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Nous avons éveillé l'attention sur une question de la plus haute importance, et qui était pourtant superficiellement encore étudiée en 1835; mais nous n'avons point d'autre mérite a revendiquer. Daignez agréer, etc.

HOMBRON, D. M. P.

N° 9.

Constitution, histoire et avenir des caisses d'épargne de France,

par le baron Charles Dupin, membre de l'Institut et pair de France'.

Les marins et les soldats de marine ont, comme on va le voir, coopéré puissamment à la prospérité des caisses d'épargne par leur confiance absolue dans cet admirable établissement, confiance qui ne s'est jamais démentie. Nous croirions donc manquer à une de nos premières obligations, si nous ne reproduisions pas la notice suivante, dans laquelle l'auteur met en évidence , et le but qu'il se propose dans sa publication, et le résultat

que

doivent avoir les augustes suffrages sur les quels elle s'appuie.

On vient de publier sous ce titre, premièrement, les quatre rapports faits par l'auteur à la Chambre des députés lors de la présentation et des discussions de la loi organique des caisses d'épargne. On a joint au même recueil les opinions les plus importantes émises, lors de la discussion de cette loi, par MM. Guizot, Duchâtel , Humann, Lamartine, etc.; puis les discours prononcés par M. le baron Charles Dupin, en 1835, à la Chambre des députés ; en 1843, à la Chambre des pairs, pour la défense des caisses d'épargne; les discours, les leçons et les mémoires

i Paris, 1844, chez Firinin Didot, rue Jacob, no 56. — Prix : 2 francs.

donnés, soit au Conservatoire des arts et métiers, soit à l'Académie des sciences, pour éclairer les esprits sur la nature, les ressources et la stabilité de cette institution ; puis pour prévenir les classes laborieuses contre les efforts déplorables qui tant de fois ont eu pour but de les détourner de cette institution.

On trouve exposés, avec force et concision, l'histoire des crises financières et commerciales éprouvées par

le

peuple depuis 1830 jusqu'à ce jour; leur influence sur les classes nécessiteuses, les moyens d'y faire face offerts par le secours d'une institution toujours attaqués et sortant de chaque crise plus prospère que jamais. Une des parties les plus importantes du recueil que nous annonçons a pour objet de rassurer les esprits timides contre les dangers prétendus de remboursements sans limites, durant les crises politiques ou commerciales, durant les temps de disette ou de guerre. Nous avons publié, dans le mois de novembre dernier, l'exposition de ces profondes et lumineuses recherches

M. le baron Charles Dupin a trouvé, de ses travaux et de sa persévérance, la plus Matteuse récompense, dans la permission qu'il a reçue de publier son ouvrage sous les auspices de S. M.

Au lieu de remplir sa dédicace de lieux communs et de fades adulations, il a préféré présenter le tableau rapide des grands résultats obtemu:s jusqu'à ce jour, résultats qui légitiment l'auguste protection accordé par le Roi à la plus bienfaisante des institutions. Nous insérons ici ce tableau, qui remplira tous les cæurs des bons citoyens de satisfaction pour le présent et d'espérance pour l'avenir.

«SIRE, « Vous daignez permettre que es travaux sur les caisses d'épargne soient publiés sous vos auspices.

« Votre Majesté, par cette condescendance trop peu mé

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ritée, veut témoigner l'intérêt profond qu'elle porte plus que jamais à cette institution, grandie sous votre règne.

«Daignez arrêter un moment vos regards sur les résultats obtenus par le bienfait de votre Gouvernement.

Aujourd'hui , dlans 450 villes du royaume, 600,000 familles, qui sont l'élite des classes Jaborieuses, confient au trésor de l'État plus de 340 nuillions économisés, centime à centime, à la sueur de leur front.

«Chaque année le nombre des déposants, et la masse de leur dépôt, s'accroissent dans une proportion qui s'accroît elle-même avec la stabilité de votre règue, avec la foi dans l'avenir de votre auguste maison.

« Aucune des antiques et grandes monarchies , qui sont la force et la splendeur rlu continent européen, ne pourrait présenter d'aussi grands résultals d'une semblable confiance.

« 40,000 soldats ou marins comptent en dépôt 31 millions, qui, chaque année, à l'expiration du service de chaque contingent, aident aux défenseurs de l'État pour s'acheter un coin de terre, ou les outils d'un atelier, ou quelque fonds d'un magasin modeste, afin de vivre honorablement de travail et d'activité, après avoir versé leur sang pour la patrie.

