais plutôt d« faire prendre à P. R. une Réforme d'un autre goût, qui veaoit de s'établit dans cette maison de Bourgogne. L'histoirc en est un peu longue , comme elle entre naturellement dans celle de P. R- nous la rapportesons au long dans son tems.

Outre la part que la Mere Angélique a eue Usinas ces Réformes particulières , elle a eu fou- }?. Mere ?•*

r i F f • 1 r 1. t eelique est vent occanon dans la íujte de la vie d employer consultée pa«

son zélé pour le bien spirituel des ames. Le beaucoup d* recueil de ses Lettres nous en présente un grand personnes fur nombre , pleines de sages conseils qu'elle donne ^'J^ce d* à un Couvent d'Anr.onciades de Boulogne, & à un Ecclésiastique qui en prenoit la direction. II y a aussi plus de aoo. Lettres à la Reine de Pologne qui avoit toujours conservé la tendre & intime confiance qu'elle avoit prise à P. R. dans les lumières & îa haute piété de la Mere. Le commerce de Lettres entre la Reine & la Mere Angélique n'étoit pas moins que de tous le» ordinaites , comme nous le dirons plus bas. La Mere Angélique ne perdit pas non plus de vue l'Abtaye de Gif dont il a été parlé. Elle y étoit devenue suspecte pour la doctrine vers 1646, que commença la persécution de P. R. Elle ménagea tellement ses esprits, soit par l'accueil qu'elle fit à plusieurs Religieuses de cette maison qui se réfugièrent à P. R. dans les guerres de Paris , soit par sa conduite & sa maniéré d'agir dans les visites qu'elle rendit au Couvent» de tems-en-tems en allant à P. R. de Paris , / ou en teveaaat à fa maison des Champs, que

toutes les Religieuses de cette Abbaye prirerft confiance en elle. Elle en étoit comme la Mere. Elle tint tout en paix par ses bons avis pendant le gouvernement de quelques mauvaises Abbesses. Elle réussit même à gagner à Dieu une jeune Abbesse de ce Monastère, âgée de 14. ans, & elle eut la consolation de la voir suivant son conseil se démettre de son Abbaye pour devenir simple Religieuse à P. R. à commencer pat le Noviciat. Enfin la parfaite Réforme de cette Abbaye de Gif y a été établie, telle qu'elle subsiste encore aujourd'hui, par une Dame de Monglat Abbesse , qui avoit été du nombre de ces» sages pensionnaires qui furent chassées de P. R. en 1661. La Mere Angélique a été encore utile à une infinité de personnes particulières tant Religieuíès que séculières , qui la consuttoient; comme on le voit dans les j. volumes de Lettres qu'on a d'elle imprimés. II n'auroit même tenu qu'à elle que des Ecclésiastiques se sussent mis fous fa conduite. Nous verrons plyp bas un, reproche que lui fit M. 2amet Evêque de Langres de ce qu'elle avoit refusé sa direction à un Ecclésiastique de condition, qui touché 8C éclairé par une conversation de piété qu'il avoic eue avec la Mere , avoit fortement désiré d'être conduit par elfe pour sa conscience. Mais sà modestie & son humilité L'emportérent sur ce reproche mal placé. Mo de Avant que d'entamer les grands événemens SœurMareue clu* vont ^alVK » j.c rapporterai en deux mots rke-Gccrrude l'^'oge qui est dans les Relations d'une Sœur Boucher. Marguerite-Gertrude Boucher , qui mourut ea » itíif. Elle étoìt Professe de Maubuisson fous,

