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vont les échanger pour du cuivre, de î'or & de l'argent. 1 "11 Cette ville en a quatre autres fous fa iurifdiction, avec un Province

. « , - ff, de Tcke-kiang.

grand nombre de rortereiles.

Chao-hing-fou est située dans une plaine vaste & fertile: on prétend que fes habitans font le peuple de la Chine le plus redoutable en fait de chicane; ils font en effet si versés dans la connoisssance des Loix, que les Gouverneurs de province & les grands Mandarins prennent parmi eux tous leurs Siang-cong ou Secrétaires.

On voit à une demi-lieue de cette ville un tombeau, que les Chinois disent être celui du grand Yu. A côté de ce monument on a élevé un magnifique édifice,par les ordres de l'Empereur Chang-hi, qui, la vingtieme année de fojj regne, alla visiter ce tombeau.

Chao-hing-fou a dans fa dépendance huit villes du troisieme ordre.

Tai-tcheou-fou , Kin-hoa-fou , Kin-tcheou-fou , Yentcheou-fou , Ouen-tcheou-fou & Tchu-tcheou-fou font les villes les moins considérables de la province; la premiere a six villes fous fa jurifdiction; la seconde, célebre parla valeur de fes anciens habitans, en a huit; la troisieme cinq; la quatrieme six; la cinquieme trois, & la sixieme dix. On dit que sur les montagnes voisines de cette derniere ville, il existe des pins d'une grosseur si extraordinaire, qu'ils peuvent aisément contenir quarante hommes dans la cavité de leur tronc. ,

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ARTICJLE VI.

Province de Hou-quang.

La province de Hou-quang occupe à peu près le centre de l'Empire; le fleuve Yang-tse-kiang la traverse d'Occident en Orient, & la divise en deux parties, l'une septentrionale & l'autre méridionale. Cette province, dont la plus grande partie du fol est en plaines, arrosées de canaux, de lacs & de rivieres, est très-renommée pour fa fertilité; les Chinois l'appellent le grenier de l'Empire, & il est passé en proverbe parmi eux , que Vabondance du Kiang-fi peut bien fournir a la Chine entiere ce qu'il lui faut pour un déjeûner; mais que la province feule de Hou-quang peut la. nourrir & la rassasier.

On voyoit autrefois dans cette province, des Princes de la race de TEmpereur Hong-vou; mais cette famille sut détruite par les Tartares, lorsqu'ils firent la conquête de la Chine. On vante beaucoup ses toiles de coton, ses simples, ses mines d'or, fa cire & son papier fait de bambou.

La partie septentrionale de cette province contient huit fou ou villes du premier ordre, & soixante du second &c du troisieme. La partie méridionale en comprend sept du premier ordre, & cinquante-quatre du second & du troisieme , sans compter les bourgs, les places fortes & les villages dont elle est semée.

Vou-tchang-fou, qui est la capitale de toute la province > & en même temps de la partie septentrionale, est comme le centre & le rendez-vous de tous les peuples commerçant de la Chine. Cette ville a beaucoup souffert , ainsi que le reste de la province, durant les dernieres guerres; mais elle est si bien rétablie, qu'elle n'est inférieure à aucune autre cité pour la grandeur, l'opulence & le nombre des habitans. Comme on y embrasse toutes les branches de commerce, son port, situé sur le fleuve ï*ang-tse-kiang, est toujours rempli de vaisseaux; le fleuve en est quelquefois couvert jusqu'à la distance de deux lieues.

Le beau cristal que fourniísent ses montagnes, les récoltes abondantes qu'on y fait du meilleur thé , & le débit prodigieux du papier de bambou qui s'y fabriqué, nô contribuent pas moins à la rendre célebre, que l'abord continuel des Nations voisines : on compare son enceinte à celle de Paris. Son ressort comprend une ville du second ordre, & neuf du troisieme, outre une ville de guerre &C plusieurs forts considérables.