« Sur 80,000 gardes nationaux du département de la Seine, qui depuis 14 ans ont tant de fois risqué leur vie pour

défendre votre trône et les lois, 40,000: appartiennent, par leurs dépôts, à la caisse d'épargne.

« Dans tout le royaume , les utiles et modestes employés de toutes les administrations publiques ou privées, et des maisons de commerce, au nombre de 35,000, possèdent 20 millions d'économies qui viennent aider à la moitié des retraites, ou les remplacer tout à fait dans les rangs qui n'ont pas droit à ce secours de la vieillesse.

« Les ouvriers et les domestiques, de plus en plus encouragés à l'ordre, à la prévoyance, à l'économie, attei

teignent déjà le nombre de 250,000 déposants : nombre croissant chaque année dans une admirable proportion, qui démontrent le bien-être et la prospérité des plus humbles classes du peuple.

« Immédiatement au-dessous voici venir 180,000 citoyens laborieux, exerçant à leur compte une foule d'industries, ou cultivant avec courage les beaux-arts, les sciences, les lettres; tous enfants de leurs u uvres, de leur activité, de leur génie; tous commençant leur lutte avec la fortune; tous apportant le tribut de leurs modesies et premières épargnes qui, dès à présent, s'élèvent à plus de 100 millions.

« Enfin, c'est la dernière classe dont j'ai voulu présenter l'énumération sous les regards paternels de Votre Majesté, 96,000 orphelins, à qui leurs pères, à force de travail, ont laissé quelque numéraire, voient cette portion la plus fragile de leur petit patrimoine , apportée par de sages curateurs à la caisse d'épargne, pour fructifier à l'ombre de la loi, grâce à l'administration royale des dépôts et consignations : déjà leur dépôt surpasse 35 millions.

« Autrefois , Sire, dans les temps où la féodalité florissait, où la propriété comme la liberté n'étaient représentées et garanties que par les tours et dans les tours des châteaux, les enfants mineurs des châtelains, étaient censés vivre sous la tutelle du suzerain : tuteile qui portait le nom pompeu i de garde-noble.

« Aujourd'hui, près de 40,000 veuves et de 100,000 orphelins du peuple, enfants d'hommes libres et de citoyens, voient placer leur modique patrimoine sous l'égide sacrée de la royauté constitutionnelle. Voilà la garde à la fois royale et populaire, égale en protection, en bienfaits, pour tous les petits du royaume.

« Pendant longues années, nous avons eu besoin d'exhortations, de conseils, de prières, pour engager les onvriers, hommes faits, à confier leurs économies au trésor public ;

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mais nous n'avons pas eu besoin de dire un mot aux tuteurs des orphelins. Ils sont accourus d'eux-mêmes pour se confier au trésor royal. Si nous eussions été tentés de les prier d'y porter l'épargne des mineurs, ils nous auraient répondu comme le plus illustre et le plus ingénu des enfants du peuple, à la noble amie qui lui proposait une hospitalité tétulaire : J'y allais !

Quel est donc le secret de cette admirable confiance qui se montre surtout du côté du faible et du petit, du côté de la veuve et de l'orphelin? C'est la confiance instinctive dans l'affection que votre Gouvernement porte aux classes populaires.

« Le jour viendra qu'à leur tour les orphelins de votre fils aîné recevront, en trésors de reconnaissance, le digne prix de ces services.

«Conservez donc, avec votre cour de père et de Roi, la grandeur, la générosité, la puissance de cette admirable institution, qui ne compte pour ennemis que l'usure, l'intempérance et l'anarchie.

« Sire, les seuls gouvernements immuables dans leurs bienfaits ressemblent à la Providence, et seuls ils sont aimés par elle. »

Baron Gh. DUPIN.

N° 10.

Discours au Roi, prononcé par M. le baron Charles Dupin, pair de

France et président du conseil des délégués des colonies, en présentant à Sa Majesté, pour le 2" jour de l'an 1844, les délégués et les fonctionnaires des colonies, actuellement à Paris.

«Sire, daignez agréer les væux sincères que vous adressent les habitants des colonies françaises.

« L'année dernière, au jour anniversaire de votre fête , nous vous offrions nos vives actions de grâces pour les lar

Tome 1. - 1844.

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