la Mere Angélique, & vint avec elle à P. R. Elle a vécu très-peu de tenis, & n'a eu aucune occasion de rien faire d'extraordinaire. Mais cc qui l a rendue recommandable dans l'efprit des Religieuses , qui ont fait une petite Relation de fa vie , c'est un caractère admirable de simplicité , pareil à celui de la Soeur Martine dont il a été parlé plus haut. Or c'était cette vertu de simplicité qui constituoit l'efprit de P. R. dans Ja première ferveur de la Réforme , & que les Mères auroient bien voulu perpétuer dans leur maison , préférant cette vertu à d'autres, qui, quoique très-estimables ne leut paroilloicnt pas si Evangéliques. Voici les traits différens de la simplicité aimable de la Sœur Gcttrude. Elle devin: scrupuleuse étant au Noviciat, pour vouloir être trop exacte aux observances ; pour la guérir on lui ordonna deux choses ; la première, de faire une certaine pénitence toutes les fois qu'elle réftéchirok fur ses scrupules : la seconde , de déclarer tout haut toutes íes pensées à la récréation , quelque confusion qu'elle en pút avoir. Ellej>rariqua ces deux choses très-longtems, fans se laíTer ni se rebuter. Quaud on t'envoyoit à. quelque emploi , toute son inquiétude étoit de fçavoir s'il y auroit-Ià quelqu'un à

3ui elle obéiroit, fa dévotion étant d'honorer e tout son pouvoir la sainte enfance de Notre Seigneur. Etant à l'Infirmerie, si on lui proposoit de prendre l'air , elle répondoit qu'elle feroit ce qu'on souhaiteroit , qu'elle étoit venue pour obéir. 11 n'y avoit tien d affecté chez elle. Quoiqu'exacte au silence plus que touteautre , elle ne paroiffoit point renfermée. Daris les téetéations elle âvoit un air d'honnête libellé , riant dans l'occasion , mais jamais avec éclat. Comme elle ne vouloir point être louée * elle ne louott aussi personne relie n'a jamais dit aucune parole qui tînt du compliment. Sa mortification étoit telle , même dans ses maladies, qu'on auroit dit qu'elle n'avoit ni corps ni goàf. Lorsqu'elle vit la Mere Angélique partir de Maubujsson avec 10. Novices pour retourner à P. R. l'impostibilité qu'il y eut pour elle d'accompagner la Mere pour le présent, à cause qu'elle se croyoit liée a Maubuiílbn par sa profession , ne la tira point de sa tranquillité. Elle demeura 4. mois en paix & en silence, jusqu'à ce qu'elle eût son obédience des Supérieurs pour P. R. Elle n'a vécu que six mois à P. R. dont elle en a passé 4. à l'Infirmerie étant hydropique. La Sœut Infirmière lui ayant une fois demandé comment elle avoit passé la nuit,elle dit qu'elle avoit eu une grande altération.L'Infirmiére lui dit « qu'il fal« loit appeller une Sœur Converse quicouchoit•> là : Quoi ! ma Mere , dit-elle, pourrois-jebien >3 croire qu'ily a ici quelqu'un pour me servir? Je » ne le sçaurois croire. Elle avoua peu de jours avant fa mort qu'elle avoit long-tems désiré d'essayer un remède qu'une autre Sœur Jlydropique avoit pris, & dont elle s'étoit bien trouvée, mais qu'elle n'avoit pas cru devoir le dire. La nuit qui précéda fa mort, elle sentit son mal augmenter considérablement & sa fin approcher; elle différa toujours d'en avertir. Ce fut par hax-ard qu'on s'apperçut qu'elle étoit très-mal : on courut chercher les-Sacremens, & elle expira peu après ; c'est ainsi qu'elle a vécu,& est morte dans la vraie enfance chrétienne. LTir. J'ajouterai encore ici un petit article fur une Religieuse Religieuse sourde & muette , qui mourut en irde óc itf;^. Elle se nommoit Anne-Marie Joannet. Quoique sourde & muette dèsl'âge de 6. ans , elle fut reçue à P. R. avant la Reforme, & y prie l'habit de Religieuse Professe. Elle cornprenoit par signe presque toutes choses. Lorsqu'on prit ia Réforme , on n'avoit point in»

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