Images de page
PDF
[ocr errors]
[ocr errors][merged small]

Chez les Hébreux, ces mesures nous ont été conservées par les Rabbins dans un ordre admirable. L'espace de terre nécessaire pour recevoir un log de semence s'appelloit Bethroba, & contenoit 1 o4 # coudées sacrées quarrées ; l'espace nécessaire pour recevoit un cab de semence s'appelloit Bethcabum, & contenoit 4 16 # coudées sacrées quarrées ; # modios de semence, s'appelloit Bethseah, & contenoit 25oo coudées sacrées quarrées : c'est l'aroure Egyptienne & Asiatiqu, dont nous venons de parler. L'étendue de terrein requise pour contenir un léthec de semence, s'appelloit Bethlethec, & valoit 375oo coudées quarrées ; enfin le terrein requis pour recevoir un coros de froment s'appelloit Bethcoron, & valoit 75ooo coudées sacrées quarrées. (AMaimon. Tanchum. Barthenor. Jarchius. Alii ad Cilaim , c. 2. aliosque titulos corporis Asyropageoy). Voyez Edouard-Bernard (de Mens. & Pond. antiq. lib. I, pag. 54 & 55.). |

On voit aussi dans Suidas qu'il y avoit un pléthre de 38 pieds en tout sens : si on lit 48 au lieu de 38, ce pléthre sera celui de la Grece , contenant 23o4 pieds quarrés olympiques , & c'est le semi-modios ou hémiecte de terre des Grecs , c'est à-dire, l'aire dans laquelle ils semoient un semi-modios de froment, & ce demimodios étoit la douzieme partie du médimne Attique. Si l'on double ce nombre, on aura 46o8 pieds olympiques quarrés pour la valeur du modios de terre : si l'on sextuple ce dernier nombre, on trouvera 27648 pieds quarrés pour la mesure du médimne de terre, c'est-à-dire, du jougeron ou jugere Grec, que Plutarque fait par-tout égal au jugere Romain. Ce grand homme, originaire de Chéronée en Béotie, & que son mérite éleva aux premieres charges de la République Romaine sous l'empire de Trajan , doit avoir été assez instruit des rapports entre les mesures Grecques & les Romaines , pour mériter un peu notre confiance. A l'égard de la dénomination de médimne que j'ai donnée à cette étendue de terrein, qu'on ne la croie pas inventée par une pure conjecture. On a entendu parler des Pentacosiomédimnes qui possédoient cinq cents médimnes de terre ; des Zeugites qui en possédoient trois cents ; & des Hippades qui en avoient deux cents. On n'a

qu'à

[ocr errors]

[ocr errors]

espace de cent cinquante pieds , & qu'ils appelloient arepenne le
demi-jugere, & c'est l'interprétation que j'ai suivie ; mais on peut
entendre aussi qu'ils appelloient demi-jugere & arepenne le can-
dete ou cadete, sur-tout si l'on écrit ce passage comme je le trouve
dans Eisenchmid : Galli candetum appellant in areis urbanis spatium
centum pedum, in agresiibus autem CL. quod aratores candetum no-
minant, semi-jugerum quoque & arepennem vocant. Jac. Capelle ,
fondé sans doute sur ce que, suivant ce texte, l'arepenne ne seroit
qu'environ le quart de la plupart de nos arpens dans les différentes
Provinces de France, change le texte de Columelle en cette
sorte : Quod aratores candetum nominant , jugerum quoque & semi-
arepennem vocant. Je trouverois cette réforme de Capelle assez ju-
dicieuse, si l'on étoit sûr que par les Gaulois, Columelle a pré-
tendu parler des peuples qui habitoient les Provinces qui compo-
sent aujourd'hui le Royaume de France ; mais qui sait s'il ne s'agit
pas plutôt de la Gaule Togate , qui étoit plus voisine de Rome ,
& faisoit même partie de l'Italie ?
Il se présente encore d'autres difficultés dans cette instruc-
tion de Columelle, sur les mesures qui servoient à l'arpentage ;
il donne, par exemple, cent pieds au candete de ville, & cent
cinquante au candete des champs. Etoient-ce des pieds quarrés ,
ou bien est-ce du côté d'une superficie quarrée que cet Auteur se
propose de parler ? c'est ce qu'il est difficile de décider. Cepen-
dant comme à l'égard des mesures précédentes il a simplement
donné les dimensions des côtés, il est à présumer qu'il entend ex-
primer ici le côté du candete, & non sa superficie. On pourroit
encore demander si les pieds qui composoient le candete étoient
des pieds Romains ou des pieds Gaulois. Il ne s'agit pas du pied
Romain, il n'étoit pas en usage hors de l'Italie ; & si la complai-

