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quels il est fort attaché, & c'est un em- barras de moins.

Je joints à ce paquet celui que S. A. E. vient de m'envoyer tout présentement pour le Comte de Monafierol, & celui de l'Envoyé de France pour Mr. de Torcy..

Voici aussi une Lettre que Mr. de Majsemhach> , un des, plus anciens Brigadiers de Cavalerie vde cette Armée , se,, donne l'honneur de vous écrire , pour vous supplier, Monsieur, de lui accorder votre protection, pour obtenir le Régiment de Cavalerie de Beux, vacant par la mort du. Colonel tué à. l'Affaire du 13 de ce mois, & j'ose prendre la liberté de joindre mes prieres aux siennes, parce que c'est un très excellent sujet,. & un Officier d'un mérite très distingué par fa valeur, & par fa capacité; ce que-, je, vous assure, Monsieur, être très véritable , & pour cette raison je vous serai en mon particulier xtr.ès sensiblement obligé de vouloir bien lui accorder ceinte.grace,' ,dont il est très digne.

J'ai l'honneur d'être, &c..

Mr..de Marsin à Mr. de Chamillart, au Camp d'Huffingen, le 25 Août 1704.

Je n'ai reçu qu'aujourd'hui, Monsieur,. par Mr. le Maréchal de Villeroy, laLet-. tre du Roi pour Mr. le Maréchal de Tallard, que vous m'avez adressée, & celle que vous m'avez fáic l'honneur de m'écrire le 21 de ce mois, par lesquelles j'ai. appris que vous n'aviez pas encore reçu alors la Lettre que je me suis donné. l'honneur de vous écrire le. 15 pour vous rendre compte du malheureux succès de. la journée du 13, dont je vous ai envoyé quatre Duplicata, desquels j'ai appris aujourd'hui qu'il y en avoit eu trois de perdus, les Exprès que j'en avois chargés ayant été rencontrés par des Chenapens ou Paysans armés, dont tout le Pays est rempli. J'ai lieu d'espérer que le quatrieme Duplicata aura passé; mais. comme il n'est parti que le 21 ou le 22 de ce mois de Duttiingen, je suis dans une peine extrême, du long tems que ce retardement, qui ne vient pas par ma faute, aura laissé le Roi en inquiétude.

Vous aurez vu, Monsieur, par cette Lettre , que le parti que nous avons pris, est: eniiérement conforme aux intentions du. Roi, marquées dans une de ses Lettres au Maréchal de Tallard du 21 de ce mois, que vous m'avez adressée, & qui m'a été rendue aujourd'hui, par Mr. le Maréchal de Villeroy, comme je viens d'avoir l'honneur de vous le dire.

Notre Marche jusques-ici, s'est passée auffi heureusement que je le pouvois desirer, & elle n'est plus désormais douteuse.

Je fais partir dès demain tout ce qui reste de l'Armée de Mr. le Maréchal de Tallard, c'est à dire toute fa Cavalerie, & les débris de son Infanterie, consistant en 3 Bataillons restés en Garnison à Ausbourg, qui nous ont rejoint, & en 3000 hommes ou environ ramassés des débris des Bataillons faits Prisonniers de Guerre, comme vous en avez été informé , avec les Officiers-Généraux de l'Etat-Major, les Equipages d'Artillerie & des Vivres de la dite Armée, auxquels je joints aussi les blessés qui ont été en état de suivre jusqu'à présent, tous nos gros Bagages, notre Artillerie & nos Caissons; afin que tout cet Attirail qui est le plus incommode , pour passer les Montagnes, y puisse entrer le premier dès après demain , auquel jour notre Armée marchera d'ici pour s'en approcher, & faire l'Arriere-garde: c'est ce que Mr. le Maréchal de Villeroy qui est venu ici aujourd'hui, voir Mr. l'Electeur, a trouvé à propos.

L'Armée de Mr. le Maréchal de Tallard étant présentement sous ses ordres; je ne doute pas qu'au sortir des Montagnes , vous ne lui fassiez savoir les intentions du Roi sur ce sujet, sur lequel je dois avoir l'honneur de vous dire qu'il n'y a pas un moment à perdre , pour tâcher à réparer en quelque maniere cette Infanterie, par le moyen de ces débris qui restent, dont on peut tirer encore quelque parti.

Pour ceteffet, comme il y a plusieurs Officiers surnuméraires, dans les Régimens d'Infanterie de l'Armée que j'ai l'honneur de commander, de ceux que vous nous envoyâtes le Printems dernier, avec les Recrues, lesquels pourront se former & devenir bons dans la suite, j'ai fait avertir ce soir tous les Officiers de cette espece , que ceux qui voudroient se mettre à la suite de ces restes de Bataillons, de l'Armée de Mr. le Maréchal de Tallard, lepourroient faire, Ôí que l'on continueroit de leur y donner, la même, subsistance, dont ils ont joui, depuis qu'ils font arrivés en ce Pays-ci.,

C'est un soulagement pour le Roi, ce--, la le déchargeant deTentretien de plusieurs Officiers surnuméraires, dans les Régimens où il s'y en trouve de trop, pour les placer dans des Corps où il en manque.

Mr. l'Electeur est toujours dans l'espérance que quelques Escadrons de ses Troupes de Cavalerie & de Dragons, le pourront joindre, & efsectivement ce ne seroit pas un renfort à négliger, parce qu'ils font très bons.

La Marche que nous allons faire entre, ci & l'entrée des Montagnes ,, faisant l'Arriere-garde de tout, lui levera tous, les scrupules qui lui pourroient, rester fur ce sujet> teus ces petits séjours nécessaires pour le Passage des Troupes, qui ne peuvent enfourner toutes en même tems les Montagnes, étant plus que suffifans pour donner le tems à ses Troupes de joindre, pour peu- qu'elles en ayenc envie.

Pour moi je vous dirai naturellement que je le desire plus que je ne l'espere, non pas par fa faute: car ses intentionsfont très bonnes; mais ses Troupes é^ toient trop éparpillées, pour se joindre aisément, & il est très mal servi.

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