Han-yang-fou , Ngan-lo-sou , Siang-yang-fou , -Yuenyang-fou & Te-rtgan-fou font des villes riches, peuplées & commerçantes; on n'y voit rien de particulier, excepté que dans la premiere on trouve One tour fort haute , qui, selon la tradition publique, sut élevée autrefois en l'honneur d'une jeune fille, dont l'innocence sut justifiée par un prodige éclatant; la branche d'un grenadier se couvrit de fruits entre ses mains. Cette premiere ville n'en a qu'une autre fous fa dépendance ; la seconde en a deux du second ordre% & cinq du troisieme; le reíílort de la suivante en contient une du second ordre, & six du troisieme; la quatrieme , qui surpasse les autres par la fertilité de son terroir, en comprend six du troisieme ordre; enfin , la cinquieme en renferme six dans son district.

Kin-tcheou-fou & Hoang- tcheou*-fou ne different des

Provinct ét Hou-jutng,

précédentes que par une plus grande étendue de jurisdiction. L'une a dans son reílbrt deux villes du second ordre, & onze du troisieme; & l'autre en compte neuf, une du second & huit du troisieme ordre: telles font les villes principales de la partie septentrionale de la province de Hou- quang.

La partie méridionale en contient sept du premier ordre, dont Tchang-tcha-fou est la premiere.

Cette ville est située sur une groíle riviere qui communique avec un grand lac, appelé Tong-ting-hou. Elle a sous fa dépendance une ville du second ordre, & onze du troisieme. Les habitans d'une de ces villes font les instituteurs d'une grande fête qui se célebre le cinquieme mois dans toutes les provinces de l'Empire, avec beaucoup d'appareil & d'éclat. Le Mandarin qui gouvernoit cette cité s'étant -noyé, le peuple qui l'adoroit à cause de fa vertu & de son incorruptible probité, institua cette fête en son honneur, 6c voulut qu'on la folenniíat par des jeux, des festins &c des combats sur l'eau.

On prépare pour ce jour-là de petites barques longues, étroites & toutes dorées ; on les appelle Long-tchuent parce ^qu'elles portent la figure d'un dragon. II y a des prix proposés pour ceux qui remportent la victoire; mais comme ces fortes de divertiísemens font devenus dangereux, la plupart des Mandarins les ont défendus dans leur province.

Yo-tcheou-fou est bâtie sur les bords du fleuve Yangtssc-kiang, 6c peut être placée au rang des villes les plus opulentes de la Chine; elle est en eflèt très-peuplée & trèscommerçante. Une ville du second ordre & sept du troisieme sont de ía dépendance. Les autres villes de la province

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ARTICLE VII.

Province de Ho-nan.

Tout ce qui peut contribuer à rendre une contrée délicieuse, se trouve réuni dans cette province: auísi les Chinois la nomment-ils Tong-hoa t la Fleur du milieu} elle est en effet située presque au milieu de la Chine.

Les anciens Empereurs, attirés par la douceur du climat & la beauté du pays, y ont quelque temps fixé leur séjour. L'abondance des fruits, des pâturages &c des grains, la mollesse des habitans, qui font très-voluptueux, & enfin le bas prix des deniées, font cause, fans doute, que le commerce n'y est pas aufli actif &i auísi florissant que dans Jes autres provinces de l'Empire. Tout le pays est en plaines, excepté du côté de l'Occident où il se trouve une longue chaîne de montagnes couvertes d'épaiíses forêts ; mais du coté deJ'Orient, la terre est tellement cultivée, que quand on y voyage, il semble qu'on se promene dans les allées & les parterres d'un vaste jardin.

Les Chinois appellent en effet cette contrée le jardin de la Chine , comme nous nommons la Touraine le jardin de la France> Outre le fleuve Hoang-ho qui la traverse, elle est encore arrosée d un grand nombre de sources 6c de rivieres; elle a même un lac précieux, qui attire sur íès bords une multitude prodigieuíe d'ouvriers , parce que

Province de Ho ' nan.

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