· sance de quelques peuples pour les maîtres du monde, ou peut

être la commodité du commerce, le firent concourir avec le pied national , dont ensuite il prit la place, on peut présumer que l'ancien pied fut long-temps † seul qui servît à mesurer les champs. Enfin je pense que le candete employé pour mesurer les terreins dans les Villes, c'est-à-dire sans doute les jardins & les potagers, étoit de cent décapodes quarrées ou de dix mille pieds géométriques quarrés, & que c'étoit l'aroure & le versus dont nous avons parlé. L'arepenne des Gaulois & l'agna des Espagnols étoient la même mesure, & avoient quant au nombre des pieds les mêmes dimensions que l'acte quarré des Romains ; mais le pied étoit différent. L'arepenne, d'où vient le mot arpent, & l'agna sont chacun de 1 44 décapodes quarrées ou de 144oo pieds géométriques. Le candete Gaulois pour l'arpentage des terres labourables , est de 22 5 décapodes quarrées ou de 22 5oo pieds géométriques.

[graphic]

Le candete de ville ou l'aroure, sous différens noms, est encore à présent en usage à Bergame, Bolzano , Crême, Crémone, Flotence, Milan, Plaisance, & dans le Médoc en Guienne. Quatre candetes ou aroures font la mesure des terres à Blaye, Bordeaux, Bourg-sur-mer, Brescia, Clermont en Beauvaisis, Cuzac , Mantoue , Parme & Vérone. Cinq candetes font la mesure des terres à AIbret, en Angleterre, dans le Maine , au Puy-normand & à Turin- Six candetes font la même mesure en Bretagne, à Châlonssur-Marne, en Languedoc ; c'est la quarta de Rome. La mesure des terres en Saxe est de sept candetes. Celle d'Anjou, du Nivernois , & de la Principauté de Conti est de huit aroures. Onze aroures font le morgen Rhinlandique. Douze font la mesure d'Ancone. L'arepenne est le scorze de Rome. Deux arepennes font l'arpent de Brives & de Strasbourg. Trois arepennes font la mesure des terres en Angoumois , à Bergerac, en Bourgogne, en Espagne, dans le Mainé, à Naples, à Paris, en Picardie & en Saintonge. Quatre arepennes font une mesure à Bolzano , en Bourgogne , en Brie, à Clermont en Beauvaisis, Condom, Coutras, Fronsac, #ns le Dunois, le Gâtinois, la Lorraine, à Inspruck, Modene, Montargis, Orléans, Virazel. Cinq arepennes font une mesure en anguedoc, à Livourne, à Padoue. Six arepennes font une mesure à Châlons , dans la Flandre Françoise & en Touraine. Neuf oPennes font une mesure à Clairac, à Poupas. Dix arepennes 9ot une mesure à Avilac & en Danemarck. Vingt arepennes font le moggio de Ferrare. Trente arepennes font la concade u*e. Le candete des champs est la mesure de Castelnau , de oche-Comté, de Lunel ; c'est l'arpent du Rhin. Deux de ces #"detes font la mesure à Libourne, Manguio, Nérac & à Trente. o# candetes font l'arpent royal de France, celui de Freteval,

[ocr errors]

" du grand Perche ; six font celui de Clairac & de Poupas ;

• celui du Poitou & de Vufezenzao.

X) c eux actes donc , comme je viens de l'observer, continue

olumelle, font un jugere de deux cents quarante † de lon-
e 1j

[merged small][graphic][graphic]
« PrécédentContinuer »