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planches rassemblées & réunies en forme de cylindres creux par le
moyen de cerceaux. On appella aussi ces vaisseaux cadi, seriœ, &
dolia. Le bois le plus convenable pour fabriquer les douves des
futailles sont le chêne, le rouvre & le châtaigner. Les cerceaux
sont liés & attachés avec de l'osier appellé en latin amerina salix
ou vimen , du vieux mot Romain viere qui signifie lier. Les Tur-
détains qui habitoient autrefois ce que nous appellons aujourd'hui
l'Andalousie, étoient plus magnifiques ; comme leur pays étoit
abondant en mines de précieux métaux, leurs vases à renfermer le
vin, & les crêches dans les étables de leurs troupeaux, étoient
d'or. Diogene Laërce dit que l'inventeur des § s'appelloit
Pseusippe.
Caton parle d'un vase de lierre (on le nommoit cissimbium, de
la matiere dont il étoit fait), qui servoit à faire connoître s'il y
avoit de l'eau dans le vin. Si vous voulez, dit-il, savoir s'il y a de
l'eau ou non dans le vin, faites un petit vase de bois de lierre ;
versez dedans le vin dans lequel vous soupçonnez qu'il y a de l'eau:
s'il y a de l'eau, elle restera, & le vin s'écoulera ; car, ajoute-t-il,
un vase de lierre ne sauroit contenir le vin. Fable. )
Les vases dans lesquels les Anciens buvoient chaud s'appelloient
calices, à calido, selon Varon (de Ling. lat.) ; ils avoient une base
ou pied qui quelquefois étoit garni de pierres précieuses , & prin-
cipalement d'éméraudes. Il y avoit de ces calices qui étoient de
orre cuite , & on les appelloit cululli , mais il y en avoit d'au-
oes d'un très-grand prix , un entr'autres qu'une Dame dont la for-
†e étoit médiocre, voulut acheter , fut estimé, au rapport de
#e (lib. XXXVii, cap. II.), de la valeur de cent cinquante
oille sesterces (2965o livres monnoie de France ), & cependant il
oit que de crystal. Les vases de Corinthe étoient extrêmement
oerchés , ils étoient faits d'un métal mixte , composé d'or, d'ar-
#o & de cuivre. Cet alliage fut un effet du hazard; il fut pro-
oit par Pincendie qui consuma Corinthe , & qui fit fondre un
#o,nombre de statues & de meubles précieux, dont les métaux
o mélerent dans la fusion. - -
Après la défaite de Mithridate, Roi de Pont, les Romains ap-

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rha, qui étoient fort estimés par la variété des couleurs, & une

odeur agréable que le vin y prenoit. Un de ces vases , de la

opacité de trois setiers Romains, ne se vendoit quelquefois que

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qu'elle voyageoit, elle se faisoit suivre par un troupeau de cinq
cents de ces animaux. - -
Il y avoit encore dans les bains une burette ou fiole à col étroit,
appellée guttus ou guttulus : comme c'étoit un usage de se frotter
d'hui1e au sortir du bain, on se servoit de ce vase pour la répan-
dre goutte à goutte sur le corps. Il étoit fait ordinairement de
cone de bœuf ; mais on en fit aussi de corne de rhinocéros qui
furent plus à la mode.
On appelloit polubrum , trulleum , maluvium, le bassin ou la cu-
vette qui servoit à laver les mains ; & pelvis , peluvium ou luter
celui qui servoit au lavement des pieds. Gutturnium , aquiminarium
& urceolus étoit l'aiguiere ou § qui sert pour verser de l'eau
sur 1es mains.
SaZanum , une saliere : son usage est assez connu. On les faisoit
comnne aujourd'hui, d'étain, de verre, de crystal & d'argent pour
les riches : les pauvres en avoient de bois & de terre cuite.
Les Anciens avoient des assiettes d'étain ou d'argent, quarrées,
quadrae; & des assiettes rondes, orbes & disci.
Les plats pour servir les viandes sur la table, s'appelloient lan-
ces » catini ; V§ croit ce mot Sicilien : magida, un grand plat ;
langu la, un plat oblong; patina , patella, tryblion , canislrum , mais
ce dernier signifie aussi une soucoupe & une corbeille. Il y avoit
plusieurs sortes de lances : les uns s'appelloient tympana , parce
qu'ils imitoient la forme d'un tambour; d'autres filicatæ , à cause
que le bord en étoit découpé comme la feuille de la fougere,
ou parce qu'on y avoit mis en relief des feuilles de cette plante :
d'autres s'appelloient clematara, parce qu'on y avoit représenté des
ranches & des feuilles de vigne ; d'autres enfin corymbiatae, parce
qu'on les avoit décoré de bouquets de baies de lierre. Quelque-
fois encore un plat s'appelloit aristophoron , magonomon , discus,
Poropsis & gabata, qu'on peut rendre aussi par les mots de jatte,
de saladier, de compotier, &c. Scutella, une écuelle.
La cuiller chez les Romains s'appelloit ligula : c'étoit une me-
sure de la capacité du quart de cyathè; ce que l'on peut prouver
Par un endroit de Columelle (lib. XII, cap. XXI.), où expli-
quant la maniere de faire le raisiné, il dit que sur deux urnes de
V1n doux , il faut ajouter une ligule comble ou une mesure d'une
demi-once bien pleine de sel blanchi au feu & broyé : Et ita coad-
Jicitur in binas urnas ligula cumulata, vel mensura semuncia benè

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plenæ salis coëii & triti. Or si l'on compare le poids du cyathe Romain, de sel, au boisseau de Paris qui en contient vingt-cinq livres poids de marc, on trouvera que le cyathe devoit en conte

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