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J'ai bien regret d'être venue ;
Je ne m'attendais pas à te trouver ici :
Mais je vais m'en aller, pour éviter ta vue ;
Une autre fois je chercherai
Mon ruban qui s'est égaré.
M I R T I L .

Ah, cruelle! es-tu donc fâchée
D'être encore une fois condamnée à me voir ?

LU C E T T E cherchant son ruban.

Ce n'est pas qu'au ruban je sois bien attachée : Pour te le rendre, ingrat, j'aurais voulu l'avoir ; C'est un don qu'autrefois m'avait fait ta tendresse ;

J'en ornais mes cheveux ; je le portais pour toi...
Quand tu le trouveras, pour gage de ta foi,
Tu peux l'offrir à ta maîtresse.

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Mon ruban me te plaisait pas : | Tu n'en veux recevoir que d'une main plus chère : Ceux de Lamon,sans doute, ont pour vous plus d'appas: Je suis pauvre ;il est riche... il a droit de vous plaire...

S'arrêtant devant elle, et croisant les bras.

Hélas ! si tu m'aimais, quel serait mon destin !
Nul mortel ne m'eût fait envie ;
Et voilà que dans le chagrin
Je vais finir ma triste vie !
L'éclat d'un jour pur et serein
Pour mes yeux m'aura plus de charmes ;
Je gémirai dès le matin ;
Et le soleil à son déclin
Me retrouvera dans les larmes !

Se promenant d'un air accablé.

Tout ce qui m'environne irrite ma douleur :
Ici, sur mes genoux, reposait la cruelle :
Ici, mes plus beaux jours s'écoulaient auprès d'elle ;
Ici, par cent baisers ( ô comble de l'horreur ! )
L'ingrate m'assurait d'une amour éternelle...

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S'approchant de Lucette et la regardant :

Je t'entends soupirer! tu pleures, infidèle !...
Et tu ne pleures pas de me percer le cœur !

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Va ! c'est toi qui n'es qu'un trompeur;
Laisse-moi... va trouver cette amante nouvelle
Que peut séduire aussi ton langage imposteur...
Hélas ! à me tromper tu n'avais point de gloire ;

J'avais tant de plaisir à croire
Que de mes sentimens tu faisais ton bonheur !

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Quoi ! tu peux te livrer à d'indignes alarmes !

J'en jure par tes mains que je couvre de larmes :
C'est toi seule que j'aime.....
L U C E T T E.

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Je ne pourrai survivre à cette perfidie ;

Je sens que j'en mourrai... Quand je ne serai plus,

Tu pleureras alors ta malheurerse amie,
Et tes pleurs seront superflus.

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» J'ai de l'or, des troupeaux, et de vastes campagnes ; » Tu jouiras d'un sort au-dessus de tes vœux, » Et tu feras envie à toutes tes compagnes ». Je répondis : « Lamon, tu peux garder ton or ; » Mirtil m'aimait, et sa tendresse » Etait pour Lucette un trésor : » Mirtil ne m'aime plus,.. j'ai perdu ma richesse ; » Mais quoique le perfide ait trahi sa promesse, Je sens bien que je l'aime encor ! »

O Dieu! que j'ai souffert dans cette nuit cruelle !
Je disais en pleurant : Je veux aller revoir
Les lieux où tant de fois j'ai trouvé l'infidèle,
Et j'y mourrai de désespoir.
Je suis venue ici, livrée à mes alarmes ;
J'ai senti mon cœur battre, alors que je t'ai vu ; .
Je cherchais un ruban qui n'était point perdu ;
Mais je voulais cacher le sujet de mes larmes.
LéoNARD.

LES OISE A U X.

L'AIR n'est plus obscurci par des brouillards épais ;
Les prés font éclater les couleurs les plus vives ;
Et dans leurs humides palais

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